Sortie scolaire à l'Assemblée nationale. Bilan : 10 élèves matraqués

Publié le par la Rédaction


Les personnels et l’ensemble des parents d’élèves du collège Jean-Jaurès de Cenon dénoncent les agressions subies par des élèves d’une classe de troisième et leurs enseignants. Ces faits se sont déroulés ce jeudi 5 mars au retour d’une sortie pédagogique à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. Alors que les élèves attendaient leur train, les CRS ont chargé dans la gare Montparnasse sans discernement les manifestants auxquels nos élèves ont été mêlés. Ils ont alors été traités avec la plus grande violence.

Ils constatent que plus de dix élèves ont été bousculés, frappés, jetés à terre, blessés comme en témoignent les certificats médicaux délivrés sur place.

Ils constatent également que tous les élèves gardent un souvenir terrorisé de cette expérience.

Ils constatent enfin que les enseignantes responsables et encadrant la sortie pédagogique ont été également malmenées au point de se voir délivrer un arrêt de travail.

Ils témoignent aux élèves et à leurs collègues victimes de ces violences policières inacceptables leur totale solidarité.

Ce comportement brutal met gravement en cause toutes les mesures éducatives et citoyennes mises en place par les personnels de l’établissement pour les élèves d’un collège situé par ailleurs en zone d’éducation prioritaire.

C’est pourquoi ils ne sauraient admettre ces violences policières et décident collectivement de déposer plainte pour coups et blessures.

Ils décident d’alerter leurs autorités de tutelles : inspecteur d’Académie, Recteur, Ministre.

Ils se tournent également vers les élus afin que les responsables soient désignés et poursuivis, pour que de tels comportements ne se produisent plus jamais.

Ce lundi 9 mars l’ensemble du personnel et des parents d’élèves appelle la communauté scolaire à manifester son indignation en participant massivement à un rassemblement au collège de 16h à 17 h.


Info du président FCPE du collège Jean-Jaurès de Cenon (Gironde)

Bonsoir,

Certains d
entre vous le savent déjà mais je vous informe que la classe encadrée hier par Mmes Pébarthe et Bretêche pour une visite à Paris de lAssemblée nationale (entre autres) a subi lassaut dune charge de CRS sur le quai de la gare de Montparnasse en attendant la train du retour : bilan une douzaine de blessés dont Mme Pébarthe et lensemble des élèves très choqué ainsi que Mme Bretêche.

J
ai décidé en accord avec le personnel de direction et le personnel enseignant et aidé par les familles touchées par ces violences dignes dun autre âge dassocier tous les parents FCPE à être solidaires avec les actions suivantes :
1)  Dépôt de plaintes contre l’État avec les enseignants et la direction du collège et les familles concernées (certaines se sont vues dissuadées de porter plainte…).
2)  Appel aux différents médias régionaux : Sud Ouest, TV7 (voir le journal de 19h en boucle sur le net), France 3 (ce soir déjà avec trois jeunes interviewés) et nationaux (par le biais des syndicats denseignants et de la FCPE 33).
3)  Appel aux différents élus : maires dArtigues, de Cenon et de Floirac qui sont aussi respectivement sénatrice, conseiller général et députée.
4)  Appel au ministère de l’Éducation nationale, de l’inspection dAcadémie et du Rectorat.
5)  Diffusion de la lettre jointe.
6)  Appel généralisé pour une manifestation la plus large possible lundi 9 mars de 16h à 17h devant le collège.

Cette affaire risque de prendre une tournure «très politique» jusqu
au niveau national.

Merci de diffuser ces infos de manière la plus large possible et à lundi.

Courriel, 6 mars 2009.


La journée-découverte se termine très mal


Coincés à Paris entre étudiants et CRS, des collégiens de Cenon (33) ont été bousculés et frappés par les forces de l'ordre à la gare Montparnasse.

Jusque-là, ce jeudi avait été plutôt chouette pour la classe de 3e C du collège Jean-Jaurès à Cenon. Arrivés tôt dans la capitale avec leurs professeurs de français et d’histoire-géo, ces adolescents de la banlieue bordelaise avaient commencé par l
objectif premier de cette journée-découverte : lAssemblée nationale. Dans ce haut lieu de notre République, ils avaient assisté à une séance parlementaire. Mais après la tour Eiffel et le musée du Louvre, ils ont fait connaissance avec les Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Impression radicalement différente.

«Il était 19 heures et nous attendions notre train devant les voies de la gare Montparnasse», raconte Corinne Pébarthe, l
une des deux enseignantes. «Après le passage dun groupe de manifestants étudiants qui chantaient, les CRS ont surgi très vite.» Les témoignages semblent concorder : venus de plusieurs endroits à lissue de la manifestation qui a eu lieu à lextérieur, une trentaine de policiers chargent en direction des étudiants … sauf que cela se passe dans un hall de gare bondé à cette heure. «On sest retrouvés coincés», raconte Jordan Torres. «On criait quon était des collégiens mais rien à faire : jai pris des coups de matraque aux jambes et au poignet.» Une dizaine dautres élèves sont frappés. «Jai été plaquée contre un distributeur de boissons», raconte Mme Pébarthe. Entorse cervicale. «Et pas une explication lorsque je suis allé voir le lieutenant.»

Dépôts de plainte

Dans le train qui les ramène enfin vers Bordeaux, les élèves et leurs accompagnatrices sont choqués. Une femme-médecin militaire de Mont-de-Marsan les examine et les réconforte. Les blessures ne sont pas graves mais les contusions réelles. «Mon fils voulait devenir gendarme», soupire José Torres. «Même si je lui ai expliqué que c
était exceptionnel, il est bouleversé. Ce qui sest passé est incroyable.»

Hier, il a porté plainte pour violences sur mineur, comme plusieurs parents, comme les deux professeurs, comme le collège Jean-Jaurès. «Le choc était général», explique Sylvie Védélago, principal de l
établissement. Dans un communiqué, le Snes (Syndicat national des enseignements de second degré) sinsurge contre «la violence gratuite des forces de lordre», réclamant que toute la lumière soit faite sur ces événements. La sénatrice-maire dArtigues, commune voisine, a écrit au Premier ministre et à la ministre de lIntérieur. Des gendarmes sont venus auditionner enseignants et enfants présents. Les plus touchés étaient restés chez eux. Jordan est au repos pour huit jours.

Yannick Delneste - Sud Ouest, 7 mars 2009.

Publié dans La police travaille

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