Les mercenaires de l'ordre

Publié le par la Rédaction

En chaque policier que nous croisons dans la rue ou les transports en commun, y aurait-il un petit Sarkozy par délégation ? Poser la question est déjà un début de réponse ! Même volonté de nuisance envers les immigrés «visibles», et les contestataires par trop remuants, qu’il convient de ramener à la raison, avec des arguments plus ou moins violents. Même mépris vis-à-vis de la misère. Même volonté d’encadrer la société avec le développement du contrôle social. En chaque policier, posté dans une gare ou sur le lieu d’une manifestation, il est possible de trouver le défenseur d’un ordre nullement menacé. À son niveau, le policier veut se persuader qu’il est l’authentique bras armé du président de la République et, par délégation, du ministre de l’Intérieur, du préfet de police, ainsi que de son supérieur hiérarchique direct. D’où cette certitude, affirmée dans le ton, les ordres aboyés, l’arrogance affichée envers le citoyen sans problème qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Au service d’un pouvoir fort, les policiers ont tendance à devenir un corps étranger au pays. Ils se veulent, de fait, chacun à son niveau, les tuteurs de notre société, et même nos maîtres à penser. Ce qui les rend indifférents, insensibles même aux problèmes sociaux et économiques de leurs concitoyens. Au nom de la religion de l’ordre, dont ils se veulent les grands prêtres, les policiers de ce pays, par leur comportement, donnent le sentiment que la défense des libertés démocratiques est devenu le dernier de leurs soucis.

Maurice Rajsfus
Éditorial du 28e numéro de Que fait la police ?, mars 2009
Bulletin d’information anti-autoritaire.

Publié dans La police travaille

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