Tous et toutes en grève le 19 mars 2009

Publié le par la Rédaction


Toulouse - 14 heures - Compans Cafarelli
REJOIGNEZ LE CORTÈGE ROUGE ET NOIR !

Après l’«économie réelle», la grève réelle ?

Une nouvelle fois nous allons nous mettre en grève. Une nouvelle fois nous allons battre le pavé. Une nouvelle fois, notre colère va se heurter au mépris du pouvoir et à la lâcheté de certains, plus enclins à freiner le mouvement qu’à l’inciter à croître.

Pourtant l’heure est grave. Après des mois de mensonges des crétins estampillés «spécialistes», payés pour ne pas employer les mots «crise», «récession», «Grande Dépression», «1929», la vérité est apparue au grand jour. Les délires du monde de la finance auront de très graves répercutions à l’échelle de la planète. Certes, les traders, ces nuisibles, auront des soucis pour revendre leur Jaguar et devront licencier le gars qui sortait leur chien à la City ; mais les premiers touchés seront et sont les petites gens, de l’Ohio à Paris, de Dakar à Dublin : expropriations, vie chère, chômage ne sont plus des craintes mais la réalité pour des millions de personnes.

Certes, les porte-flingues du capitalisme nous ont sorti cet incroyable concept d’«économie réelle» ; certes, ils nous parlent de donner une morale à ce système dont l’essence même est de ne pas en avoir ; certes, Sarkozy a oublié son désir d’importer le système des subprimes en France («Une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas dans l’avenir, c’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages» [avril 2007]) ; mais les dividendes des patrons sont toujours aussi pharaoniques ; des milliards ont été trouvés pour les banques, tandis que les besoins vitaux de notre société sont toujours ignorés. Pas d’argent pour les écoles, pour l’hôpital, la culture, la prévention des accidents et l’entretien des infrastructures, pas de SMIC décent (à quand un SMIC à 1600 € ?!) mais toujours plus d’exploitation, de répression syndicale, de précarité, de sans-papiers expulsés. La liste est longue de leurs vilenies.

Oui, les raisons d’une grève dure et sans compromission sont légion. Nous ne seront pas les soldats d’un quelconque patriotisme économique aux ordres d’un «président».

Les notables d’un syndicalisme propre sur soi (ci-devant «partenaires sociaux», sic) appelant à de pathétiques journées de grève une fois par mois, s’avèrent aussi inutiles que les tenants d’une gauche politique (le PS et ses avatars plus ou moins radicaux) cautionnant ce système quand elle est au gouvernement. Nous n’avons pas besoin d’eux et refusons les bureaucrates syndicaux et les politiciens qui n’aspirent qu’au pouvoir de dominer.

La victoire de nos camarades du LKP en Guadeloupe nous montre le chemin : une grève générale de 45 jours sans compromis ; une plate-forme revendicative née de la base ; un mouvement débarrassé de la frilosité des notables ont permis de faire reculer le pouvoir de Sarkozy et du MEDEF. 200 €, entre autres victoires. Mais cette lutte pose aussi les jalons d’une remise en cause globale du système : ne plus être les esclaves, corvéables à merci, d’un modèle économique barbare qui détruit les gens et la planète.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !
Pour une plateforme revendicatrice forte décidée par la base !
Grève générale reconductible !


Chassons les prédateurs !

Des patrons-chasseurs, bien installés dans leurs demeures dorées, ont dressé, bien avant la crise, de petits faucons prédateurs, type Sarkozy, pour mépriser et mettre en cause les travailleurs qui perturbent leurs intérêts. Pour exploiter quelqu’un ou pour s’en débarrasser, il faut commencer par le mépriser. Alors, n’est-il pas temps de relever la tête et à notre tour chasser les prédateurs ? À la CNT, la réponse est oui.

La liberté et le respect de la dignité des travailleurs ne seront obtenus que par leur lutte, sans délégation. Déléguer sa volonté, c’est la perdre. Dans la société que nous préconisons, les «experts» ne seraient pas des «décideurs» mais des pédagogues et des vulgarisateurs, acceptant la critique et se gardant d’imposer leurs points de vue. Mais, aujourd’hui, les pouvoirs établis cultivent le secret pour assurer leur mainmise sur la société.

Les dogmes du néo-libéralisme et de l’étatisme qui se prétendent réalistes ont largement échoué et sont responsables des guerres, des répressions sociales et politiques ayant ensanglanté le XXe siècle. Or ces systèmes ne portent aucun projet de société viable sinon celui du profit à court terme, adossé à l’alliance entre Dieu et l’État, seul moyen dont disposent leurs promoteurs pour donner le «supplément d’âme» qui leur manque et conférer un semblant de sens au vide de leur pensée. Si rien n’est fait, si les travailleurs ne prennent pas les choses en main, la crise en s’approfondissant pourrait bien ensanglanter à nouveau notre monde en favorisant racismes et nationalismes. Historiquement c’est la méthode classique du capitalisme et de l’étatisme pour grimer leur faillite.

La crise que nous subissons, et dont les travailleurs non actionnaires ne sont en rien responsables, réduit en miettes l’économie humaine, en mettant au chômage et précarisant davantage encore des centaines de milliers de travailleurs. Les marchands financiers, dont les vils traders sont les agents, ont fait de notre monde un casino géant. Gagner toujours plus en exploitant toujours plus, les parasites sont à l’œuvre. Et l’État les sauve.

Cette crise met aussi en évidence que les citoyens ne sont que des pions que les «décideurs» politiques manipulent au gré de leurs compromissions avec les puissances de l’argent. L’État n’est clairement pas neutre, il se révèle au service d’une classe dominante. On oppose le «privé» au «service public». Or dans ce dernier les usagers et les travailleurs n’ont pas droit à la parole et les responsables sont idéologiquement à l’unisson d’un pouvoir qui ne conçoit la démocratie que comme la liberté de choisir des chefs qui, au fond, sont d’accord sur l’essentiel.

«Privé», «public»… peu importe. Ce qui compte c’est notre faculté à nous unir : pour décider du sens de notre travail et ne plus acquiescer à l’aliénation ; pour conquérir et non plus seulement défendre.

CONFÉDÉRATION NATIONALE DU TRAVAIL
Syndicat autogestionnaire et sans permanent
Union locale de Toulouse
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA

Publié dans Colère ouvrière

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