Face à la crise... syndicale

Publié le par la Rédaction

Ce débat, organisé par le Cercle Jean Barrué (FA) et la Librairie du Muguet, s’adresse autant aux syndicalistes qu’aux non-syndiqués. Il veut poser des questions qui nous semblent d’actualité à la lueur des expériences passées d’un syndicalisme de lutte de classe.


Retraites, protection sociale, précarité, temps de travail, salaires, chômage, licenciements… Tous ces reculs sociaux en cascades, sont-ils inéluctables ?

Aux syndicalistes :
—  Sommes-nous condamnés à échouer, au mieux à «accompagner» les victoires de la guerre de classe menée tambour battant par le patronat ?
—  Sommes-nous si faibles que nous ne soyons plus capables de porter d’alternatives enthousiasmantes pour répondre aux problèmes d’une jeunesse de plus en plus précarisée et en-dehors des sentiers battus du syndicalisme d’avant-guerre (nous sommes toujours malheureusement entre deux guerres, n’oublions pas la longue liste des guerres coloniales, liste ininterrompue à ce jour) ?
—  Pourquoi ne sommes-nous plus la force d’expérimentation sociale de l’époque des Lip ?
—  Pourquoi le débat syndical est-il autant appauvri ? Quelles sont les grandes questions portées par le syndicalisme français, voire européen aujourd’hui ? Est-ce le «serons-nous encore représentatifs demain après la loi inspirée de l’alliance CGT-CFDT-Medef ?» ou bien ne devrait-ce pas être «comment pouvons-nous être utiles aux exploités d’aujourd’hui ?»
—  Est-ce que la dynamisation de courants syndicaux n’est pas une voie pour dépasser le compromis nécessaire à l’action syndicale de masse, mais sclérosant pour le renouvellement devenu indispensable aujourd’hui ?

Aux non-syndiqués :
—  Pouvons-nous laisser «l’entreprise», ce lieu crucial de l’exploitation économique en friche ?
—  Pourquoi la jeunesse « militante » du mouvement altermondialiste ne se retrouve-t-elle pas dans la nécessité de mener son combat au sein des entreprises, actrices essentielles de la mondialisation ?
—  Pourquoi le discrédit des organisations syndicales devient-il le discrédit de L’organisation syndicale pour que le plus grand profit des patrons, des actionnaires, des dirigeants et bénéficiaires du «système» ?
—  Comment peut-on dénoncer une politique au service de l’entreprise et de leur rentabilité (exploitation des travailleurs sans-papiers, pillage des ressources du tiers-monde, discriminations tous azimuts, pollutions, atteintes aux libertés, colonialisme…) et ne pas juger indispensable de mener ce combat DANS le lieu du crime, qu’est l’entreprise ? Le PATRON devenu ENTREPRENEUR a-t-il réussi à se faire une beauté séduisante ? Le paradoxe n’est-il pas d’être anticapitaliste en dehors de son temple qu’est l’entreprise ?
—  Qu’est-ce que les sceptiques du syndicalisme proposent comme alternatives ? Car nous sommes bien loin de la période des conseils ouvriers et de l’autonomie ouvrière à la base…

En débattre pour agir : en tout cas, nous, organisateurs de ce débat, vous proposons d’alimenter la réflexion en revenant sur une période importante du mouvement syndical, celle des années 70 à fin 80, où l’élimination des oppositions syndicales a servi à mettre en action un syndicalisme d’accompagnement des grandes restructurations de l’économie (achèvement de la sidérurgie, préparation des grandes privatisations des services publics…), en particulier au sein de la CFDT. Nous reviendrons sur l’expérience de l’Alliance syndicaliste qui a regroupé de 1970 à 1980 des militants syndicaux, militants au sein du mouvement antiautoritaire, libertaire ou anarchiste, avec René Berthier.

Nous vous proposons de réfléchir sur ses quatre propositions pour que s’affirme(nt) dans les luttes et les mouvements sociaux le ou les courants anarchosyndicaliste et syndicaliste révolutionnaire :
«— Le premier point qu’il me paraît important de souligner est que la lutte sur le terrain idéologique me paraît aujourd’hui plus que nécessaire.
—  Le second point est qu’il faut préparer les militants et les travailleurs aux différentes techniques de manipulation des groupes afin qu’ils soient capables de contrer les tentatives de prise de contrôle de leurs structures par de prétendues “avant-gardes” ;
—  Le troisième point est que le travail de coordination ne pourrait plus se limiter aux organisations syndicales mais devrait s’étendre à toutes les instances du “mouvement social” qui se sont constituées en dehors du syndicalisme et des partis politiques.
—  Le dernier point est la nécessité d’étendre des relations au plan international, pour des raisons évidentes liées à la mondialisation, avec toutes les organisations proches par leurs objectifs et leurs pratiques.»

Rencontre-débat samedi 14 février 2009
à l’Athénée Libertaire
7 rue du Muguet à Bordeaux


Avec René Berthier
auteur de À propos de l’Alliance syndicaliste (1970-1980)

parue aux éditions No Pasaran..

René Berthier a animé le syndicat des intérimaires
puis est devenu secrétaire du syndicat CGT des correcteurs
et a été membre de l’Alliance syndicaliste.

Publié dans Colère ouvrière

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