Aider à mourir le monde

Publié le par la Rédaction


Nous sommes de ceux dont les noms ne sont pas placardés dans les journaux. Nous sommes de ceux qui continuent à vivre gaiement et sans complexe malgré le tapage policier. Nous sommes ceux qui pouvons continuer de dire à tous que ce monde sclérosé est en passe de mourir. Nous avons déjà rejoint la vie de la terre et du ciel, la vie communisme et nous ne la quitterons plus.

Grotesque est maître mot en ces jours d’automne. Voilà que nos sœurs et nos frères se sont fait séquestrer par la mafia gouvernementale.

Les accuserions-nous d’avoir trop joué sur le large plan publicitaire et d’avoir fui leurs existences dans le corps du capital, par leur publication la plus récente et certains projets futurs, que nous oublierions le lien profond qui nous unit à eux. Nous vivons ensemble la communauté sur terre, bien au-delà des désaccords théoriques, et ceci jusque sous le souffle pestilentiel des interrogateurs.

Que mille dissensions, que la question de se rendre public ou non aient existé, au risque de se perdre dans les méandres de cette société dépressive et sclérosée, reste vrai. La dialectique de l’inimitié revendiquée est aussi celle du capital, sur ce plan le gouvernement et la police se reconnaissent. Depuis quarante ans au moins, par des espoirs déchus, notre monde social s’écroule sous son propre poids, qui augmente toujours un peu plus. Depuis un siècle au moins le capital survit en intégrant en lui les mouvements à la marge, au dehors. Autant qu’elle le renforce dans sa puissance immédiate, cette intégration limite son étendue dans le temps, toujours un peu plus. Voilà qu’aujourd’hui la société humaine du capital affiche officiellement cette nouvelle intégration. Il nous faut en prendre acte et comprendre que déjà la motivation de la rage lui était due, qu’il faudra pour beaucoup se remettre profondément en cause pour mieux s’affirmer et du même coup se distinguer du capital. En cela nous éprouvons une continuité profonde avec chacun de nos camarades proches et lointains. Jamais ni gouvernement ni police n’entameront notre amour et notre joie à l’embrasement.

Des journalistes exhibent aujourd’hui leurs chaînes, nous ne pouvons quant à nous que danser, dans nos cellules, dans nos habitations ou sous le ciel éclatant.

Il n’y a pas d’humiliation à voir les éléments officiels d’une vie, la sienne comme celle de ses amis, désignés sur du papier journal. Pourtant, projetées sur la paperasse publique tant de choses nous sont rendues étrangères… L’humiliation ne peut avoir lieu car le lien révélé est celui à une société humaine de par laquelle nous ne pouvons plus retirer aucune surprise. Les contradictions journalistiques sont ici si évidentes qu’il serait inutile de les nommer, il suffit de regarder le journal télé. Certaines et certains ont été rendus public, seulement nous nous tissons dans nos liens, dans notre continuité qui n’a eu et n’aura de limites ni dans l’histoire ni dans l’espace. Ceux qui se retrouvent pour l’instant à devoir se disculper peuvent compter sur ceux qui vivent près et loin d’eux, à l’ombre des arbres et des bosquets, dans l’anonymat des métropoles, pour maintenir le cap. Toujours nous resterons ; jusqu’à ce que ce triste monde disparu laisse enfin place à la vie épanouie, continue avec tout le cosmos.

Des amant-e-s de vie des dix maintenus en garde à vue,
de ceux restés à Tarnac et de tous les autres, 13 novembre 2008
Indymedia Toulouse.

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