Mairie de Montpellier : Discrimination syndicale ?

Publié le par la Rédaction

Mairie de Montpellier : Discrimination syndicale ?

L’Union Locale CNT de Montpellier considère que la Mairie de Montpellier est responsable dune discrimination syndicale à son encontre.

En effet, depuis notre première demande officielle en décembre 2007, la Mairie de Montpellier na jamais répondu favorablement à notre demande de local syndical, évoquant même des arguments faux et contradictoires.

À ce jour, nos syndicats montpelliérains, affiliés à la Confédération Nationale du Travail, ne disposent daucun local, contrairement à TOUTES les autres confédérations syndicales. Cest une entrave à lexercice du droit syndical que la Mairie (PS) de Montpellier nous inflige.

Afin de bien comprendre les motifs de notre affirmation, voici une chronologie des faits. Nous précisons que nous tenons à disposition de qui voudra tous les courriers que nous avons envoyé en recommandé avec accusé de réception ainsi que les réponses de la Mairie.

— 16 décembre 2007 : Première demande de local par le syndicat CNT Éducation 34.
— 18 février 2008 : Sans réponse de la Mairie, seconde demande par le syndicat CNT Éducation 34.
— 29 février 2008 : Première réponse de la Mairie, par lintermédiaire de M. Fleurence, adjoint au maire, qui affirme ne pouvoir octroyer de local aux syndicats professionnels non confédérés.
— 8 mai 2008 : Troisième demande en précisant que nous sommes bien un syndicat professionnel confédéré, comme cela est spécifié dans nos statuts enregistrés en Mairie.
— 9 octobre 2008 : La Mairie nous répond «Les municipalités ont pour seule obligation de loger les structures interprofessionnelles, à savoir les unions locales des confédérations syndicales».
— 17 décembre 2008 : Nous déposons en Mairie les statuts de lUnion locale CNT Montpellier. Le dépôt est validé.
— 14 janvier 2009 : Nous renouvelons notre demande au nom de lUnion locale CNT Montpellier, nous mettant ainsi en conformité avec les volontés de la Mairie.
— 29 janvier 2009 : Lors de la manifestation interprofessionnelle, M. Fleurence, alors premier adjoint, nous affirme par oral que la Mairie dispose de locaux mais en dehors de la Maison des Syndicats.
— 3 mars 2009 : Contacté par téléphone, M. Fleurence commence par dire quil ny a pas de local disponible. Puis il conclut par un refus catégorique de nous octroyer un local en le justifiant par : «Vous, vous ne négociez rien !»
Au delà de l’affirmation fantaisiste de M. Fleurence donnée par téléphone, nous ne comprenons pas le revirement de la Mairie qui affirme le 9 octobre 2008 être tenue à donner un local aux unions locales puis qui refuse ensuite lorsque nous en faisons la demande à ce titre.
Pour finir, en date du 9 mars 2009, nous recevons un dernier courrier de la Mairie refusant cette fois de nous attribuer un local faute de place et de moyens financiers !

Il est évident que la Mairie dispose de locaux mais qu'elle ne souhaite pas les prêter à la CNT. Nous ne pouvons donc pas exercer nos droits élémentaires en tant que syndicalistes : tenues de réunions, permanences, ligne téléphonique, archivage de documents, etc. Chaque syndicat doit disposer des mêmes droits !

Pour information, la Mairie (UMP) de Nîmes a octroyé en 2008 un local à la CNT.

Nous demandons donc à Mme Mandroux quelle se positionne en tant que maire de Montpellier, sur le refus porté par son premier adjoint de nous octroyer un local syndical.


En pièces jointes, vous trouverez la réponse de la Mairie du 9 octobre 2008 ainsi que notre dernière demande en date.
Nous tenons à votre disposition l’intégralité des courriers échangés ainsi que les preuves juridiques de dépôt en Mairie et les accusés de réception des courriers recommandés.
Ce communiqué est envoyé aux médias montpelliérains ainsi qu’à Mme Mandroux, maire de Montpellier.




La CNT accuse la mairie de «discrimination syndicale»

Cela fait seize mois que la la Confédération nationale du travail demande un local à la mairie socialiste de Montpellier. Sans succès.

Au delà des délais importants de réponse aux demandes (2,5 mois, 5 mois, 2 mois), les raisons invoquées par Serge Fleurence, premier adjoint et ancien secrétaire régional de la CGT, varient : impossible d’attribuer un local aux syndicats professionnels non confédérés, la demande n’émane pas d’une union locale et, pour finir, la mairie ne dispose pas de locaux disponibles ni de moyens financiers pour en louer un.

«Il est évident que la mairie dispose de locaux»

Le premier argument n’est pas justifié : la CNT est bien une confédération qui regroupe 180 syndicats (source : CNT). Le deuxième l’était mais est tombé en décembre 2008 depuis que la CNT de Montpellier a déposé les statuts d’une union locale. C’est à ce moment là que la mairie évoque le troisième argument auquel ne croit pas le syndicat qui déclare dans un communiqué daté du 9 mars : «Il est évident que la mairie dispose de locaux mais qu’elle ne souhaite pas les prêter à la CNT.» Et de s’interroger : «Nous ne comprenons pas le revirement de la mairie qui affirme le 9 octobre 2008 être tenue à donner un local aux unions locales puis qui refuse ensuite lorsque nous en faisons la demande à ce titre.»

Quelles conséquences pour la CNT qui se dit victime de «discrimination syndicale» de la part de la mairie ? «Nous ne pouvons donc pas exercer nos droits élémentaires en tant que syndicalistes : tenues de réunions, permanences, ligne téléphonique, archivage de documents, etc.» Donc, pour le syndicat, «c’est une entrave à l’exercice du droit syndical que la mairie (PS) de Montpellier nous inflige». Dans son communiqué, le syndicat souligne perfidement qu’à Nîmes, la CNT dispose d’un local fourni par la mairie. Il faut quand même noter que ce local obtenu, à l’automne 2007, auprès de la mairie UMP, l’a été après cinq ans de luttes et une manifestation devant le conseil municipal. La CNT montpelliéraine devra-t-elle en passer par là ?

«Ils ne participent jamais aux négociations»

Le 30 mars, Montpellier journal a interrogé Serge Fleurence sur la question. En quelques dizaines de secondes, l’évolution du discours est similaire à celle rapportée par la CNT. Écouter le son :



Montpellier journal : La CNT vous accuse de discrimination syndicale parce que la mairie ne veut pas lui accorder un local. Que répondez-vous ?

 

Serge Fleurence : Je leur ai répondu par écrit que pour le moment nous ne disposions pas dans notre patrimoine communal de locaux disponibles d’une part et, ensuite, on a quand même un problème par rapport aux autres organisations syndicales : ce n’est pas une organisation confédérée.


Si, c’est la Confédération nationale du travail…

 

Ils s’appellent comme ça mais ils ne sont pas reconnus par le ministère du Travail comme une confédération. D’ailleurs ils ne participent jamais aux négociations que ce soit avec les ministères ou avec le Medef [Il semble que Serge Fleurence, ce qui est surprenant pour un ancien syndicaliste, confonde syndicat confédéré et syndicat représentatif. Mais ce dernier argument tombe également puisque Solidaires ou l’UNSA ne sont ni des confédérations ni des syndicats dit représentatifs et disposent pourtant de locaux fournis par la mairie. Par ailleurs, les militants de la CNT sont reconnus comme des syndicalistes à part entière par des institutions comme l’Éducation nationale  puisque celle-ci leur accorde, par exemple, des autorisations d’absence pour des formations syndicales. Enfin, ce n’est pas le fait de participer ou pas à des négociations qui définit un syndicat.]. Moi je n’ai rien contre eux mais il y a aussi Sud qui me demande des locaux, il y aussi le Groupe des 10 [Solidaires]…

 

Solidaires a un local…

 

Parce qu’on en a trouvé un à l’époque. Maintenant je n’ai pas de locaux à leur donner et au prix du foncier actuel, je ne peux pas engager une location. Par contre, quand nous allons déménager — et ce n’est pas si loin que ça [L’ouverture de la nouvelle mairie est prévue en 2011] — on va regrouper un tas de services dans la nouvelle mairie et, à ce moment là, il y aura des locaux communaux qui vont se libérer. Donc ce sera peut-être le moment opportun pour leur trouver quelque chose mais je ne suis pas farouchement hostile à leur donner des locaux.

 

Donc c’est un juste un problème de locaux ?

 

Disponibles.


Jacques-Olivier Teyssier, Montpellier journal, 15 avril 2009.


Le chat nîmois sort du garage


Depuis cinq ans, La CNT a sollicité la mairie de Nîmes pour obtenir des locaux. Elle restait la seule organisation syndicale nîmoise dans l’incapacité de tenir publiquement des permanences syndicales, à vocation juridique notamment. Or, il est convenu que les municipalités contribuent à la délivrance de locaux pour l’ensemble des organisations professionnelles. Depuis le 30 juillet 2007, mise à disposition gratuitement par la ville, la CNT du Gard dispose d’une maison autonome.

Sortir de la clandestinité et des positions prévictimelles

On pourrait croire que rien n’est accessible à la CNT, lorsqu’elle sollicite une municipalité pour des locaux, surtout si elle est tenue par l’UMP. Mais comme le dit un vieil adage : qui ne demande rien, n’a rien ! La CNT est active à Nîmes. Elle est implantée dans plusieurs entreprises : Exapaq, Mission locale jeune d’agglomération, etc. Elle participe depuis des années aux luttes sociales dans la cité en faveur des sans-papiers, des chômeurs et précaires et anime de nombreuses initiatives avec d’autres libertaires : rencontres sociales, événements culturels et festifs. Difficile de nous ignorer.

Pour sortir des logiques d’hébergement et de clandestinité, la CNT se devait pour son développement d’investir des locaux. Après une réflexion allant vers un lieu commun avec d’autres organisations susceptibles de s’entraider pour le paiement d’un loyer, la CNT s’est donnée néanmoins comme priorité préalable de solliciter la municipalité. Aussi, en s’appuyant sur ses différentes demandes écrites antérieures restées sans réponses positives, la CNT s’est adossée à un collectif plus large de syndicats se plaignant de problèmes de vétusté, voire de place.

Malgré quelques raideurs staliniennes au sein du collectif syndical, aucune réunion collective, aucune délégation en mairie ne s’est tenue sans la CNT. C’est à ces occasions qu’elle put faire entendre son besoin de locaux et la précarité de sa situation, logée dans une boîte postale à la Poste.

Peu soutenue dans sa démarche, la CNT initie par elle-même un rassemblement le 12 mai 2007 devant le conseil municipal de Nîmes. Sont alors présent-e-s nos sympathisant-e-s, des militant-e-s d’autres organisations (Solidaires notamment) et les cénétistes, pour un petit déjeuner croissants-jus d’orange gratuit sous la banderole noir et rouge : «Pour la dignité syndicale, un local pour la CNT». Une tente bardée d’affiches est installée devant la mairie pour symboliser la précarité de notre situation.

Une semaine après, la municipalité propose un local à la CNT. Et deux semaines après, autorisation est donnée pour une enseigne en façade. Une petite maison de 70 m2 au centre-ville de Nîmes accueille depuis début septembre les permanences, les réunions, une connexion Internet, une bibliothèque et bientôt… bien des activités. Relayée par la presse locale, l’inauguration des locaux eut lieu le vendredi 7 septembre dans la joie, la bonne humeur et la détermination !

Et si l’on préférait la Bourse du travail…

La CNT aurait préféré s’inscrire dans un projet de Bourse du travail où nous aurions pu partager les locaux avec d’autres organisations syndicales, faute de mieux, notre demande fut individuelle.

Fin des années 90, la Bourse du travail historique de Nîmes a été désertée par les confédérations sur demande de la municipalité PCF de l’époque pour raison de vétusté. Les travaux ne furent jamais réalisés… La majorité suivante, UMP, soucieuse de dilapider ce patrimoine ouvrier et syndical inoccupé, a bradé la Bourse du travail de Nîmes à un richissime promoteur. La deuxième Bourse du travail de France après Paris fut donc démolie il y a deux ans. Demain, quelques retraités se partageront une toute nouvelle résidence de haut standing située en plein centre-ville.

La CNT Nîmes met en avant l’aberration de la situation actuelle liée à l’éparpillement des locaux syndicaux et l’absence de mutualisations de moyens : salle de congrès, de réunions, fonds documentaires et archives, équipement collectifs divers. Eu égard au développement de la précarité et au défi que cette dernière lance quotidiennement au syndicalisme, la CNT défend avec force l’idée de Bourses du travail pour tous les travailleurs et travailleuses victimes du chômage. Le milieu associatif étant lui-même très dispersé, nous soutiendrons aussi toute initiative œuvrant dans le sens de la création d’une maison des ensembles à caractère associatif à Nîmes.

CNT Nîmes
Le Combat syndicaliste, novembre 2007.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA

Publié dans Colère ouvrière

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