Ni Pôle Emploi, ni RSA : Créolisons la crise !

Publié le par la Rédaction


Aujourd’hui mardi 17 mars 2009, des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés sont actuellement (11h15) à l’agence Pôle Emploi Vicq d’AZir (Paris 10e).
Cette visite collective a pour but de défendre le dossier d’un précaire afin d’obtenir du Pôle Emploi que la demande d’indus à son égard soit annulée.
Joints par téléphone, les visiteurs et visiteuses annoncent qu’une réunion avec les salariéEs de Pôle Emploi est sur le point de débuter…
Voici le tract distribué ce jour.

Ni Pôle Emploi, ni RSA : Créolisons la crise !

Nous appelons tous les précaires, chômeurs, intermittents de l’emploi, tous ceux qui savent que l’emploi ne permet pas nécessairement de subsister, tous ceux qui savent qu’ils passeront à un moment ou un autre au chômage, à envahir les agences de Pôle Emploi et les CAF pour se défendre, se rencontrer, agir : débloquons les dossiers, annulons les «indus», surveillons les visites domiciliaires, échangeons des informations, refusons la société de concurrence : manifestons, bloquons, occupons.

Les institutions qui nous gèrent et nous contrôlent sont en crise. Les confédérations syndicales ne pourront longtemps proposer des journées de grève bimestrielle et isolées. Les CAF vont administrer 4,5 millions d’allocataires du RSA. Elles sont déjà débordées, payent en retard. Leurs agents s’interrogent sur leur moyens et leur rôle. Il en est de même à Pôle Emploi, machine à précariser née de la fusion des ANPE et des ASSEDIC.

Autant de lieux à investir collectivement pour combattre l’atomisation à laquelle on nous destine.

Contraints par Pôle Emploi de passer par la plateforme téléphonique du 3949 pour toutes nos démarches, nous sentons bien qu’il s’agit à la fois de nous contrôler et de nous tenir à distance, sans prise sur ce qui nous arrive. Aux ouvertures de droits qui tardent, aux informations inaccessibles s’ajoute l’humiliation de devoir parler à une machine, d’y perdre son temps, son argent et son calme.

Ils menacent de couper les allocations de qui n’acceptera pas les emplois sous-payés dont le RSA cherche à imposer la généralisation. Nous refusons tout de ces hommes à Rolex. Les assistés, ce sont les banques et les entreprises. L’emploi à n’importe quel prix, nous ne l’acceptons pas.

Plus de trente ans de précarisation nous ont prévenus : leur réforme permanente détruit les droits pour individualiser, isoler chacun dans la course à la survie. On nous culpabilise pour mieux nous faire plonger dans les eaux glacées du calcul égoïste, de la concurrence de tous contre tous. Nous nous faisons une joie de nous y soustraire et de nous y opposer. Contre la froide violence qui nous enserre, les catégories et les lois qui nous séparent, retrouvons-nous pour agir, agir pour le grand nombre.

La dernière campagne présidentielle le promettait : tout est possible. Ils ont le front d’annoncer une «prime» de 200 euros aux «éligibles» au RSA. Ça frise l’auto-intox : au lendemain de la grève victorieuse en Guadeloupe, croire qu’une telle insulte adressée à des millions de personnes puisse valoir solde de tout compte est le signe d’une arrogante débilité.

Tirons sur l’ambulance, prenons nos affaires en main.
Organisons-nous.

RENDEZ-VOUS JEUDI 19 MARS À 13H30
À LA SORTIE DU MÉTRO SAINT-SÉBASTIEN FROISSARD

Des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés
CIP-IDF / HNS-info, 17 mars 2009

Publié dans Chômeurs - précaires

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