Inculpés de Vincennes : Maintien de la levée d'écrou pour M. El Ouertani

Publié le par la Rédaction


Il y a quelques jours nous vous avions informé à propos de l’appel fait par le parquet, donc l’État, contre la décision de levée d’écrou de M. Slaheddine El Ouertani, l’un des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes tombé dans le coma le 4 novembre suite à un problème à la prison de Fresnes.
La cour d’appel a décidé de confirmer cette levée d’écrou. Ouf !
La lutte continue, pour lui, pour les sept autres inculpés et pour la liberté, liberté qui ne serait pas suspendue à des bouts de papiers !
Par courriel, 4 mars 2009.


L’État signe l’arrêt de mort de Slaheddine El Ouertani en voulant le remettre en prison

M. El Ouertani, sur la situation duquel nous avons récemment attiré l’attention dans un précédent communiqué, était enfermé au centre de rétention de Vincennes lorsqu’un Tunisien comme lui, M. Souli, y a trouvé la mort le 21 juin dernier. Avec les autres retenus il a cherché à savoir pourquoi leur camarade était décédé, mais face à leur détresse et interrogations ils n
ont eu comme seule explication que coups de matraque et gaz lacrymogène.

Le lendemain tous les retenus se révoltaient et le centre brûlait. Comme sept autres personnes, M. El Ouertani a été inculpé pour la destruction de cette prison. Il a alors été enfermé en détention préventive à Fresnes sans date de procès. C’est là, dans sa cellule, que le 4 novembre, il a été, selon la presse, victime d’une agression et qu’il est tombé dans le coma. Rappelons qu’il était sous la responsabilité de l’État français, comme l
était M. Souli mort à la prison pour étrangers de Vincennes, faute de soins.

Il a alors été transféré dans la toute nouvelle unité hospitalière sécurisée inter-régionale de la Pitié Salpêtrière, une prison dans l’hôpital.

Presque quatre mois plus tard, le 23 février, le juge d’instruction décide de lever l
écrou (cest-à-dire de suspendre la détention préventive) de M. El Ouertani. Il est alors transféré dans un autre service qui nest pas spécialisé dans le traitement des comateux. Aux dires mêmes du personnel ce service nest pas adapté à létat de M. El Ouertani mais il peut cependant enfin y recevoir des visites. Dès la semaine prochaine, des médecins doivent se réunir pour enfin lui trouver une place dans le service adéquat. Car, dans un environnement favorable, M. El Ouertani peut récupérer ses facultés.

Mais l’État s’acharne et dès cette levée d’écrou, le procureur de la République a déposé un «référé détention» pour ré-emprisonner M. El Ouertani. Le résultat doit être rendu mardi 3 mars au TGI de Paris.

Remettre M. El Ouertani en prison serait le condamner.

Nous exigeons la libération, des soins appropriés, le retrait des poursuites et la régularisation de M. El Ouertani et de tous les inculpés de lincendie du centre de rétention de Vincennes.

Liberté sans retenue, 1er mars 2009.

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