Autoréductions à Paris, Rennes et Nantes

Publié le par la Rédaction

Contre la vie chère
au Monoprix de la rue de Tolbiac à Paris


Ce vendredi 13 mars, l’Interfac de Tolbiac a été suivie d’une autoréduction au Monoprix voisin.

150 personnes ont rejoint des manifestants qui avaient rempli des caddies puis ont bloqués les caisses et sorti trois caddies et des paniers.

Une partie des denrées ainsi récupérées a été acheminée à la Bourse du travail de la rue Charlot où sont installés des sans-papiers en lutte.

CIP-IDF, 16 mars 2009.


Nantes : Autoréduc’ au Monop’


Contre leurs profits, réappropriation.

La manifestation du jeudi 12 mars a réunit 400 étudiants et lycéens.

Après avoir circulé dans les rues de Nantes, notamment dans le passage Pommeray, le cortège s’est arrêté devant le Monoprix.

Une bonne partie des personnes sont entrées dans le supermarché, et ont parcourus les rayons en remplissant sacs et cadies de provisions.

Pourquoi ?

Le but n
était pas de saccager les lieux pour faire parler les médias, ou de voler pour se faire plaisir. Le fait est que ces lieux sont les acteurs de la société de consommation, et surtout ceux qui en tirent le plus de profits. Cette action était donc symbolique contre la logique globale de profit pour les entreprises, sur le dos des producteurs et des consommateurs.

Elle a permis un peu plus de justice face à leurs abus.

Après la réaproprition, nous avons partagé les marchandises avec les passants, pour montrer que face à la résignation de ce monde d
inégalités, la lutte collective permet le partage et la solidarité.

Des étudiants mobilisés
Indymedia Nantes, 12 mars 2009.


Policiers assiégés à Villejean (Rennes) :
Trois mois de prison

Mercredi, des manifestants ont contraint les agents de police à se barricader au poste, et les ont menacés de mort. Une scène incroyable.

Le pillage du magasin Carrefour Market de Villejean, dans l’après-midi de mercredi, a débouché sur trois interpellations : deux étudiants et un jeune habitant du quartier. C’est probablement l’arrestation de ce troisième homme qui a provoqué l’incroyable scène qui a suivi.

Vers 18 heures, les quatre policiers du commissariat de quartier ont reçu la consigne de fermer leurs bureaux, en raison du climat très tendu qui régnait dans le quartier. C’est alors qu’ils quittaient le poste de police en civil, qu’ils ont été reconnus par un groupe, qui les a pris à partie.

«Nous nous sommes barricadés dans le poste de police. Les quinze assaillants du départ étaient une centaine une demi-heure plus tard. Ils criaient et sifflaient. L’un d’entre eux a crié : “On va vous cramer”. On a vidé nos bombes lacrymogènes en se réfugiant à l’étage. Nous avons craint pour notre vie, avant que les CRS arrivent en renfort.» Dans l’intervalle, le poste de police a subi des dégradations.

En prison pour cinq mois

Le lendemain, les quatre policiers ont désigné le meneur des manifestants comme étant Jérémy Imarre, 24 ans. Il s’est lui-même présenté au commissariat jeudi après-midi ; il était jugé en comparution immédiate hier, en présence des quatre policiers. «Leurs témoignages sont précis et corroborés», a estimé leur avocate, Me Delphine Caro.

Le procureur, Stéphane Cantéro, a prononcé un réquisitoire d’une rare virulence. «À l’audience, M. Imarre apparaît calme, poli et maître de lui. Mais la réalité du terrain n’est pas celle-là. Les policiers ont subi un véritable guet-apens. Je demande six mois ferme.» Excessif, le terme guet-apens ? «Je ne dis pas que les policiers n’ont pas eu peur, a plaidé Me Élodie Praud, avocate de la défense. Je dis que M. Imarre ne peut pas être considéré comme le seul responsable de cette manifestation. Il est impulsif, c’est vrai. Mais s’il était le meneur, pourquoi ne l’a-t-on pas interpellé dès jeudi matin ?»

Le tribunal a condamné Jérémy Imarre à trois mois ferme. Mais comme il avait une peine antérieure de deux mois avec sursis au-dessus de la tête, il est parti en prison pour cinq mois.

Presse jaune (Ouest France), 14 mars 2009.



L’invasion du supermarché laisse des traces à Villejean

Les 10.000 € de courses gratuites qu’a fait un groupe de jeunes laissent un goût amer aux habitants de Villejean. 10.000 €, c’est le montant des produits volés mercredi après-midi, lors de l’opération «autoréduction» menée par un groupe de 300 jeunes. Après la manifestation, ils avaient envahi le Carrefour Market de la dalle Kennedy et invité les clients à faire leurs courses gratuitement. Mais au lieu du mouvement de sympathie espéré, l’arrivée en masse de ces jeunes au visage masqué a apeuré certains clients.

Comme cette mère de famille en pleurs : «Je veux payer et sortir, sinon, je vais faire une crise d’angoisse.» Les jeunes autour d’elle, mal à l’aise l’ont incitée, sans succès, à partir sans régler. Une hôtesse de caisse a réagi : «Je suis étudiante moi aussi, et je travaille à côté, ce n’est pas vous qui allez me donner des leçons sur la précarité !» Ils sortiront avec une centaine de sacs, direction Rennes II, pour un banquet.

«C’est toujours une minorité qui met le bazar»

Après inventaire, Hervé Perrin, directeur du supermarché, estimait hier à 10.000 € le montant des produits dérobés. Carrefour a décidé de déposer une plainte contre X. Si la valeur est si élevée, c’est parce que «les jeunes ont surtout volé des accessoires informatiques, comme des DVD, clés USB, téléphones portables et de l’alcool», confie-t-il.

«Ils dénoncent la vie chère mais ils volent du champagne, du maquillage, des MP3. Cela ne rime à rien. Le problème, c’est que c’est toujours une minorité qui met le bazar», commente Gnafoua, le seul vigile présent mercredi, au moment de l’incursion.

Sentiment d’injustice

Après le départ des jeunes, les CRS et la police ont envahi la dalle Kennedy, et interpellé un jeune du quartier qui portait un sac de produits volés. Les Villejeanais témoins de la scène l’ont vécu comme une injustice. «Les étudiants eux-mêmes l’ont reconnu : ils sont partis avec des dizaines de sacs et seuls deux étudiants ont été interpellés, confie Myriam, animatrice à la direction du quartier nord ouest. Ce jeune du quartier, lui, incité par les étudiants à partir sans payer, a eu le droit à une arrestation musclée. Plus tard, vers 18h30, une centaine de jeunes est revenue de la fac pour s’attaquer au commissariat de quartier. J’ai eu très peur. Ils étaient vraiment là pour casser.»

Plusieurs riverains n’ont pas du tout apprécié de voir la tranquillité de leur quartier perturbée un mercredi après-midi, le jour des enfants. «L’action incompréhensible des étudiants a failli allumer une étincelle. Notre quartier ne mérite pas ça», déplore François André, l’élu du quartier.

«Il fallait parler avec les riverains»

L’acte a été condamné jeudi à l’AG de Rennes II. «Les personnels de l’université ne se retrouvent pas dans ce mouvement, appuie Jean-Pierre Lethullier, enseignant d’histoire. Quelles que soient les versions positives données par certains.» Des étudiants se sont également désolidarisés de cette action «lâche, qui décrédibilise le mouvement». D’autres nuancent : «Il ne fallait pas le faire sans parler avec les riverains. Il faudra aussi aider le coiffeur dont la vitrine a été brisée.»

Des étudiants, conscients du désordre causé, ont voulu organiser un barbecue hier soir sur la dalle Kennedy pour partager leurs victuailles. Invitation déclinée par les habitants du quartier. «Il y a déjà eu assez de dégâts, constate François André. Les habitants ont un seul espoir : que le quartier retrouve son calme.»

Presse jaune (Ouest France), 13 mars 2009.


Rennes : Autoréduction réussie à Villejean !

Aujourdhui il y a eu une manif à Rennes détudiants, lycéens et personnels de léducation qui sest terminée par une belle action réussie : à 300 personnes nous avons fait une autoréduction au Carrefour Market de la dalle Kennedy à Villejean.

Tout s
est bien passé, après une négociation avec le gérant, nous avons lu le tract de laction au micro du magasin où nous avons expliqué le but de la réappropriation de la marchandise par et pour les précaires. Les clients du magasin semblaient heureux de cette bonne nouvelle et tout le monde a pu en profiter. Les clients sortaient en se frayant des passages entre les grévistes, les sacs de courses en main. Au bout de trois quarts dheure dattente de la réponse du gérant du magasin, nous avons pu sortir avec plusieurs dizaines de sacs remplis. Nous avons traversé une place bien peuplée de gens souriants pour regagner la fac, et sur le chemin les sirènes ont retenti mais les flics sont arrivés juste un peu tard.

Après avoir déposé nos courses, il semblerait qu
une personne du quartier se soit fait interpellée, nous y sommes donc retournés à 150, nous navons pas dinformation sûre concernant cette persone, si elle sest fait arrêtée ou pas. Les gardes mobiles ont essayé de nous encercler sur la place, puis nous ont juste repoussés de celle-ci. Beaucoup de gens du quartier étaient sortis, enfants, vieux, et jeunes un peu excités. Les flics nétaient pas les bienvenus, semblait-il, et face à la présence des habitants, ils nont pas pu faire grand chose.

Que ça donne l
envie à dautres de perpétrer ces actions !

Complément d’information
Àpréciser que le commissariat de Villejean sest fait éclater en représaille des arrestations, mais aussi que sur le chemin du retour une vitrine dune banque a été honorée de deux jets de pierre, et quun commerçant riverain de la banque a vu sa porte vitrée exploser. Une discussion collective a plus tard débouché sur lidée dindemniser le coiffeur, dorganiser une rencontre avec les habitants, commerçants, et militants associatifs du quartier.
Trois personnes y sont allées et ont été bien reçues, même si beaucoup de gens étaient au départ assez irrités quune telle action ait eu lieu au milieu dun quartier qui ne veut surtout pas voir débarquer dix camtars de gardes mobiles. Certains viendront à lAG prévue ce jour à Rennes II, étudiants et habitants devraient se retrouver cet après midi autour dun buffet sur la dalle Kennedy, à condition bien sûr, que les gens qui ont participé à laction puissent retrouver la bouffe (une grosse moitié a été mise à labri a priori par des personnes bienveillantes … malheureusement sans que les gens aient été mis au courant du lieu de stockage…).

Indymedia Nantes, 12 mars 2009.


Communiqué de Rennes III

Autoréduction mercredi 11 mars.

Aujourd
hui mercredi 11 mars après une manif dans le cadre du mouvement étudiant, plutôt morose, un appel est lancé à investir le métro…

La rumeur apelle à se retrouver sur la dalle Kennedy, le centre de la cité de Villejean, à quelques centaines de mètres de la fac occupée. On arrive par rames de 100, une cinquantaine de personnes sont déjà à l
intérieur du supermarché de la cité et bloquent les caisses. Lautoréduction commence et comme elle semble évidente pour tous les choses se passent. Pendant quune centaine de personnes bloquent les caisses à lintérieur et lautre protège la devanture du magasin, les flots circulent et pillent…

Parce que la façade, c
est la négociation avec le gérant, et quen vérité sil naccepte pas très vite de nous laisser sortir avec les sacs, il va se retrouver dévalisé, ça aboutit. Lheure ne semble ni à la morale ni à la restriction, et les flots se mélangent, on se retrouve avec les gens du quartier, on en a plein les poches, dautres partent avec les sacs gratuitement offerts.

Ce qu
on sait, cest quil y a eu plusieurs arrestations. Peu de manifestants, surtout des gens du quartier.

Le cortège a pu se réfugier dans la fac. La BAC présente autour de la dalle ne l
a pas joué frontale mais ne sest pas privée pour tomber sur les mômes et les autres qui rentraient seuls chez eux aprovisionnés…

Pour l
instant on est sûr de cinq arrestations. Le collectif de soutien local est sur le coup.

Une fois les provisions déposées, une centaine d
entre nous sont repartis sur la dalle, la rumeur disait émeute, ça attaque le commissariat, trop de peur, de désorganisation, quelques vitrines volent, pas assez darmes. Retour à la fac, beaucoup de monde, la suite sorganise, on pense les différentes possibilités : intervention des flics ? émeute ?…

La détermination et la joie ont gagné du terrain

Ce qu
on peut se poser comme question maintenant cest comment, quand on est ensemble, et quentre nous et les habitants la distance parait mince, comment lorganisation collective qui nous permet que ces gestes se propagent ? Comment cette alliance de force qui permet le vol en geste banal, elle se paie pas chère pour ceux qui partent seuls.

C
est pas fini, ce soir un festin sorganise, aussi un concert. Ceux qui veulent nous réduire en revendications étudiantes sont bien loin. La peur nest quà un fil de changer de camp.

La commune de Rennes III
Indymedia Nantes, 12 mars 2009.

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