Campons sur nos revendications !

Publié le par la Rédaction


Deux mois de grève en Guadeloupe, un mouvement qui s’étend à d’autres régions, la colère des universités, du corps enseignant, des hôpitaux… Des mouvements de grève contre les licenciements, pour des hausses de salaires…
La situation est explosive ! Le gouvernement le sait et joue la carte de la répression policière et du contrôle social diffus. Les syndicats majoritaires temporisent et cherchent à contenir les mouvements de révolte légitime.

Grève générale

Le mouvement en Guadeloupe montre la capacité d’organisations syndicales, associatives, sociales à se mettre d
accord sur un programme de revendications large et multiforme. Et il donne un exemple de grève générale.

Pourtant, il aura fallu du temps pour que ce conflit bénéficie d
une écoute attentive. Il aura aussi fallu la mort d’un syndicaliste.

L
État a répondu par le mépris et lenvoi de gendarmes. Les médias ont véhiculé une image tronquée des enjeux et des protagonistes de ce conflit. La justice s’en mêle en attaquant un des leaders de l’opposition syndicale. Et pourtant le mouvement sort victorieux. Pourquoi ?
1. La grève générale est le meilleur moyen d’obtenir gain de cause ;
2. La plate-forme de revendications permet de mutualiser les colères, de fédérer les luttes ;
3. Les barrages, les blocages et la pression mise sur le patronat sont autant d’actions qui mènent à la victoire.

En Guadeloupe, on ne s
est pas contenté de prêcher la convergence des luttes : on sen est donné les moyens.

Et ces luttes ont à voir avec les émeutes en Grèce, contre la vie chère, contre un avenir bouché — seule perspective de l
exploitation touristique pour de riches voyageurs. Le chômage des jeunes est le principal ferment de cette révolte.

Est-ce que le chômage n’existe qu’en Grèce et en Guadeloupe ? Certainement pas ! Et les chiffres officiels le rappellent. Alors pourquoi la situation n’explose-t-elle pas en France ?

La solidarité en actes

Les centrales syndicales nous traînent de journée «d
action» en journée «d’action» depuis des années. C’est à nous d’impulser des dynamiques unitaires et radicales.

Pourquoi ne pas installer des campements sur les places des villes en lutte, comme ça s’est fait au Mexique ? L
installation physique, géographiquement localisée et connue, permettrait la rencontre de personnes en lutte et la discussion. Ces lieux peuvent aboutir à des plate-formes de revendications et à la mise en place de structures de solidarité. Travailleurs, jeunes, retraités, chômeurs, étudiants… tous pourraient faire vivre de tels lieux, points d’ancrage et d’organisation des luttes et des solidarités.

Et c
est possible, dès le 20 mars, d’occuper des lieux dans les secteurs en lutte (université, entreprises), dy installer des «points infos» des luttes, d’ouvrir ces lieux à la population, den faire des points de convergence et de débats dès le week-end, d’organiser la résistance et la riposte au patronat et au gouvernement, et tenir ! Tenir un mois, deux mois sil le faut ! Construire la grève générale expropriatrice et autogestionnaire ! Organiser les caisses de grève, réquisitionner la bouffe dans les grandes surfaces, faire des barrages filtrants, bloquer tout et reprendre la gestion de nos villes, de nos entreprises, de nos vies.

Groupe de Rouen de la Fédération anarchiste
Tract du 19 mars 2009.

Publié dans Colère ouvrière

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