Grève illimitée et blocage de l'usine chez Amora - Dijon et Appoigny

Publié le par la Rédaction

Conflit chez Amora :
Le blocage face à la date butoir

Aujourd’hui [mercredi 25 mars 2009], marque la date butoir fixée par la direction dAmora pour la signature dun accord de sortie de crise.

Hervé Laureau est inquiet. Le P-DG dAmora-Maille le reconnaissait hier soir en rappelant quaujourdhui marque la date butoir fixée pour la signature dun protocole daccord avec lintersyndicale, afin de mettre un terme à la crise née de lannonce des restructurations, le 20 novembre dernier. Lissue des négociations menées à Dijon, lundi, ne laissait pas beaucoup de place à loptimisme, même si le P-DG dAmora se dit prêt à attendre, «ce soir jusquà minuit sil le faut, pour signer».

Du côté de l
intersyndicale (FO/CGT/CFDT) on se réunissait, hier, afin de décider dune position commune. On évoquait même la nomination, par la municipalité dijonnaise, de Guy Gillot comme médiateur, afin de tenter un déblocage de la situation. Alors quau centre logistique de Chevigny, les salariés maintiennent le blocus et conservent la main sur un «trésor de guerre» de 32.000 palettes de produits, léchéance de ce mercredi risque de peser lourd. «Faute daccord signé, soulignait Hervé Laureau, il faudra dire adieu au transfert de production de vinaigrette (32.000 tonnes annuelles rapatriées de République tchèque, Ndlr), et les seules indemnités seront les indemnités légales, qui prévoient un maximum de 35.000 € pour les salariés les plus anciens.»

«Aucun autre plan n’est à cette hauteur»

Afin de bien faire comprendre l
urgence de la situation, le P-DG dAmora-Maille est revenu sur les avancées obtenues jusque-là : «Nous sommes partis dune indemnité de préjudice échelonnée de 12.000 à 40.000 € en fonction de lancienneté pour arriver à 40.000 € pour tous. Si lon ajoute lindemnité légale, on parvenait à 50.000 €. Finalement, alors que les syndicats réclamaient 400.000 €, et quils sont à présent descendus à 124.000 €, de notre côté nous sommes parvenus à une position prévoyant de 50.000 à 90.000 €. Je nai jamais connu, au sein dUnilever, dautre plan qui soit à la hauteur de ce que nous proposons.»

Reste qu
entre 90.000 € dun côté et 124.000 de lautre, les 34.000 € de différence cristallisent pour linstant le mécontentement.

Maintenant leur blocus du site de Chevigny, de nombreux salariés manifestaient hier leur volonté d
aller jusquau bout même si une sortie de crise honorable est attendue par tous.

Journée décisive

Il y a fort à parier que la journée d
aujourdhui sera marquée par des discussions menées de part et dautre au pas de course afin de parvenir à un accord. On imagine mal les salariés se contenter des indemnités minimum légales après avoir porté avec force leurs revendications.

Cette journée d
aujourdhui pourrait être celle de tous les dangers et de tous les espoirs. À moins quun nouveau délai nintervienne en dernier recours…

A-Infos, 26 mars 2009
Informations par, pour, et au sujet des anarchistes.



Dijon : Opération coup de poing des salariés d’Amora dans un hypermarché

Les salariés d’Amora manifestent avant la fermeture du PSE.

À q
uelques heures de la date limite de signature du Plan de sauvetage de l’emploi (PSE), proposé par Unilever dans le cadre de la restructuration d’Amora-Maille, les salariés ont une fois de plus montré leur colère cet après-midi. Une soixantaine de salariés a mené une opération coup de poing dans un hypermarché de Dijon. Ils ont vidé les rayons de moutarde, cornichons et mayonnaise dans des chariots qu’ils ont ensuite abandonné dans le magasin. La date limite de signature du PSE est fixée à minuit, ce 25 mars.

LSA, 25 mars 2009.


Amora-Maille : Les salariés prêts à «aller jusqu’au bout»

«Nous irons jusquau bout !» Le cri du cœur du syndicaliste FO, Patrick Dubois, est vivement applaudi par les quelque 200 salariés dAmora-Maille en grève depuis dix jours et rassemblés hier devant le site logistique de Chevigny-Saint-Sauveur, près de Dijon. Le conflit, débuté le 16 mars, trois jours avant le dernier comité central dentreprise sur le plan social prévoyant la fermeture de lusine historique de Dijon et de celle dAppoigny (Yonne), avec la suppression de 244 emplois, sest subitement radicalisé. Les deux usines de production sont «totalement fermées» et le site logistique de Chevigny-Saint-Sauveur, que la direction veut développer, est «bloqué», «cadenassé» et «occupé» par des grévistes qui veillent jalousement sur leur «trésor de guerre», un stock de «22.000 palettes de produits Amora».

La veille, lundi, l
intersyndicale avait négocié «dix heures durant» le montant de «lindemnité préjudice» de ce plan que la direction a fixé à «40.000 euros pour tous», soit dix fois moins que ce quexigeaient les syndicats.

Depuis, ces derniers ont revu leur chiffre à la baisse : de l
ordre de «130.000 à 140.000 euros compte tenu des bénéfices dUnilever» chiffrés à «5,3 milliards deuros» en 2008, comme laffirme Mamadou NGinnue, délégué CGT. «Ils peuvent payer mais ils ne veulent pas, et ceux qui négocient avec nous ne sont que des seconds couteaux et nont pas les cordons de la bourse.» Cet avis nest nullement partagé par la direction dAmora-Maille, «consciente daccorder des primes de très haut niveau» qui, en cas de non-réponse dici ce soir, seraient «nulles et non avenues».

Est Eclair, 25 mars 2009


Amora-Maille : les syndicats rejettent les propositions de la direction

Syndicats et direction d
Amora-Maille (groupe Unilever) ne sont pas parvenus à un accord sur les modalités du plan de sauvegarde de lemploi (PSE), malgré des «avancées» constatées de part et dautre, a-t-on appris mardi auprès deux. À lissue dune assemblée générale, les salariés ont rejeté, à lappel de lintersydicale, «lultimatum» de la direction, fixé au 25 mars, ainsi que lensemble de ses propositions qualifiées de très «insuffisantes» sur le montant des indemnités de licenciement et de préjudice.

La direction proposait «au moins 50.000 euros d
indemnités pour tous dont 40.000 euros de préjudice», a déclaré à lAFP Patrick Dubois, secrétaire (FO) du CCE. Les syndicats avaient revu leurs «demandes à la baisse» passant de «400.000 à 125.000 euros», selon lui. Pour sa part, la direction dAmora-Maille a précisé «lindemnité de préjudice pour tous à 40.000 euros, à laquelle sajoutera lindemnité légale de licenciement en fonction de lancienneté».

Les usines de production de Dijon et d
Appoigny (Yonne) «sont totalement fermées» depuis le 16 mars, et le site logistique de Chevigny (Côte-dOr) est «bloqué et occupé par les salariés», ont affirmé les syndicats. Le 20 novembre 2008, la direction dUnilever a annoncé la fermeture de deux sites de production de son groupe, celui de son usine historique à Dijon et celui dAppoigny, entraînant la suppression de 244 emplois.

Le Monde avec AFP, 24 mars 2009.


Début d’une grève illimitée chez Amora

Ils prennent la vinaigrette pour des «salades».
À la direction qui propose le rapatriement de la vinaigrette tchèque, lintersyndicale oppose une grève illimitée car elle ny croit pas.

Pas du tout convaincus par la proposition de la direction, les salariés d
Amora-Maille ont voté hier, la grève illimitée qui a pris effet immédiat sur deux des trois sites (Dijon et Appoigny, dans lYonne). Cest du point de vue de lintersyndicale, la dernière solution qui lui resterait, compte tenu des blocages quelle impute à la direction et en attendant la réunion de mercredi quelle juge cruciale.

Cette proposition de la direction était pourtant destinée à ramener en Bourgogne une grosse activité, puisqu
Hervé Laureau, P-DG dAmora-Maille a obtenu laccord du groupe Unilever pour rapatrier à Chevigny-Saint-Sauveur une chaîne de production de vinaigrette, actuellement implantée en République tchèque. Cette décision ne serait pas neutre, puisquelle permettrait de produire 11.000 tonnes, dont 5000 sont destinées au marché français. Dans notre édition de samedi, Hervé Laureau expliquait que ce transfert de volume sajouterait aux 82.000 tonnes prévues sur ce site, à la suite de la restructuration du groupe. De ce fait, Chevigny deviendrait la plus grosse usine de condiments dEurope. Elle serait créatrice de nouveaux emplois. Ce sont 32 postes qui sajouteraient aux 50 offres demplois enregistrées auprès des entreprises de la région, sans omettre les 52 postes transférés à Chevigny dans le cadre de la réorganisation. Au final, Hervé Laureau trouverait ainsi des solutions pour 134 des 244 personnes risquant de perdre leur emploi : «Jarrive même à trouver une solution pour chacun, en prenant en compte les postes ouverts dans le groupe et on na même pas démarré le recours à lantenne emploi. Dans cette affaire, ma responsabilité est lemploi, pas de faire des chèques valise.»

«On n’y croit pas»

Le problème c
est que lintersyndicale prend mal cette proposition qui est conditionnée à labandon de la revendication des 400.000 € dindemnité par personne licenciée. Pour la direction, cette revendication nest tout simplement pas raisonnable. En contrepartie, Hervé Laureau explique quil a fait le forcing auprès du groupe pour rapatrier la vinaigrette et limiter autant que possible, limpact social.

Pour Jean-Pierre Cordier, délégué FO, cette proposition est surtout un effet d
annonce qui fait suite à «des pressions et des chantages». Bien plus, il déclare : «Ce transfert, on ny croit pas. Cest un leurre. On se moque de nous. Quand la vinaigrette était partie de Dijon vers la Tchéquie, on nous avait expliqué que cétait pour des raisons de rentabilité, alors quon sait que cette vinaigrette ne se vendait plus sur le marché français à la suite dune erreur marketing du flacon. Sur les emplois, on nous ment à propos du recasement sur la plate-forme de logistique à Fauverney. Si on décide aujourdhui cette grève illimitée, cest quon a pas dautres moyens et quon arrive aujourdhui à une situation de blocage.»

Hervé Laureau répond à cette critique : «Ce transfert de la ligne vinaigrette n
était pas le plus économique pour le groupe Unilever, car la production en Tchéquie était plus rentable en coût global ; mais je ferai en sorte que Chevigny soit plus rentable en coût variable en la rendant plus compétitive, sans les frais fixes. Cest vrai que le changement de bouteille nous a fait perdre des parts de marché ; mais depuis six mois, on en reprend. Ce nest pas un effet dannonce, mais une solution pérenne. On va transférer cette ligne sur Chevigny qui avait été investie il y a deux ans et forcément, ça va coûter quelques centaines de milliers deuros, mais ma priorité reste lemploi.»

Dans l
état actuel, lintersyndicale estime quelle na pas les moyens de se prononcer mercredi sur le Livre III qui portera sur la réorganisation. Pourtant la course contre la montre est engagée, car la direction veut obtenir un accord de fin de conflit avant le 23 mars.

Explication de texte

Dans ces conditions, comment la direction abordera cette journée de mercredi ? Interrogé hier sur ce point, Hervé Laureau ne voyait qu
une perspective : «Je vais réexpliquer mes propositions qui ne sont pas basées sur cette seule indemnité de 400.000 €. Il y a aussi la prime de reclassement rapide. Il y a également un congé de reclassement de 12 mois pour les plus de 55 ans avec le maintien de 80% du salaire net, pendant cette période, ainsi que lindemnité de différentiel de salaire sur une période pour ceux qui travailleront dans une autre entreprise. Il y a enfin un budget de formation. Certaines de ces propositions ont déjà été validées.»

Le Bien Public, 17 mars 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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