Un lancer de sabot... général ?

Publié le par la Rédaction


«Sabot» est la racine du mot sabotage. Une des explications dit qu’au début du XIXe siècle les travailleurs qui voulaient un congé, ou qui voulaient lutter contre le patron pour moins d’heures de travail, pouvaient jeter un sabot dans les machines d’une usine ou d’une ferme, endommageant ainsi l’outil, et ne travaillaient plus jusqu’à ce que la machine soit réparée. (Wikipédia)

Ce n’est pas d’avoir manié un sabot, mais un mousqueton de fer, des clous, du chlorate de soude… dont sont accusés Isa, Damien, Juan, ceux de Tarnac… Ils pourraient être suspectés de sabotage, mais pourquoi de terrorisme ?

Couper une autoroute, bloquer un lycée, une chaîne de production, un supermarché, un port, une gare… il n’est pas nouveau de jeter un «sabot» dans les rouages des machines étatique et économique. Si le pouvoir recourt aujourd’hui aux lois scélérates «anti-terroristes» contre de supposés ou réels sabotages, c’est qu’il subodore une nouvelle attitude de lutte, à une échelle de masse. Lors de la grève du 29 janvier, les grandes manifestations portaient une colère sourde. À saintNazaire, après une matinée de blocage du port, des manifestants se sont affrontés aux CRS. C’était des «anarcho-autonomes» ?


Des peines de prison ferme sont tombées. Et pour ceux arrêtés place de l’Opéra à Paris, hors des réseaux militants, quel a été le verdict des comparutions immédiates ? Le gouvernement et les directions syndicales et politiques appréhendent peut-être un sabotage collectif : une grève qui sorte des cordes. Pour le moment on en est aux escarmouches, aux tâtonnements, mais le fouet de la crise n’offre que deux alternatives : reculer et tout avaler ou avancer en sortant des rails syndicaux et institutionnels.

En sachant que les combats de rue, bien qu’inévitables, sont pour l’instant assez stériles face à un État policier extrêmement développé. Il s’agit d’être imaginatif. Être là où il ne s’y attend pas. Pour retrouver l’ivresse de transgresser la grisaille morne de notre vie. Nous sommes au milieu du gué.

Résistons ensemble no 72, février 2009
Contre les violences policières et sécuritaires.

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