L’architecture et la révolution

Publié le par le groupe Lucio

Inscription tracée le 17 mai 1968
à l’entrée de la chapelle de la Sorbonne.

Hegel dit quelque part que seules les pierres sont innocentes : ce jugement, naïvement idéaliste, est faux. Il suffit pour s’en convaincre d’ouvrir les yeux sur une ville où s’érigent des bâtiments officiels à l’aspect de bunkers ; où la désolation civique s’étend avec les parkings ; et où l’on place sa fierté dans la restauration d’une chapelle contre-révolutionnaire. Chapelle que le maire Jean-Louis Millet qualifie de «bâtiment le plus significatif de la ville (…) toute son histoire» (relaté par le Progrès du 17 mai).


Pour qui défend la «culture judéo-chrétienne», il est «significatif» de faire passer à la trappe l’histoire authentique, c’est-à-dire celle de la démocratie. À en croire le matamore municipal, c’est donc la construction d’une chapelle expiatoire, en réparation des crimes de la Révolution, qui marque la fin de l’Histoire… sanclaudienne. Ça date du Second Empire. Depuis lors, il n’y aurait plus rien de notable, que les vestiges de l’abbaye de «saint» Claude.


La prochaine commotion sociale réservera un traitement adéquat à cette bâtisse. Dans l’attente, nous vouons au mépris public et cet édifice de mort et la chiennerie «des sabre-peuple et des curés» qui va avec. La non-indifférence en matière religieuse, ou policière, est un principe qui doit rester hors de discussion.

Cet article a paru en juillet 2004 dans le deuxième numéro du Jura Libertaire.

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