Grève générale reconductible jusqu'à l'obtention des satisfactions

Publié le par la Rédaction


Le groupe Puig Antich de la Coordination des groupes anarchistes dénonce de manière récurrente l’inefficacité des journées «de grève» sans lendemain. Le 19 mars, journée sans réelle dynamique de lutte, n’échappe pas à cette règle ! Ses militant-e-s ont signalé, à chaque rendez-vous manqué avec la grève générale, l’impérieuse nécessité de réactiver les principes de l’action directe des ouvriers et des employés face aux attaques répétées de l’État et du Patronat.

Cette grève est inefficace

… Car elle est annoncée à peu près 48 jours à l’avance. Le temps pour le patronat d’organiser la contre-grève… Tant dans le Public que dans le Privé, tout a été mis en place afin que les désagréments qu’un arrêt de l’activité peut causer se fassent ressentir le moins possible.

Les bureaucraties syndicales ont inventé la grève qui ne gêne pas, ce qui permet à Sarkozy de déclarer qu’une grève ça ne se voit presque plus. Ces grèves à «saute-mouton» permettent que les modalités de la contre-grève soient mises en place suffisamment à l’avance. Ainsi les effets «pernicieux» du mouvement sont gommés pour le Capital et pour l’État.

Ajoutons à cela que ce n’est pas le passage de milliers de poings levés devant les locaux du MEDEF et des ministères qui fait flipper les tenants du Pouvoir. Ils savent à l’avance que le lendemain du mouvement tout le monde rentrera bien gentiment dans le rang.

Être nombreux dans la rue n’a de sens que si nous nous y maintenons jusqu’à l’obtention de résultats et de victoires : retrait de toutes les lois et décrets qui nous pourrissent la vie et qui nous livrent pieds et poings liés aux requins du libéralisme, de la social-démocratie et de la finance mondialisée.

Elle est inefficace

… Car elle est  limitée à une journée et non générale… Le plus souvent nous avançons en rangs dispersés, rassemblés autour de mots d’ordre catégoriels en évitant de fédérer les mécontentements et les luttes. L’affrontement à l’État et au Capital n’est pas une vieille lune. C’est aujourd’hui comme hier la condition nécessaire au renversement du vieux monde.

Elle est inefficace

… Car c’est une grève «CDD». En annonçant à l’avance qu’elle ne sera pas reconductible elle véhicule un message de relative faiblesse : le 20 mars, ce sera le retour au «turbin» sans pouvoir espérer la plus petite victoire. En quelque sorte une raison de perdre la figure face à des directions syndicales démissionnaires, à un patronat rétrograde et à un État répressif…

Préparer la grève générale reconductible

Le 29 janvier, la forte mobilisation à laquelle nous avons été conviés n’a conduit à rien. Elle n’a pas servi de point de départ à un mouvement généralisé et de grande ampleur susceptible de faire chuter le Pouvoir. Ainsi, l’argument trop souvent ressassé par les leaders syndicaux comme quoi «une grève générale ça ne se décrète pas mais ça se construit» a perdu là tout intérêt. Depuis le 29 janvier, il y a eu les déclarations de Sarkozy — le 4 février — disant qu’il ne bougerait pas sur les «réformes».

Pour nous il s’agit en fait de «contre-réformes» uniquement justifiées par la volonté du Pouvoir de casser les acquis sociaux. Et pourtant, cela n’a pas empêché les organisations syndicales d’aller «dialoguer» avec Sarkozy le 18 février sans rien obtenir de très concret.

Les organisations syndicales, en participant à ces «négociations», n’ont pas le moins du monde participé à la construction d’un mouvement de grève générale ! Tout au plus ont-elles légitimé les mesures de casse sociale élaborées dans les travées et les salons du Pouvoir.

Le 29 janvier, le rapport de force en notre faveur et les centaines de milliers de grévistes et de manifestants qui se sont mobilisés  n’ont pas pesé bien lourd lorsque les pontes syndicaux ont pénétré dans les salles des «négociations». En pratiquant ainsi, ils se sont faits les alliés objectifs du Pouvoir. Ils se sont en réalité comportés comme les faire valoir de la classe politicienne.

L’argument comme quoi «une grève générale ça ne se décrète pas mais ça se construit» vient de subir un sacré camouflet avec les mouvements de grève dans les Antilles (Guadeloupe et Martinique), où le caractère de classe, et  les contenus révolutionnaires, autogestionnaires et radicaux de la contestation sociale ont permis d’obtenir satisfaction en 48 jours. Tiens donc, le temps de jouer à «saute-mouton» dans l’Hexagone…

Des questions…

… Nous taraudent : «Que fait-on là ?» «Pourquoi se déplacer aujourd’hui et pas un autre jour ?» «Ne sommes-nous pas les simples pions d’une partie engagée par les bureaucraties syndicales ?»

Des réponses…

Nous ne sommes pas assez naïfs  pour ignorer le côté factice de nos démonstrations de «faiblesse». En descendant dans les rues à des dizaines de milliers à dates fixes, nous ne participons qu’à la mise en scène de notre colère. D’autant que le plus souvent nous défilons dans un silence assourdissant… Les choses ont le mérite d’être claires. Soit nous reconsidérons les modes d’organisation de nos luttes en y insufflant plus d’autogestion, plus d’autonomie, plus de radicalité, soit nous avalerons toutes les crapuleries du Pouvoir sans broncher.

Alors une seule solution :
Grève générale reconductible
jusqu’à l’obtention des satisfactions.

Publié dans Colère ouvrière

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