Qu'on en finisse avec ces journées d'action !

Publié le par la Rédaction


$arkozy et sa junte doivent se réjouir tous les jours du récent «miracle» syndical que vient de lui offrir l’intersyndicale, vous savez, cette entité construite par les chefs «syndicaux» qui aiment tant promener quatre jours (rythme effréné) par an une banderole à exhiber dans les journaux avec plein de noms de syndicats dessus. Ils étaient combien aux dernières «journées», huit signataires, mazette, le patronat tremble. Et nous ? Trois millions qu’on envoie promener. Ça commence à faire…

C’est-y pas beau, quand même, là est le miracle, que le laps de temps entre deux «journées» de la banderole est si long (un mois et vingt jours !) que les Guadeloupéens en lutte ont eu le temps, entre deux, de faire une vraie grève résolue et reconductible. $arkozy et Parisot seront longtemps redevables aux bureaucrates syndicaux qu’il n’y ait pas eu en même temps la grève générale en Guadeloupe et trois millions de manifestants dans l’Hexagone. Ça aurait été plus compliqué pour rentrer sagement au taf ou au chômage (car les chômeurs sont là aussi) le lendemain comme si de rien n’était.

Vu ce résultat pitoyable, on commence à se demander si cette tactique de la journée isolée d’action n’aurait pas été inventée par l’ennemi (le pouvoir, le patronat) s’il n’y avait eu des chefs «syndicaux» pour la mettre en place. Franchement, ces derniers ont l’air de basculer direct «de l’autre côté» et on se demande bien où sont leurs intérêts, visiblement pas du même côté que les nôtres, nous, salariés avec ou sans papiers, chômeurs, retraités, jeunes, moins jeunes, étudiants, lycéens, et syndiqués de la base en colère.

Alors, qu’on en finisse avec ces «journées» de la banderole et du gros ballon à l’hélium, on a compris le programme de l’année : 1er Mai «de lutte», dodo en juin (faut bien se reposer), vacances en juillet-août, rien en septembre (après les vacances ça serait trop brusque), une journée en octobre, une réunion des chefs deux semaines après, rien en novembre, allez, une journée en décembre et puis ben c’est Noël. Pis c’est reparti. Quatre journées en 2010, et en 2011 on arrête car les élections présidentielles arrivent, faudrait pas troubler les citoyens, le silence des chefs syndicaux sera alors un devoir «démocratique» et y’aura bien une tripotée de Philippe Val pour nous expliquer en long et en large à longueur d’éditos que, foi de Voltaire et de Spinoza, les extrémistes qui veulent radicaliser les luttes sont des populistes lepénistes qui sabotent le Saint jeu électoral, on nous a bien fait le coup avec le vote «non» au Traité européen. 2012 ? Idem qu’en 2011. 2013 : repos. 2014 ? Ok, on s’énerve : trois journées !

Hé ben non ! Qui peut sérieusement croire que ce scénario de rêve Medefien est le seul possible ? Ce serait être bien sourd et aveugle devant la colère sociale de plus en plus évidente qui ne pourra éternellement rester latente. Il se pourrait bien que la population, fondamentalement crainte par tous les chefs (même syndicaux !), ne marche plus (dans tous les sens du terme) dans cette combine. Il se pourrait que ces journées isolées voient leurs effectifs fondre à vue d’œil, et la junte UMPatronale n’aura pas forcément à s’en réjouir, car d’autres moyens de lutte, des vrais ce coup-ci, pourraient alors venir secouer le pays. Et là ce n’est pas une petite abolition du paquet fiscal qui nous calmera, et la vraie question, le partage des richesses, sera posée, l’esquive, hein, n’a qu’un temps et nous arrivons au bout.

Groupe Nada / Toulon, 29 mars 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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