CNT Cheminots

Publié le par la Rédaction


Suite à la création d’un syndicat CNT dans l’Ain (CNT Interpro 01), nous avons décidé de relancer une démarche visant à recenser les cheminots syndiqués à la CNT mais actuellement isolés.
Parmi les adhérents d’Interpro 01, nous comptons deux camarades qui travaillent à la SNCF, à Ambérieu-en-Bugey, site de fret dans l’Ain, entre Lyon et Chambéry. Nous savons que d’autres cheminots, dans d’autres secteurs géographiques, sont syndiqués à la CNT.

Les buts sont :

Mettre en contact les cheminots au niveau national, se fédérer pour lancer des actions et exister syndicalement dans le milieu ferroviaire (à la SNCF et aussi dans les autres boîtes de transport ferroviaire qui se multiplient).

Renforcer la CNT aux chemins de fer en agissant et en se faisant connaître auprès des cheminots.

De multiples raisons poussent à implanter la CNT dans le monde ferroviaire :

1. La direction de la SNCF met en place, depuis un certain temps, une politique d’éclatement de l’entreprise, voulue par le gouvernement et ses prédécesseurs :
—  Il n’est plus question d’usager mais de client.
—  Les installations ferroviaires se dégradent de plus en plus.
—  Filialisation des différents services de la SNCF : fret, voyageur TER en 2009, et très rapidement, d’après les déclarations de Pepy, président de la SNCF, de la partie gestion de l’infrastructure (postes d’aiguillage…).
—  Sans compter la dégradation des conditions de transport pour les usagers, des conditions de travail pour les cheminots et la volonté de la direction de la SNCF de mettre au rebut la réglementation du travail (RH077).

2. Les entreprises ferroviaires privées, nouvellement créées (EWS, Véolia, Euro Cargo Rail, etc.), proposent des conditions de travail au rabais qui ont déjà amené leurs employés à des revendications et préavis de grève (amplitude de travail excessive, non paiement des heures supplémentaires, etc.), et des incidents de sécurité graves par manque de formation des agents.

3. L’attitude des syndicats en place génère beaucoup de mécontentement chez les cheminots. La grève de novembre 2007, contre la réforme des retraites, est révélatrice de ce ras-le-bol : durant une semaine, sans la tutelle des organisations syndicales, le mouvement était très dur et autogéré par les AG. Les «culs-de-plomb» syndicaux, que sont les permanents fédéraux et apparatchiks des syndicats réformateurs, n’ont eu qu’une idée en tête : nous faire reprendre le boulot, coûte que coûte, pour enfin pouvoir s’asseoir à côté de leurs vrais camarades, que sont les dirigeants de la SNCF, et négocier les miettes du gâteau.

Cela fut fait et la réalité s’imposa à tous les cheminots ce jour-là : ces gens-là ont plus peur des cheminots que de nos patrons (car, lancés comme nous l’étions, ils ne nous contrôlaient plus).

Leur frilosité suspecte et collaborationniste avec la direction amène, malheureusement, certains collègues à renoncer à toute idée de lutte. Cette conséquence accentue la trahison faite à la classe ouvrière. D’autres, très nombreux, au contraire, aspirent à une radicalisation des luttes.


La CNT doit jouer son rôle de syndicat de combat contre l’État et le patronat, d’autant plus que certains camarades ont déjà fait ce choix et rencontrent d’autres cheminots qui sont prêts à les rejoindre.

Nous ne développerons la CNT aux chemins de fer que si la CNT Cheminots met en place une activité syndicale réelle.

L’enjeu est de taille quand on connaît l’importance du syndicalisme cheminot auprès de la population, que son rôle soit réel ou qu’il relève de l’imaginaire collectif.

Il ne tient qu’à nous, cheminots, de donner une réalité, une efficacité à notre engagement à la CNT.

Camarade cheminot
cénétiste ou sympathisant de la CNT,
fais-toi connaître !

Lionel & Cédrick - Interpro 01
Le Combat syndicaliste, janvier 2009
Mensuel des syndicats CNT.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA

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