Strasbourg, 4 avril

Publié le par la Rédaction


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Des incidents et des blessés en marge du sommet de l'Otan

De violents incidents ont eu lieu en début d'après-midi à Strasbourg samedi avant une manifestation organisée pour protester contre le sommet de l'Otan qui réunit 28 chefs d'Etat et de gouvernement dans la capitale alsacienne.

Des affrontements ont opposé manifestants et forces de l'ordre et un secouriste allemand a fait état d'une cinquantaine de personnes traitées pour des plaies à la tête et des blessures dues à des fragments de grenades lacrymogènes.

"C'est affreux, je n'ai jamais vu quelque chose comme ça en Allemagne", a dit à Reuters Christoph Hauffmann.

Aucun bilan officiel n'a encore été communiqué.

Alors que plusieurs milliers de personnes convergeaient vers le Pont de l'Europe entre Strasbourg et la ville allemande de Kehl, des groupes de casseurs s'en sont pris à des symboles.

L'ancien poste de douane qui avait été réactivé cette semaine pour les contrôles aux frontières a été dévasté et incendié. Sur ses murs on pouvait lire: "Tremblez capitalistes" et "Guerre sociale".

Un feu de pneus a été allumé au milieu du pont et un radar de vitesse a été détruit. Avant le pont, une station-service a été pillée et des manifestants s'en prenaient ensuite à l'Hôtel Ibis situé tout près. Ils ont ensuite ravagé un petit centre commercial situé avant la frontière, incendiant la pharmacie et tentant d'arracher un distributeur automatique de billets. La police est intervenue au bout d'une heure.

En fin de matinée, manifestants et forces de l'ordre qui, un temps, avaient barré l'accès du Pont de l'Europe, s'étaient affrontés à coups de grenades lacrymogènes et de cocktail Molotov.

Depuis le début de journée, les opposants au sommet de l'Otan manifestent par petits groupes mobiles.

Un groupe de huit plongeurs dont l'identité est encore incertaine ont été interpellés en début de journée par la police allemande au bord du Rhin, dans la zone hautement sécurisée où les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan devaient se réunir pour une "photo de famille".


10.000 policiers et gendarmes


Quelque 1.800 manifestants avaient quitté à l'aube le camp des opposants au sommet installé dans le sud de Strasbourg dans le but de bloquer les accès au Palais des congrès où se déroule la réunion.

Des manifestants ont été repoussés par des tirs de gaz lacrymogène des forces de l'ordre, épaulées par des hélicoptères, mais de petits groupes ont réussi à passer ou étaient déjà présents dans le centre ville où ils ont manifesté à quelques centaines de mètres du lieu de la réunion.

Au cours de la nuit, la police a procédé à 25 interpellations.

Un premier rassemblement pacifique d'une centaine de personnes a eu lieu dès 06h00, place de l'université, à quelques centaines de mètres de la cathédrale, avant d'être dispersé par la police.


"Bien sûr, il y a de la police partout, mais nous aussi nous sommes partout", s'est réjoui, devant les journalistes, Christoph Kleine, l'un des animateurs de "Block Nato".

Ce groupe non-violent de désobéissance civile a affiché sa volonté de "bloquer le sommet de l'Otan".

Deux à trois cents manifestants, dont certains déguisés et munis de tambours, se sont alors retrouvés avenue de la Paix, un axe stratégique entre le centre ville et le Palais des congrès, distants de 200 mètres à peine. Ils ont été progressivement encerclés par les gardes mobiles et les CRS, puis éloignés en direction du centre ville.

La circulation des autobus et des tramways a été interrompue dès 06h00 dans l'agglomération et jusqu'à nouvel ordre pour "des raisons de sécurité".

Quelque 10.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour le sommet de l'Otan à Strasbourg.

Presse jaune (Reuters), 4 avril 2009 (14h31).

Publié dans Agitation

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