Premier et dernier communiqué du comité de soutien Couvin-Chimay (Belgique)

Publié le par la Rédaction


Le comité n’est pas dupe des lois anti-terroristes : ni des menaces agitées pour les justifier, ni de leur fonction véritable, qui est de fournir un cadre légal à l’éradication de toute contestation politique un peu réelle — avec la possibilité inédite de réprimer sur simple base d’un comportement tenu pour suspect.

À l’heure où le taux de confiance accordé aux gouvernements touche le fond pollué de la Mer du Nord, ceux-ci cherchent fébrilement à se prémunir contre tout ce qui est susceptible de les plonger dans quelque Grèce bouillante. Cette réaction tétanique explique non seulement ces lois inquisitrices mais encore l’inflation de dispositifs de contrôle, de surveillance et de fichage.

S’il faut ficher tout le monde, s’il faut traquer toute manifestation de déviance ou d’irrespect par rapport à la norme sociale, c’est que le danger peut surgir de n’importe quel point de cette cage vermoulue nommée société.


Car ce ne sont pas seulement quelques Flamands qui sabotent leurs radars routiers : plus personne ne parvient à se passionner pour les impasses proposées par le système — à l’exception notoire d’une poignée de benêts volontaires identifiés sous le nom d’«éco-citoyens».

Aussi, tous les recours sont bons pour tenter de faire adhérer : de l’étalage intime sur Facebook au tri des déchets en passant par le commerce équitable ou le financement coopératif d’une éolienne, pour ne rien dire des cours de citoyenneté qui annoncent les «écoles d’éco-citoyenneté» déjà largement répandues en Allemagne. En cas d’échec d’une ré-incorporation en douceur, restent, in extremis, la traque administrative aux incivilités, les incitations à la délation et toute une production leucémique de lois répressives, dont l’acmé se traduit par les procédures d’exception.

Le 11 novembre dernier doit donc être entendu comme une déclaration de guerre, dont il n’y a pas à s’indigner, mais à prendre acte. Par exemple, si nous nous défions des téléphones portables, ce n’est pas parce qu’ils garantissent un futur durable aux spécialistes des tumeurs de la glande salivaire et du nerf auditif, mais davantage parce qu’ils nous font l’effet d’un exo-puçage synonyme de balisage électronique. Quant à la création de ce comité, elle est pour nous une occasion supplémentaire de quitter l’isoloir à quoi se résume l’existence sociale et politique dans cette civilisation en tous points pathologique.

C’est de communautés de lutte palpables dont nous avons impérieusement besoin. Aussi le présent communiqué constitue-t-il la première et dernière intervention virtuelle de notre comité qui, déjà, se dissout dans l’état d’esprit qui habite tous ceux et celles qui s’organisent et qui luttent.

Quand même : fin janvier, une soirée de projection-débat.

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