Graffitis contre les assassinats policiers à Montréal

Publié le par la Rédaction

1987-2008 : 43 personnes tuées par le SPVM

De la mort violente d’Anthony Griffin, 19 ans, à l’extérieur d’un poste de police de NDG, en 1987, à l’exécution de Fredy Villanueva, 18 ans, au Parc Henri-Bourassa de Montréal-Nord, c’est 43 personnes qui ont été assassinées impunément par le Service de police de la ville de Montréal.


Que ce soit par balles, poivre de cayenne, chocs électriques, passages à tabac (ou dans un cas, écrasé par une voiture de police) le SPVM s’en est toujours sorti en parfaite impunité.


Les meurtres policiers représentent les cas les plus extrêmes de cette impunité systémique. Au quotidien, la police de Montréal se prête au profilage racial et social, y compris l’intimidation et le harcèlement des jeunes, des marginaliséEs et des membres des «minorités visibles».


Récemment, un groupe de MontréalaisES ont rappelé ces 43 meurtres policiers en distribuant de simples graffitis dans les quartiers de la ville : de Rivière-des-Prairies à Côte-des-Neiges, du centre-ville à Ville Saint-Laurent, chaque individu assassiné par le SPVM depuis 1987 a été dûment commémoré (ainsi que sept personnes dont l’identité est inconnue). Au cours des prochaines semaines, nous ajouterons des textes et des renseignements relatifs aux meurtres policiers.


(Plus particulièrement, nous citerons des extraits du texte «D’Anthony Griffin à Mohamed Anas Bennis : Enquête sur 40 personnes tuées par la police de Montréal en 20 ans (1987-2006)», publié par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP). Veuillez prendre note que ce site Internet n’est aucunement affilié au COBP ; leur document est librement accessible sur plusieurs sites Internet.)


Ce site Internet a été conçu par un groupe autonome et anonyme de MontréalaiSEs outréEs par la brutalité policière et le climat d’impunité qui règne dans cette ville. Nous ne sommes affiliéEs à aucun groupe, collectif ou coalition en particulier. Nous n’apportons qu’une modeste contribution aux efforts soutenus visant à contrer l’offensive policière dans nos communautés. Alors que les flics de Montréal et leur Fraternité (ainsi que les politiciens qui les soutiennent) s’efforcent de justifier leurs assassinats, de nier le profilage racial, de faire échouer des enquêtes publiques et d’encourager des mesures publiques qui n’ont pour effet que d’accroître le pouvoir de la police et de pérenniser l’impunité, nous nous portons solidaires de ceux et celles qui, avec courage et ténacité, confrontent la répression policière.

Flics assassins, 15 avril 2009.



Des graffitis haineux contre le SPVM


Des graffitis à caractère haineux à l’endroit des policiers ont poussé comme des champignons au cours des derniers jours, un peu partout à Montréal.


Les inscriptions font toutes référence à des citoyens tués lors d’opérations policières depuis une vingtaine d’années dans la métropole.


Fredy Villanueva, Quilem Registre, Richard Barnabé, Jean-Pierre Lizotte : au total, pas moins de 36 graffitis ont été dessinés un peu partout dans la ville.


Sur chaque inscription, on y voit le nom de la personne qui a été abattue, son âge, la date de sa mort, ainsi qu’un logo identifiant clairement le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Chacun des graffiti montre également l’adresse www.flics-assassins.net.


Les inscriptions ont été faites sur des murs, des trottoirs, des poutres de béton et même en pleine rue.


Elles sont visibles un peu partout dans la ville, que ce soit dans Montréal-Nord, au centre-ville ou dans le quartier Mont-Royal.


«Du vandalisme»

Du côté du SPVM, on dit être au courant de la présence de ces graffitis haineux. «C’est carrément du vandalisme. On est dans une société démocratique et si les gens veulent s’exprimer, ils peuvent le faire, mais pas au détriment des propriétés», dit le chef de la division des communications au SPVM, Paul Chablo.


Ce dernier rappelle que, si les individus qui font ces graffitis sont pris en flagrant délit, ils devront faire face à la justice.

Leur presse (Canoë), 15 avril 2009.

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