Dole (Jura) : Les lycéens ne désarment pas

Publié le par la Rédaction

Blocus du lycée Nodier :
Les élèves toujours mobilisés battent le pavé


Plus d’une centaine d’élèves de Nodier et Duhamel ont défilé dans les rues pour poursuivre le mouvement de protestation engagé avant les vacances. Une manière de se rappeler au bon souvenir du ministre Xavier Darcos.



Si le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, pensait que la mobilisation contre sa réforme retomberait avec les fêtes de fin d’année et que pour la rentrée, tout serait oublié, les lycéens de Dole ont tenu hier à le détromper. Alors même qu’aucun mouvement national n’était prévu en ce jour de rentrée (lire par ailleurs), près de deux cents lycéens de Nodier et Duhamel ont défilé dans les rues de la cité Pasteur toute la matinée pour réclamer le retrait total du projet de réforme, pour l’instant reportée à la rentrée 2010, dire non aux 13.500 suppressions de postes programmées en 2009 dans l’Éducation nationale et condamner le principe de la veille de l’opinion. «On a choisi le jour de la rentrée pour montrer qu’on n’avait rien oublié et qu’on était toujours mobilisés», racontait David, l’un des organisateurs du mouvement. La journée avait commencé tôt — très tôt — à 5h30 du matin, pour lui, lorsqu’avec une poignée d’autres lycéens, il est arrivé en catimini au lycée Charles Nodier pour barricader les portes de son établissement. C’était sans compter sur l’intervention de leur proviseur, Mme Buisset, qui a tenté de les empêcher d’installer chaînes et cadenas sur les portes principales du lycée. Cette dernière n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Finalement, deux entrées ont été condamnées et trois heures plus tard, 200 élèves (sur 800) votaient sur le parvis de la médiathèque le blocus du lycée tandis qu’un poste diffusait Tiken Jah Fakoly.



Tiken Jah Fakoly - Ça va faire mal


Ambiance bon enfant, donc, surveillée de loin par les policiers du commissariat de Dole qui ont attendu jusqu’à 9h15 du renfort afin d’encadrer la manifestation. Mais durant l’attente, et sans doute à cause du froid, certains jeunes qui avaient pourtant voté le blocus sont retournés en cours tandis que d’autres se carapataient, filant dans la Grande rue sans attendre le mouvement. Et le cortège s’est élancé, enfin. Dans ses rangs, une centaine de lycéens remontés, slogans et banderole étirée : «Les seuls postes à supprimer sont à l’Assemblée». En tête, des écharpes et des cheveux longs : les filles venaient en première ligne. Au mégaphone, un jeune homme. Ils sont passés prendre leurs «collègues» au lycée Duhamel, à l
’heure de la récréation et sont revenus au pas de charge vers le centre-ville. Partis à 120, ils n’étaient plus qu’une petite cinquantaine en arrivant à la sous-préfecture et une trentaine à rejoindre Nodier… Le défilé s’est déroulé sans encombre.

Le blocus de l’établissement pourrait être reconduit encore demain : les lycéens ne sont pas prêts à laisser faire «la casse de l’Éducation» sans rien dire.

Tatiana Vazquez

Répétition locale avant mobilisation nationale

120 dans les rues de Dole. C’est peu par rapport à ce que les lycéens de la ville peuvent faire. Ils l’ont prouvé par le passé. Mais pour un mouvement surprise aussi local ce n’est déjà pas si mal. En tout cas, c’est une manière de maintenir la pression en attendant, sans doute, la journée du 8 janvier, date à laquelle l’Union nationale lycéenne appelle à une large mobilisation nationale. Parce qu’il est intolérable, notamment, à leurs yeux, de diminuer le budget de l’Éducation, de perdre des professeurs, de supprimer des options…


Le Progrès (édition du Jura), 6 janvier 2009.

Publié dans Éducation

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