Contre tous les États et toutes les guerres !

Publié le par la Rédaction


En mai dernier, Israël fêtait ses 60 ans. Les bougies ont à Gaza la forme d’incendies géants. La farine du gâteau c’est la chair, le sang et les os des Palestien-ne-s explosé-e-s par les bombes. Après ces bombes, l’offensive terrestre… bientôt les bulldozers ? Depuis le 27 décembre 2008 l’armée israélienne détruit Gaza et assassine ses habitant-e-s (le 17 janvier 2009, déjà plus de 1200 mort-e-s et 5200 blessé-e-s).

Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne fait couler le sang à Gaza, même si cette dernière attaque est particulièrement meurtrière. Se posant une fois de plus en victime, c’est la rupture d’une trêve par le Hamas qui est invoquée. Cette trêve était tout de même un peu particulière puisque l’armée d’Israël maintenait depuis des semaines un blocus sur Gaza, confisquant les droits de douane des palestinien-ne-s, et avait assassiné dernièrement des militants du Hamas. Encore une fois, la lutte contre l’organisation extrémiste et antisémite du Hamas justifie l’oppression et l’assassinat de la population civile. Rappelons qu’à l’époque où Arafat et son Fatah étaient au pouvoir, les gouvernements d’Israël avaient utilisé pour les déstabiliser ce même Hamas, organisation qui valorise d’une part la «charia», cet ensemble de règles de vie sanguinaires, autoritaires, sexistes, et d’autre part l’envoi de roquettes à l’aveuglette sur les villes proches de Gaza.

En réalité les gouvernements israéliens ne veulent pas la paix avec les Palestinien-ne-s, mais le silence quant à leur politique de colonisation. Ce serait tellement plus simple pour ces gouvernements si les Palestinien-ne-s acceptaient d’abandonner sans combattre leurs terres et leurs ressources, en se contentant d’être des citoyens de seconde classe en Israël. Ou mieux encore de la main d’œuvre étrangère peu onéreuse, à l’image des sans-papier-e-s en France que l’on peut faire travailler illégalement, avec des salaires négociés dans la peur de l’expulsion.

On veut nous faire avaler que le conflit israélo-palestinien est compliqué, que l’explication de ces luttes serait religieuse.

Il n’est pas nécessaire d’aller chercher si loin pour comprendre qu’une entreprise de colonisation est depuis des dizaines d’années à l’œuvre et que la guerre actuelle lui est essentiellement due. Les moyens mis en œuvre sont d’ailleurs communs à toutes les guerres de colonisation : offensives militaires exceptionnelles aujourd’hui, mais en période «normale», ce sont des emprisonnements massifs, des tortures, des assassinats et des humiliations en continu.

Il s’agit bien d’une logique politique de domination, soutenue par les dictatures arabes et les États occidentaux, qui organisent la guerre des opprimé-e-s entre eux-elles. L’oppression des populations arabes, des deux côtés de la frontière, s’appuie également sur l’endoctrinement d’une bonne partie de la population israélienne, soudée par la peur qui agit comme un véritable ciment identitaire au sein d’une société par ailleurs divisée. Les gouvernant-es israélien-ne-s n’hésitent pas à s’en servir pour légitimer la culture militariste de l’État et pour jouer la carte sécuritaire et nationaliste.

Nous ne devons pas nous perdre dans de funestes oppositions entre juif-ve-s et musulman-ne-s, entre Israélien-ne-s et Palestinien-ne-s etc. De telles logiques de tranchées ne font qu’opposer les populations entre elles pour le compte de dirigeant-e-s peu scrupuleu-ses-x à utiliser la superstition pour consolider les idéologies d’État (le sionisme en Israël) et de supériorité ethnique. Tout cela n’est que haine et destruction ! La seule solution, au-delà de l’arrêt immédiat de l’offensive et de l’envoi de roquettes, réside dans l’apprentissage de la connaissance d’un «autre» (qui vit juste à côté, le territoire est tout petit). Et surtout dans la prise de conscience des intérêts communs de chacun-e-s à se battre contre les dirigeants et exploiteurs des deux camps. Des organisations comme les Anarchistes contre le mur dépassent dès aujourd’hui, sur le terrain, et dans l’action directe, les discours de peur et de mort, ainsi que la division du monde en camps imaginaires.

Supprimons les armées, pour supprimer la guerre !
Remplaçons les États et les frontières par la libre coopération des individu-e-s, quelles que soient leurs origines, et œuvrons pour la révolution libertaire internationale !

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