Rosoux, Hazan, etc.

Publié le par la Rédaction

Sabotages SNCF : Benjamin Rosoux n’a toujours pas le droit de quitter la Manche

Benjamin Rosoux, mis en examen dans l’affaire des dégradations contre des lignes SNCF, na toujours pas le droit de reprendre lépicerie quil tenait à Tarnac (Corrèze) après une décision judiciaire de le maintenir en résidence dans la Manche, a-t-on appris vendredi auprès de son avocate.

La chambre de l
instruction de la cour dappel de Paris sest opposée vendredi à un assouplissement du contrôle judiciaire de Benjamin Rosoux qui lui interdit de quitter le département de la Manche où est domiciliée sa mère.

Benjamin Rosoux à Avranches le 9 décembre 2008

«Le contrôle judiciaire est censé permettre de s
assurer des garanties de représentation (logement, attaches familiales etc.) dun mis en examen mais dans ce dossier, il sert à mettre à néant le projet de vie de Benjamin Rosoux», a déclaré à lAFP Me Irène Terrel.

M. Rosoux, âgé de 30 ans, était jusqu
à son interpellation le 11 novembre dans lenquête sur les dégradations de lignes TGV le cogérant de lépicerie de Tarnac, village corrézien où une partie du «groupe Julien Coupat» avait élu domicile.

«Il y a eu de nombreuses protestations dans le village contre cette interdiction opposée à mon client qui se levait tous les jours à 6 heures du matin pour notamment livrer leurs commissions aux personnes âgées», a ajouté Me Terrel, qui compte déposer prochainement une nouvelle demande de modification du contrôle judiciaire.

Mis en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», Benjamin Rosoux est présenté par les enquêteurs comme le «bras droit» de Julien Coupat, qui reste à ce jour le seul détenu dans cette affaire.

Il avait été contrôlé par des policiers dans la nuit du 7 au 8 novembre en compagnie de deux autres mis en examen non loin d’une ligne ferroviaire où devait circuler un train d’acheminement de matières radioactives.

Leur presse (AFP), 10 avril 2009.


Affaire Coupat :
L
éditeur de «L
insurrection qui vient» entendu par la police

Éric Hazan, directeur de la maison ayant édité L’insurrection qui vient, livre attribué par la police à Julien Coupat, a été entendu comme témoin jeudi par la Sous-Direction de lantiterrorisme (SDAT), a-t-on appris de sources concordantes.

Selon des sources policières et selon un communiqué de la maison «La fabrique», Éric Hazan a été entendu dans le cadre de l
enquête sur les faits qui sont reprochés à Julien Coupat, soupçonné avec huit autres jeunes du «groupe de Tarnac», dappartenir à un mouvement dultragauche à lorigine de dégradations contre des lignes TGV.

«Cette tentative d
impliquer un livre et un éditeur dans une association de malfaiteurs terroristes constitue une grave atteinte à la liberté dexpression», a dénoncé la maison dédition.

«N
étant pas témoin des faits instruits dans cette affaire, Éric Hazan a répondu quil nétait pas dans son rôle de combler le vide du dossier. Sil existe des éléments dans L’insurrection qui vient enfreignant les lois sur la presse, Éric Hazan est prêt à en répondre devant les tribunaux compétents», a-t-elle ajouté.


Les enquêteurs attribuent à Julien Coupat louvrage Linsurrection qui vient, qui légitime les attaques contre le réseau ferré. Publié en mars 2007, il est signé dun «Comité invisible».

«À chaque réseau ses points faibles, ses nœuds qu
il faut défaire pour que la circulation sarrête, pour que la toile implose», peut-on notamment lire dans ce livre.

Leur presse (AFP), 9 avril 2009.


Affaire Coupat :
Un éditeur entendu par l’antiterrorisme


La police espère établir un lien entre le livre L’insurrection qui vient et Julien Coupat pour étayer ses accusations de terrorisme.

Éric Hazan, patron des éditions La Fabrique, a été entendu ce jeudi matin pendant trois heures trente par la sous-direction de l
antiterrorisme (SDAT) de la Police judiciaire. Il est léditeur dun livre signé dun mystérieux «comité invisible» et intitulé Linsurrection qui vient.

Les enquêteurs, qui soupçonnent Julien Coupat d
en être lauteur, espèrent en apporter la preuve, ce qui permettrait selon eux détayer les accusations pesant sur le présumé terroriste.

Éric Hazan a été convoqué hier par un coup de téléphone, à la suite, semble-t-il, d
une commission rogatoire.

Il s
est présenté ce jeudi matin à la sous-direction antiterroriste, où les enquêteurs lauraient questionné sur deux points : les liens quils soupçonnent entre Linsurrection qui vient et Julien Coupat, et ceux entre le jeune militant, ce livre et la fameuse affaire des caténaires.

Le livre est cité trois fois dans un rapport de l’antiterrorisme

Comme Rue89 le rappelait en décembre dans un article revenant sur l’affaire de Tarnac et son enquête très médiatique, la police a très vite confié aux médias une très forte présomption de paternité de Coupat pour cet écrit, qui semble faire office de pièce à conviction. Mais à l
époque, aucun élément de preuve na filtré pour étayer ces accusations.

On les trouve dans la retranscription d
un rapport de synthèse de la SDAT destiné au procureur de la République de Paris, publiée fin novembre par Mediapart (sur abonnement). Le document faisait le point sur létat davancement de lenquête, en rappelant les faits et en détaillant le profil des différentes personnes soupçonnées.

L
insurrection qui vient est cité à trois reprises sur quatorze pages. À chaque fois, les policiers sont catégoriques : Julien Coupat en est le principal auteur, et les autres suspects sont aussi membres du «comité invisible». Les enquêteurs nétayaient pas leurs affirmations, écrivant simplement que leur enquête a «établi» que les suspects ont écrit louvrage, sous la direction de Coupat.

Selon la police, l’ouvrage a «été rédigé sous l’égide de Julien Coupat»

La première mention intervient dès le deuxième paragraphe de la première page :
«Ce groupe constitué autour de son leader charismatique et idéologue, le nommé Julien Coupat, […] obéit à une doctrine philosophico-insurrectionnaliste qui ayant fait le constat que la société actuelle est “un cadavre putride” (tel qu'il est mentionné au sein du pamphlet intitulé Linsurrection qui vient signé du Comité invisible, nom du groupe constitué autour de Julien Coupat) a décidé duser des moyens nécessaires pour se “débarrasser du cadavre” et provoquer la chute de l’État.
Les cibles désignées dans cet ouvrage dont il a été établi dans la présente enquête quil avait été rédigé sous légide de Julien Coupat étant, de manière récurrente, tout ce qui peut être, par analogie, défini comme un “flux” permettant la survie de l’État et la société de consommation quil protège.
Sont ainsi cités dans cet opuscule, avec insistance, le réseau TGV et les lignes électriques comme autant de points névralgiques par le sabotage desquels, les activistes peuvent, à peu de frais, arrêter plus ou moins durablement les échanges de biens et de personnes et ainsi porter un coup au système économique quils combattent.»
La seconde mention, sur la quatrième page, reprend les mêmes arguments que dans ce dernier paragraphe.

Un témoin l’affirme : le comité invisible, c’est Coupat et les autres

La troisième et dernière, à la fin du document, est la plus intéressante, puisqu
elle figure dans la conclusion du rapport :
«Lensemble des investigations menées depuis le 16 avril 2007 sur le nommé Julien Coupat ont donc permis de mettre au jour les agissements dun groupe dactivistes reliés à la mouvance anarcho-autonome et désirant se livrer par différentes formes dactions violentes à la déstabilisation de l’État.
Ces conclusions sont largement confirmées par les déclarations formées par un témoin désigné sous le numéro (…) qui, entendu sous X… durant le temps de la garde à vue, confirmait lexistence dun groupe formé à partir de 2002 autour dun leader charismatique, le nommé Julien Coupat avec pour principale implantation la ferme “Le Goutailloux” et ayant pris la dénomination de “Comité invisible, sous-section du parti imaginaire”.
Ce groupe se présentant comme “le plus apte à détruire le monde et à en reconstruire un neuf” étant le rédacteur final dun pamphlet principalement rédigé par Julien Coupat et intitulé L’insurrection qui vient. »
Ces lignes montrent bien à quel point le fait que Coupat et les autres soient les auteurs du texte était, à lépoque, primordial pour les enquêteurs antiterroristes. On ne sait pas si, depuis, ils ont recueilli dautres éléments dans ce sens.

Joint par Rue89, Éric Hazan assure que pendant son interrogatoire, les enquêteurs n
ont évoqué «aucune preuve» sur la paternité du livre. Contactés, le parquet de Paris et le ministère de lIntérieur nont pas voulu faire de commentaires sur laudition de léditeur.

Me Antoine Comte : «Du jamais vu depuis la guerre d’Algérie»

Dans un communiqué, La Fabrique s
insurge contre «cette tentative dimpliquer un livre et un éditeur dans une association de malfaiteurs terroristes [qui] constitue une grave atteinte à la liberté dexpression», et précise :
«Nétant pas témoin des faits instruits dans cette affaire, Éric Hazan a répondu qu’il nétait pas dans son rôle de combler le vide du dossier.
Sil existe des éléments dans L’insurrection qui vient enfreignant les lois sur la presse, Éric Hazan est prêt à en répondre devant les tribunaux compétents.»
Avocat d’Éric Hazan (et de Rue89), Me Antoine Comte trouve dangereux que «ce livre, qui na fait lobjet daucune procédure en matière de presse, soit inclus dans une instruction pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. On na pas vu ça depuis la guerre dAlgérie.»

Leur presse (Augustin Scalbert, Rue89), 9 avril 2009.


Tarnac :
L
éditeur de «L
insurrection qui vient» entendu comme témoin

«C’est un peu bizarre», a déclaré Éric Hazan, patron de la maison déditions La Fabrique, à lissue de son audition comme témoin, jeudi 9 avril de 9 heures à 12h15, dans laffaire des sabotages des caténaires de la SNCF, par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT).

M. Hazan a édité L’insurrection qui vient, ouvrage signé du Comité invisible, que les policiers attribuent à Julien Coupat, ce que ce dernier nie. M. Coupat, qui a été mis en examen, notamment, «pour direction ou organisation d
’un groupement formé en vue de la préparation d’une action de terrorisme» est le seul des neuf de Tarnac à être toujours incarcéré.

«Je leur ai dit qu’ils avaient frappé à la mauvaise porte s’ils attendaient de moi que je leur facilite l’amalgame entre Julien Coupat, les caténaires et L’insurrection qui vient», a indiqué M. Hazan. L’éditeur se dit étonné «d’avoir été convoqué comme témoin», alors qu’il n’est «pas témoin des faits instruits».

Leur presse (Caroline Monnot, Le Monde), 11-12 avril 2009.

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