La CGA solidaire des luttes sociales en Grèce

Publié le par la Rédaction

Solidaires face à la répression meurtrière

Alexandros assassiné par la police

Le quartier d’Exarchia au centre d
Athènes, un des lieux phares depuis la lutte contre la dictature des colonels, concentre une présence libertaire et contestataire très importante. Samedi 6 décembre un échange d’insultes entre un groupe de jeunes et deux policiers dégénère. Un des policiers sort alors son arme et tire trois balles. Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans, est touché au thorax, et meurt quelques minutes plus tard.

Il ne s’agit pas comme le laissaient entendre les médias officiels, relayant la version policière, d
une mort accidentelle mais bien d’un assassinat comme les témoignages des habitants du quartier l’ont attesté. Dès cet instant, des manifestations spontanées de protestation n’ont cessé partout dans le pays. Les révoltes, dans les plus grandes villes du pays, prennent pour cibles principales les institutions du Capitalisme et de l’État : banques, commissariats etc.

Ces évènements ont lieu dans un contexte économico-social explosif, du fait de la dégradation des conditions de vies en Grèce, alors que les mouvements sociaux y sont particulièrement combatifs face à la politique réactionnaire d
un État empêtré dans une profonde corruption : luttes de sans-papiers, grève de la faim de prisonniers, mobilisations contre la libéralisation du système déducation et le démantèlement de la protection sociale et grève générale le 10 décembre. Ceux qui ont semé la misère, récoltent maintenant la colère.


Solidarité sans frontières pour une autre société

Sous toutes les latitudes et en tous temps, face à la contestation, la réponse des gouvernants est la répression et les arrestations de masse. Contrairement aux déclarations du ministre de l
’Intérieur grec qui promet la tolérance zéro et se retranche derrière la falsification : «la police et le mécanisme étatique agissent sur la base de la protection de vie humaine, de la propriété des citoyens, et de la démocratie», il est important daffirmer notre solidarité aux dizaines de milliers de Grecs qui occupent les rues du pays depuis ces derniers jours.

Nous savons que dans le contexte d’offensive capitaliste au niveau mondial, c
est dune riposte internationale des exploité-e-s et des opprimé-e-s contre la domination dont nous avons plus que jamais besoin. À ce titre, les luttes sociales en Grèce sont aussi les nôtres.

Les logiques politiques qui entraînent la dégradation des conditions de vie — et souvent la mort — des immigré-e-s aux frontières et à l
intérieur du pays, des prisonniers, des ouvriers sur leur lieu de travail ne sont pas de simples dérives isolées mais la forme achevée de la barbarie guerrière et policière des États et du capitalisme.

C
est bien contre ces politiques quil nous faut lutter aujourdhui pour pouvoir abolir ce système meurtrier et terroriste, pour y substituer une organisation sociale fondée sur l’égalité économique et sociale, la liberté et le fédéralisme libertaire.

Partout dans le monde lÉtat réprime, assassine,
pour assurer le maintien du Capitalisme.
Organisons nous, partout dans le monde,
pour construire une société sans classes et sans État.

CGA, 11 décembre 2008.



Les heurts et les manifestations se poursuivent en Grèce

De nouveaux incidents se sont produits entre jeunes et forces de lordre à Athènes, où les violences sont quotidiennes depuis la mort samedi soir dun adolescent tué par un policier. Ce tragique événement a plongé la Grèce dans une profonde crise sociale et politique.

Malgré de nouvelles escarmouches, la police a fait état d
une «baisse de tension» par rapport aux jours précédents. À Athènes, 400 personnes se sont rassemblées dans le centre-ville. En fin de manifestation, une vingtaine de jeunes ont lancé des pierres sur des policiers près de luniversité. La police a riposté aux jets de projectiles par des tirs de gaz lacrymogènes.

Près de 1200 personnes, également membres de groupes de la gauche extraparlementaire pour la plupart, ont par ailleurs défilé dans le calme dans le centre de Salonique.

Des incidents se sont par ailleurs déroulés dans plusieurs autres grandes villes d
Europe, comme à Rome et à Bologne, en Italie, où cinq policiers et un soldat ont été blessés mercredi dans des affrontements avec des manifestants.

D
autres manifestations ont eu lieu en Espagne, à Madrid et Barcelone, et un inconnu a lancé un engin incendiaire mercredi soir contre le consulat de Grèce à Moscou. À Bordeaux, deux véhicules ont été incendiés devant le consulat de Grèce.

À Athènes, des affrontements ont éclaté entre jeunes et policiers, devant la prison de Korydallos, la principale de Grèce.

Les élèves se sont rassemblés à proximité de cet établissement pour protester contre la mort de leur camarade samedi et attendre le transfert du policier accusé de l
avoir tué. Le policier inculpé mercredi d’«homicide volontaire» devait en effet être placé en détention provisoire dans la journée à Korydallos.

Des affrontements ont également eu lieu devant la faculté d
Agronomie, occupée par les étudiants, et dans deux autres quartiers dAthènes.

Dans celui d
Exarchia, au centre-ville, où le jeune a été tué, une quarantaine de jeunes ont jeté des pierres sur les forces anti-émeutes, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène.

ATS, 11 décembre 2008.

Publié dans Internationalisme

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