Non à la hausse du pouvoir d'achat ! Oui à la hausse des bas revenus !

Publié le par la Rédaction


Face à ce gouvernement ultra-agressif, la question de la nature des revendications et de l’efficacité des moyens d’action est plus que jamais d’actualité. La CNT espère par ce texte contribuer au débat :

Non à la hausse du pouvoir d’achat !
Oui à la hausse des bas revenus !



Parmi les revendications unitaires de cette journée de grève interprofessionnelle du 29 janvier 2008, figure en bonne place celle du pouvoir d’achat. Qui se bat le mieux pour le pouvoir d’achat ? Édouard Leclerc ? Nicolas Sarkozy ? Les centrales syndicales ? Est-ce la même revendication de pouvoir d’achat ? Voulons-nous avoir le pouvoir d’acheter plus d’OGM ? Dernièrement, les pouvoirs publics ont affirmé que le pouvoir d’achat dans sa globalité n’avait pas baissé car la hausse des prix des produits alimentaires était compensée par la baisse des prix des produits de haute technologie. Allons-nous finir par manger des clefs USB ? La revendication de hausse du pouvoir d’achat n’est pas celle de la CNT car nous pensons que le mouvement syndical doit intégrer la dimension écologique dans l’élaboration de ses revendications, car nous défendons pour tous un autre pouvoir que celui d’acheter. Nous revendiquons pour chacun le pouvoir de maîtriser sa vie à travers une autre organisation politique et sociale. S’il est évident que la misère existe aussi en France et que nous ne pouvons donc que défendre la hausse des bas salaires et des minimas sociaux, la réflexion globale doit porter sur la qualité de la vie et non sur le pouvoir d’achat. La volonté du gouvernement actuel de nous faire travailler plus et plus longtemps, l’augmentation de la précarité, la destruction du service public, l’omniprésence des rapports hiérarchiques au travail, la guerre économique de tous contre tous sont autant d’atteintes à notre désir de ne pas perdre notre vie à la gagner.


Non à la revalorisation du point d’indice !

Chaque fonctionnaire possède un certain nombre de points d’indice et son salaire est proportionnel à ce nombre. L’augmentation de la valeur du point d’indice, si régulièrement revendiquée par les grandes centrales syndicales, conduit ainsi à l’augmentation des inégalités salariales parmi les fonctionnaires. C’est pourquoi, plutôt que la revalorisation du point d’indice, nous revendiquons une même hausse pour tous les bas salaires de la fonction publique. Cette revendication ne pourra aboutir que si, parallèlement, est demandée la même chose pour tous les salariés du privé.


Oui à une autre société !

Nous sommes dans une société dans laquelle les décisions concernant l’activité économique sont prises par les seuls actionnaires selon un seul critère : la hausse de leur profit. Pourtant ces décisions ont des conséquences pour tous, tant sur le plan social que sur le plan écologique. L’exemple d’Amora à Dijon est sur ce point frappant : des emplois sont supprimés et délocalisés, alors que l’entreprise est bénéficiaire et ce juste pour satisfaire des actionnaires qui exigent une augmentation de 10% de leurs dividendes ! Nous ne pouvons faire confiance à l’État pour empêcher ces agissements car nous avons bien vu tous les gouvernements de cette planète, de gauche comme de droite, voler au secours de leurs amis banquiers lorsqu’ils sont en difficulté. Mettent-ils en place un plan d’urgence lorsque ceux qu’ils ont mis au chômage crèvent de froid chaque hiver ? Plus que jamais l’action de l’État apparaît au grand jour : laisser un petit nombre s’accaparer les richesses lorsque la machine fonctionne, partager entre tous les dettes lorsque c’est la crise. Compter sur l’État pour «réguler» le capitalisme, c’est comme espérer que le chef des armées soit devenu pacifiste.

Les lycéens ont prouvé récemment que le gouvernement pouvait reculer. De même, les salariés et les chômeurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour empêcher les licenciements, pour interdire la précarité, pour empêcher que la production continue de croître malgré la catastrophe écologique qui couve… Ils devront pour cela utiliser les moyens d’action à leur disposition, à savoir tout ce qui inflige des dommages économiques à l’adversaire : blocages et occupations (gares, péages…) et bien sûr l’arrêt pur et simple de la production, c’est-à-dire la grève générale jusqu’à satisfaction des revendications :

Titularisation de tous les précaires,
dans le public comme dans le privé !
Hausse des minimas sociaux
et de tous les bas salaires !
Remplacement de la croissance
par la redistribution des richesses !
Rétablissement de tous les postes supprimés
dans le service public (éducation, santé…) !
Expropriation, par et pour les salariés,
de toutes les entreprises qui licencient !




Publié dans Colère ouvrière

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