Prise au tas à Paris

Publié le par la Rédaction

Autoréduction au Monoprix de la rue du Faubourg saintAntoine
Réveillon à la CIP

Comme à Rennes, et à Grenoble, une cinquantaine de chômeurs, précaires, intermittents de l’emploi, intermittents du spectacle, étudiants… ont bloqué cet après-midi les caisses du Monoprix de la rue du Faubourg saintAntoine.

Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaire) ou de prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons.


Une partie des produits ainsi distraits au commerce va être fournie aux sans-papiers de la Bourse du travail de Paris occupée et aux mal logés en lutte du gymnase saintMerry.

Un réveillon des luttes a également lieu ce soir à la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de Charente, Paris 19e, Métro Corentin Cariou.

Voici le tract diffusé lors de cette action :

Nous ne paierons pas
C’est la crise. Médias et professionnels de l’économie ne cessent de nous répéter qu’elle va s’amplifier. Et nous devrions la subir chacun de notre côté, regarder silencieusement les loyers et le prix de la bouffe continuer d’augmenter.
Pourtant, en cette période de Noël et de passage à un nouvel an, la richesse matérielle de l’Occident s’expose partout face à la misère du monde ; elle déborde dans les rues à côté des sans-logis, elle scintille dans les publicités pour nous enjoindre à consommer. S’auréolant d’un espoir de croissance et de regain du CAC 40, elle se veut promesse d’avenir radieux par ces temps frigorifiés par l’individualisation et la concurrence.
Et cette richesse est bien gardée, vigilée, il faut être respectable pour y accéder, travailler plus pour gagner plus ou moins, être raisonnable et accepter n’importe quel emploi gracieusement offert, se mobiliser pour un quart de SMIC ou pour un RMI mini mini sous contrôle condamné à devenir RSA, et ça le fera pas, parce que RSA va pas du tout.
Vive la crise
Cette crise montre (si c’était encore nécessaire) la débilité d’un système où certains misent la vie des autres au casino. Et quand ils perdent c’est encore à nous de renflouer leurs bourses. D’assister les entreprises.
Pour fêter le nouvel an, nous serions censés dépenser des miettes de salaires ou une maigre prime de Noël dans les supermarchés. Qu’est ce qu’ils croient ? Ce soir nous ne jouerons pas cette fable. Nous ne paierons pas.
Pour la première fois depuis longtemps, cette crise rend palpable que le capitalisme comme période de l’histoire humaine peut arriver à sa fin.
Ici et maintenant, dans ce supermarché, nous arrêtons le flux de marchandises un temps, afin que nous soient concédées les victuailles nécessaires pour fêter cette bonne nouvelle.
D’autres ont d’ailleurs eu la même idée et se sont organisés pour se réapproprier des richesses, à Rennes la semaine dernière, à Grenoble il y a quatre jours, ou encore presque chaque jour en Grèce, où des assemblées en révolte organisent des autoréductions dans les supermarchés pour nourrir le mouvement.
L’autoréduction est une tradition de lutte des mouvements de chômeurs et de précaires que nous appelons à développer maintenant, en cette année qui s’annonce riche en révoltes joyeuses.
Étendons ces pratiques, organisons nous !
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