Samedi 21 mars 2009
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08:45
Message d’Ivan
Rappel des faits : Depuis janvier 2008, sept personnes sont mises en examen dans le cadre d’une instruction
antiterroriste. Bruno, Ivan, Isa*, Farid*, Juan* (*surnoms) et Damien ont été successivement arrêté-e-s, mis-es en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise
terroriste», réunie au sein d’un groupe inventé par la police : la MAAF (Mouvance anarcho-autonome francilienne). Certains d’entre eux sont accusés de «transport et détention de produits incendiaires ou
explosifs», d’autres de «tentative de destruction de biens».
Bruno et Ivan ont fait quatre mois et demi de prison (en préventive de mi-janvier à début juin 2008).
Farid a fait un peu plus de quatre mois de prison (en préventive également de mi-janvier à fin mai
2008). Tous trois ont été placés à leur sortie sous contrôle judiciaire. Bruno a décidé, début juillet 2008, de se soustraire à ce contrôle et est toujours en fuite. Isa,
également incarcérée en janvier 2008, a été libérée sous contrôle judiciaire le 10 février 2009, plus d’un an après… Son frère, Juan, a été incarcéré en juin 2008. Il se trouve
actuellement à la prison de Bois d’Arcy. Damien est emprisonné à Villepinte depuis le mois d’août 2008. Tous deux sont en préventive et aucune date de procès
n’est
fixée.
Aux camarades et amis,
J’étais convoqué
mercredi avec la prison garantie à la fin de l’interrogatoire.
Je veux vous adresser quelques mots au moment où je suis contraint de disparaître, à chavirer le cours de ma vie, engluée au TGI de Paris.
C’est la veille du
jour où je pensais voir mon contrôle judiciaire (CJ) descendre d’un cran, important, celui de l’assignation à résidence, que j’ai appris que des rapports de police
bidonnés me signalaient à des manifs et rassemblements de solidarité avec Farid (surnom), réincarcéré depuis hier mercredi 11 à la Santé. Les procureurs voulaient nous voir enfermés tout comme la
juge d’instruction
qui nous avait promis la taule à la prochaine infraction de CJ. J’ai choisi de leur échapper.
Que dire de cet acharnement, sinon que le CJ au-delà de tenir à disposition de la Justice, leur permet de sanctionner bien au-delà des faits jusqu’à nos attitudes. Et les juges
d’argumenter sur la
base de commentaires psychanalysants d’une assistante sociale à la fonction de contrôle ainsi explicitée.
Que c’est de ne pas
avoir renoncé à participer aux luttes qui nous traversent que la Justice se venge.
Qu’aussi, les juges
antiterro cherchent à tout prix des éléments pour justifier que nous figurions, avec mes co-mis en examen, dans une même association de malfaiteurs malgré l’absence de faits à nous reprocher en commun,
et faire exister la figure de l’«anarcho-autonome».
Et faire peser la menace d’une répression sans frein sur tous ceux qui se battent.
C’est avec autant
de joie que de douleur que je me soustrais à la fois à leur décision et à la vie que je menais. Je ne compte pas me cacher trop longtemps, ni même trop me cacher.
À bientôt.