Appel contre l'OTAN

Publié le par la Rédaction

L’OTAN : Une arme de destruction massive…

En effet, l’offensive du Capital contre les travailleur-se-s se traduit sous deux aspects principaux pour rebondir sur la crise systémique du capitalisme et organiser sa mutation. Le premier, les États et notamment le nôtre, maintiennent le cap d’éliminer les acquis sociaux, les services publics, le droit du travail… Bref, les «réformes» doivent passer malgré les dommages collatéraux qui suivront et qui s’ajouteront à la pléthore de travailleurs pauvres. Le second est de redéfinir la nouvelle stratégie de conquête de l’impérialisme qu’officialiseront et fêteront la France et ses alliés les 3 et 4 avril à Strasbourg en célébrant l’OTAN. Ces deux aspects sont intrinsèques, les travailleur-se-s doivent garder à l’esprit qu’il n’y a pas séparation d’intérêt entre les politiques de casse sociale et la politique internationale ; expansionniste et donc terroriste où les seules motivations sont : profits, profits et encore profits !

L’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), née en 1949, pour contrer le Bloc soviétique et cogérer avec celui-ci la Guerre froide, est un outil militaire par excellence au service des intérêts politiques, économiques et stratégiques de ses membres. Structurée pour servir de protection au Bloc occidental dont l’Europe de l’Ouest et dirigé par les États-Unis, l’OTAN est le bras armé de l’impérialisme capitaliste de l’hémisphère nord.


Au terme du Bloc soviétique et de la Guerre froide, l’Alliance atlantique devait en toute logique se dissoudre… Que nenni, elle ne cesse depuis près de vingt ans de s’étendre en y accueillant des pays de l’Europe centrale après avoir — sous couvert d’opération humanitaire, mais en fait d’intérêt capitaliste occidental — fait la guerre en ex-Yougoslavie. L’Otan ne connaît pas ses limites et au-delà de la protection active des intérêts de ses membres, une stratégie d’ingérence confirme son désir de suprématie dans le cadre de la guerre économique mondiale qu’elle livre avec les super puissances (Russie, Japon, Chine, Asie du sud-est, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique…). L’affrontement géorgien de l’été 2008 et la crise gazière ukrainienne de janvier 2009, l’intervention au Kosovo en 2004, la «révolution orange» en Ukraine en 2004, sont autant de «crises» politiques et sociales où surfe l’Alliance. Celle-ci prétend vouloir protéger les peuples et s’imposer comme gendarme face aux régimes dit anti-démocratiques, pourtant elle agit en corrélation avec la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’UE, pour organiser le pillage de la planète et la misère des deux tiers de sa population. Nos métropoles sont le fer de lance de ce processus de destruction et d’aliénation !


… contre (tous) les travailleurs !

La guerre en Afghanistan éclaire la réalité impérialiste : Les arguments de l’Otan prétendant défendre la démocratie dans le monde et notamment la population afghane est un leurre ; le gouvernement afghan ne défend pas les droits des femmes, ces dernières ne peuvent toujours pas avoir accès à l'éducation et à la santé. La prison de Lashkar Gah sert surtout à emprisonner des condamnées pour relations sexuelles illégales alors qu’en fait, ce sont les femmes qui sont victimes de viols. Les aides au développement et aux besoins sociaux versées au peuple afghan sont des gouttes d’eau comparées au déluge de fric gaspillé pour la guerre. L’aide consentie depuis 2002 est d’environ 15 milliards de dollars — agriculture, santé, éducation, reconstruction de logements, équipements publics, institutions d’État dont les forces répressives, doivent se partager cette «cagnotte». Le coût de la guerre a lui déjà dépassé les 1000 milliards de dollars et celle-ci s’amplifie… À qui profite la guerre ?

À l’extérieur de ses frontières, l’Otan installe des bases militaires au Moyen-Orient, en Asie centrale, protège entre autres des approvisionnements en pétrole, provoque et encercle l’Iran, soutient économiquement et militairement Israël, projette un bouclier antimissile en Europe de l’Est — préparant ainsi un gigantesque choc contre la Russie et d’autres puissances militaires.

À l’intérieur de ses frontières, sous le commandement des États-Unis, l’Alliance va superviser le futur conseil des ministres de l’Intérieur de l’Otan. Objectif : accroître le contrôle social (puces RFID, biométrie, vidéo-surveillance, contrôle des frontières, fichage…). Sous couvert de lutte antiterroriste, les gouvernements membres entendent surtout pouvoir réprimer face aux contestations sociales prévisibles, engendrées par la «crise économique» qui va jeter des millions de travailleur-se-s dans la pauvreté. Pire, les mesures déjà drastiques de sécurité sous l’autorité de l’UE seront bientôt subordonnées à l’Oncle Sam. À Strasbourg, avion Awacs et drones seront appuyés par des avions de combat et des hélicoptères, la ville est considérée potentiellement comme terroriste, elle sera donc barricadée et sa population archi policée pour la préparation et durant le sommet.


Pas de guerre entre les peuples
Pas de paix entre les classes !


Les sommes monstrueuses englouties dans les politiques sécuritaires et militaires, si elles étaient investies aux besoins sociaux et à la reconstruction, ici et là-bas, donneraient espoir d’un monde solidaire, les peuples ne seraient pas acculés aux replis identitaires, nationalistes et protectionnistes. La guerre reculerait avec certitude ! Pourquoi ne pas investir des milliards contre les trafics d’armes ? Pourquoi ne pas investir des milliards pour l’égalité des femmes ? pierre angulaire de l’égalité sociale. Pourquoi ne pas investir des milliards pour un droit du travail tiré vers le haut ? Pour la simple et bonne raison que la paix fait peur ! Elle fait peur aux lobbys des armes, peur aux lobbys de la finance et du patronat international, peur à toutes celles et tous ceux qui entendent exploiter leurs semblables en toute liberté. Avec l’OTAN, la démocratie est mutée en régime totalitaire !


Depuis 1966 la France ne fait plus partie du commandement intégré de l’OTAN tout en restant membre de l’alliance militaire (exemple afghan). Aujourd’hui elle veut réintégrer totalement l’organisation, son chef d’État prétend même conditionner son entrée si à «son» pays lui est attribué deux commandements. N. Sarkozy est fidèle à sa «vision», purement occidentaliste : la France (et l’UE) doit s’affirmer «dans sa famille occidentale» et dans «les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles» (Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français). Lorsqu’il déclare faire en sorte que «Paris et l’ensemble des capitales occidentales parlent désormais toute d’une seule voix…» Comme G. Bush et tous les néo-conservateurs islamophobes, N. Sarkozy est dans une logique de guerre contre tout ce qui ne relève pas des «valeurs occidentales» (judéo-chrétiennes et néo-libérales). Bref, il est au plus près d’une politique fascisante qui, pour «garantir la paix et la sécurité», prône une domination occidentale du monde, par la guerre s’il le faut !

Le Capital, pour mieux régner, divise les travailleur-se-s, aussi ceux-ci doivent renouer les liens qui les unissent. Ils et elles doivent reconstruire une vaste solidarité, seule véritable résistance contre les menaces, protectionnistes, nationalistes, de chômage et de guerre. Suffit de payer la guerre des riches contre les pauvres ! Suffit de payer un sommet dans le faste et la paranoïa sécuritaire qui se tiendra à Strasbourg, à Kehl et à Baden Baden !

Du 1er au 5 avril à Strasbourg
AGISSONS CONTRE L’OTAN !


Quelques liens sur la préparation du contre sommet :

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