"Je m'engage à arrêter l'aide personnalisée"

Publié le par la Rédaction


Aujourd’hui à Montpellier, près de 200 enseignants du primaire ont remis des lettres de «désobéissance» à leur inspecteur dacadémie. Ou comment refuser dappliquer les réformes Darcos pour obtenir leur retrait.

Entre 150 et 200 enseignants se sont rassemblés cet après-midi devant le rectorat de Montpellier, pour remettre un total de 383 lettres de désobéissance signées et adressées à l’inspecteur d’académie de l’Hérault. Un modèle de la lettre est téléchargeable ici.

Une lettre dans laquelle chacun d’entre eux a écrit, nominativement : «Je m’engage  à suspendre ou arrêter l’aide personnalisée», «Je m’engage à refuser le fichage de mes élèves dans l’application Base-élèves», ou encore : «Je déclare que je ne remplirai plus de déclaration d’intention préalable de grève.»

Ce mouvement, soutenu par une intersyndicale composée du Snuipp 34, du Snudi-FO 34, de Sud Éducation 34 et de la CNT Éducation 34, a été amplifié par les sanctions prises récemment envers plusieurs enseignants qui s’étaient lancés individuellement dans la bataille. Ainsi, Alain Refalo et Bastien Cazals, deux instituteurs qui avaient choisi d’envoyer leur propre lettre de désobéissance il y a quelques semaines, étaient présents.

«Créer un rapport de force»

«Aujourd’hui, ce mouvement devient un mouvement collectif de désobéissance civile. Nous allons créer un rapport de force tel qu’il sera impossible de nous sanctionner», a déclaré Alain Refalo sous les applaudissements. «C’est la preuve que je ne suis pas un cas isolé», a souligné Bastien Cazals, qui s’est vu retirer 8 jours de son salaire de décembre et envers qui une procédure disciplinaire a été ouverte hier.

«Ce matin, l’assemblée générale a décidé de poser un ultimatum à l’inspecteur d’académie. Si au soir du 6 janvier, il n’a pas retiré les sanctions contre Bastien Casals et [deux directrices qui ont refusé de remplir la Base-élèves ndlr], nous appelons l’ensemble des collègues à une grève totale le 13 janvier», a annoncé Joël Vézinhet du Snuipp-FSU.

Occupations massives d'écoles

À 15h30, une délégation de l’intersyndicale était reçue au rectorat, pour remettre les 383 lettres. «Il ne s’agit pas de lettres symboliques. Elles signifient qu’à partir de la rentrée, nous n’appliquerons plus l’aide personnalisée. L’objectif est que soient retirées toutes les mesures Darcos», a rappelé Benoît Guerrée, de la CNT Éducation.

«Pour nous, l’action des lettres est un intermédiaire. Quand il y aura des occupations massives des écoles par les parents et les enseignants, on n’en aura plus besoin», a confié en aparté Patrick Toledano, secrétaire académique du Snuipp-FSU, que le recteur a demandé à recevoir demain en urgence.

«Le recteur est très inquiet. Il a peur d’être débordé par la situation. Nous sommes dans un mouvement ascendant que les RG suivent de très près», assure le syndicaliste.

Carole Rap - Libération, 17 décembre 2008.


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