Syndicaliste...

Publié le par la Rédaction


Être syndicaliste ce n’est pas seulement désirer une augmentation de salaire ou d’autres améliorations semblables ; ce n’est pas limiter son horizon à ces seules revendications. C’est ne jamais perdre de vue l’idéal de justice sociale et l’affranchissement total des travailleurs, idéal qui doit toujours prédominer sur les préoccupations corporatives et inspirer tous les élans de solidarité les plus sincères.

Être syndicaliste ce n’est pas s’inquiéter seulement et ne batailler que pour les avantages matériels. Ce n’est pas davantage s’enfermer hautain et dédaigneux dans sa tour d’ivoire. C’est en somme n’être ni l’égoïste qui se déclare satisfait dans sa sécurité douillette, ni le rêveur qui s’isole splendidement, qui se dit des nôtres par la pensée, mais dont la personnalité s’effraye des difficultés de la lutte ou prétend se situer au-dessus de tout ça.

Être syndicaliste, ce n’est pas se contenter de payer ses cotisations, même si c’est déjà ça, c’est faire mieux. C’est ne pas déléguer ses pouvoirs en laissant aux militants chevronnés tout le poids et toute la responsabilité de l’action. C’est ne pas suspecter à tout propos le désintéressement des responsables syndicaux qui doivent former d’autres militants à la rotation des tâches tant cela paraît souhaitable mais malheureusement pas toujours possible. C’est leur faire confiance aussi souvent qu’ils le méritent, et les soutenir par une sympathie agissante qui les stimule et les réconforte, ce dont ils ont souvent besoin. Leur nécessaire contrôle s’impose sur la base de la confiance réciproque. Nous parlons des responsables syndicaux pas des fonctionnaires syndicaux, permanents appointés durant parfois des dizaines d’années, bien loin du terrain donc.


Être syndicaliste, ce n’est pas rester indifférent aux problèmes d’orientation de son organisation syndicale : c’est suivre de très près et dans son ensemble toute l’action ouvrière ; c’est avoir sur chaque question importante, une opinion éclairée ; c’est prendre position quand il le faut.

Être syndicaliste, ce n’est pas se dépenser en gestes inutiles, en provocations, en activité vaine ; ce n’est pas être un fanfaron. C’est avoir le désir de s’instruire sur tout ce qui touche à l’évolution des problèmes économiques et sociaux. Instruire pour révolter aussi. C’est avoir la curiosité de sonder cette doctrine syndicale qu’est l’anarcho-syndicalisme, de bien la connaître et d’en étudier les lointaines possibilités de réalisation. C’est avoir l’habitude de penser et de réfléchir en tenant compte des nouvelles données scientifiques, sociologiques, statistiques…

Être syndicaliste, ce n’est pas attendre de la Révolution le chimérique et paresseux espoir de la suppression du pénible labeur quotidien et la satisfaction de tous les désirs.

Être syndicaliste, ce n’est pas attendre du Syndicat qu’il couvre toutes les défaillances et toutes les fautes qu’un travailleur peut faire au cours de son travail, même si au syndicat on est travailleur et pas juge. C’est aussi faire triompher ses droits. C’est aussi connaître les bases économiques de l’entreprise où l’on travaille : les sources d’approvisionnement, toutes les étapes de la production, les débouchés et la distribution des produits fabriqués. Même démarche pour les travailleurs de la terre. C’est aussi préparer l’ensemble des travailleurs à la gestion ultérieure de la société en supprimant le patronat et l’État. En s’appuyant sur des services publics performants contrôlés par les usagers.

Être syndicaliste, c’est être enfin partie prenante de la construction de la société future, c’est se prendre en main pour agir et être l’acteur de cette construction en raisonnant à court comme à long terme.

Le Combat syndicaliste, février 2009
Mensuel de la CNT.

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