Lettre de prison de l'anarchiste grec Ilias Nikolau

Publié le par la Rédaction


À l’aube du 13 janvier, j’ai été arrêté dans l’ouest de Thessalonique suspecté d’une explosion qui s’est produite dans le commissariat de la police municipale.

Cela s’est produit un an après qu’en novembre 2007 une accusation incroyablement gonflée ait été lancée contre moi et trois de mes compagnons. Cette accusation a mis l’un d’entre nous en prison et poussé les trois autres à prendre la fuite.

La chasse aux sorcières a commencé. Nous avons vécu un décembre plutôt chaud et une situation qui a clairement démontré l’absence de paix sociale. La paix sociale n’existe que dans l’imagination de ceux qui ne peuvent comprendre que la réalité est marquée par une guerre civile permanente. Avec un camp révolutionnaire qui se rebelle contre cette monstruosité démocratique. La rage a remplacé la peur et en lieu et place de l’assentiment est apparu le rejet. Le mois de décembre, tel un signal des temps qui viennent, a révélé une division très claire entre ceux qui alimentent, maintiennent et défendent le Pouvoir et ceux qui le combattent. Il ne s’agit maintenant ni de regarder en arrière et avec nostalgie les cendres qu’a laissées l’insurrection sur son passage. Il nous faut comprendre et exprimer les signes du présent et du futur. Les signes qui existent déjà et ceux qui vont arriver. Les signes d’une guerre sociale sans pitié. Si nous voulons que se produisent les moments du rejet, de l’insurrection et de la dignité, nous devons armer nos mains et nos désirs de manière décidée et organisée. Je suis contre ceux qui pensent que les manifestations et protestations pacifiques changeront quelque chose, car ils sont déjà morts. Ils traînent leurs cadavres dans les rues, dans les syndicats et dans les luxueux bureaux de leurs petits chefs. Je me place du côté de ceux que guide la dignité et me joins à ceux qui ressentent l’inaltérable volonté de perturber et détruire cet immense cimetière. La prison est une étape supplémentaire pour un rebelle.

Une étape de captivité. À tous ceux qui pensent qu’ils m’ont vaincu — qu’ils nous ont vaincus… Pour moi et mes compagnons ça fonctionne à l’inverse ! Car tant qu’il y aura des prisonniers de guerre, nous continuerons à lutter. J’envoie des saluts chaleureux et rebelles à mes compagnons et aux révolutionnaires de partout. Liberté pour tous les prisonniers de la révolte.

Liberté pour Yannis Dimitrakis,
Poli Georgiadis et Yiorgos Voutsi-Bogiatsis
et pour tous les otages de la démocratie.

Ilias Nikolau
Prison d’Amfissa, 19 janvier 2009 / OCL.

Publié dans Grèce générale

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