De la Grèce insurgée

Publié le par la Rédaction

Grèce : Série de petits attentats
à l’engin incendiaire à Athènes


Une série de petits attentats à lengin incendiaire ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Athènes visant des succursales dautomobiles, une banque et un établissement public, a-t-on appris de source policière.

Ces attentats ont provoqué des dégâts matériels et n
ont pas été revendiqués jusquici.

Une première explosion de cartouches de gaz a eu lieu mercredi soir à 00h30 locales (22h30 GMT) contre une banque à Palio Faliro, banlieue sud de la capitale, provoquant des dégâts à sa façade.

Deux heures après, des cartouches de gaz ont visé les succursales de Citroën et d
Opel dans les quartiers de Galatsi, dans louest de la capitale, et de Kallithéa, dans le sud. Au total, sept véhicules ont été endommagés.

Dans le même temps, la façade d
un établissement abritant des services du ministère de lAgriculture, près du centre dAthènes, a subi des dégâts après lexplosion des cartouches de gaz.

Ce genre d
attentats, fréquents en Grèce depuis plusieurs années, se sont multipliés au cours des trois dernières semaines, après la mort dun adolescent tué par la balle dun policier à Athènes, le 6 décembre.

Une série de manifestations et de violences urbaines ont suivi cet incident, au cours desquelles de nombreux affrontements entre les forces anti-émeutes et des groupes de jeunes ont eu lieu.

Presse terroriste :
AFP, 25 décembre 2008.




Tir de kalachnikov contre la police grecque

Lattentat a été revendiqué par un groupe inconnu, Action populaire. Le gouvernement craint un retour du terrorisme national, dans un climat social très tendu.

Près de trois semaines après le début des émeutes à Athènes, le pays est toujours sous tension. La preuve, ce mardi, un car de police a été atteint par deux coups de feu dans le quartier de Goudi, près du campus universitaire de la capitale grecque. Les tirs, qui proviendraient d
une kalachnikov selon les experts, ont crevé les pneus du fourgon sans faire de blessés.


Cet acte a mis en émoi les autorités grecques, car l
attaque a été revendiquée via un appel téléphonique anonyme du groupe Action populaire. Un groupe inconnu mais dont on sinterroge sur la filiation avec le «17 novembre». Appelée ainsi en lhonneur des étudiants insurgés contre la dictature en novembre 1973, cette organisation terroriste est lauteur de plus dune vingtaine dassassinats revendiqués. Elle a notamment causé la mort de quatre diplomates américains et de Pavlos Bakoyannis, premier mari de la ministre des Affaires étrangères actuelle. En 2002, les principaux membres de cette organisation ont été arrêtés et condamnés. Depuis, plusieurs groupuscules sont apparus comme des avatars du «17 novembre», provoquant des attaques ciblées mais sans jamais faire de morts.

Aujourdhui, cest la violence des moyens employés par ce nouveau groupe qui a véritablement alarmé les autorités et intrigué lopinion publique : «Jamais dans lhistoire du pays, un groupe anarchiste ou terroriste na utilisé de kalachnikov. Même larmée grecque nen a pas», remarque lanalyste politique Giorgos Delastic.

Droit d
asile universitaire

«Nous avons des doutes sur l
existence réelle du groupe Action Populaire et sur qui se cache véritablement derrière ces personnes. Ces actes sont inédits et très inquiétants. Mais une chose est sûre : les tirs sont partis de lenceinte universitaire, ce qui de facto relance le débat sur le droit dasile dans les facultés.» Lasile universitaire est, en effet, au cœur dune nouvelle polémique entre le gouvernement et lopposition. Ce droit, hérité de la résistance à la dictature des colonels et inscrit dans la Constitution, empêche la police dintervenir dans les universités. Conscient des dérives que cela implique (trafics de drogue, etc.), notamment dans lenceinte de lÉcole polytechnique, dernier bastion des anarchistes du pays, le gouvernement conservateur de Costas Caramanlis a essayé de réformer la loi depuis 2004. Les étudiants, lensemble des partis de lopposition et les conseils universitaires ont toujours rejeté cette proposition. De même, lorsquau lendemain de lattaque du fourgon de police, le procureur de la République a autorisé la brigade antiterroriste chargée de lenquête à pénétrer dans le campus doù provenaient les tirs, ils se sont heurtés au refus catégorique du recteur de lUniversité.

Après les semaines mouvementées qu
il vient de vivre et en pleine réflexion pour le prochain remaniement ministériel annoncé pour début janvier, le premier ministre navait pas besoin de cette inquiétude supplémentaire. Dautant que cela laisse présumer dun début dannée encore plus brûlant, les étudiants et lycéens rejoints par les syndicats et soutenus par une grande partie de la population se préparant à manifester massivement dès le 9 janvier prochain. Et si la violence recommençait ?

Presse terroriste :
Alexia Kefalas - Le Figaro, 24 décembre 2008.

Publié dans Grèce générale

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