Des tempêtes noires agitent l'horizon...

Publié le par la Rédaction


La récente explosion de la jeunesse en Grèce n’est pas sortie de la cuisse de Jupiter. Elle nest pas non plus isolée. Les tempêtes qui secouent la Grèce et lItalie depuis plusieurs mois maintenant, dans le plus grand silence des médias, nous indiquent des perspectives de luttes réjouissantes, qui ne se satisfont pas dattendre dhypothétiques sauveurs issus des urnes.

L
agitation contre la crise sociale est permanente en Grèce depuis cet été. Par exemple, voici, transmis par des copains de là-bas, ce qui s’est passé le 21 octobre dernier :

«La réponse de la population grecque à la crise sociale fut déjà immédiate l’année passée, de grandes manifestations ont eu lieu et beaucoup d’anarchistes y ont participé activement. Cette année la lutte continue. Le 21 octobre grève des services publics et privés … les transports publics ne fonctionnent que pour permettre de se rendre à la manifestation et les hôpitaux acceptent seulement des cas d’urgence. Les couches moyennes elles-mêmes se sont mises en grève le 22 octobre, sous le slogan “On ferme pour qu’ils ne nous ferment pas”. La manifestation, qui a eu lieu le 21 octobre, a attiré beaucoup de monde, même les retraités, qui sont tellement touchés par la crise. La présence des lycéennes et des collégiennes sous le panneau “C’est pas les livres, c’est pas les notes, ce qu’ils nous volent c’est notre vie” était dynamique, 150 lycées et collèges sont en grève depuis le début d’octobre. Les étudiants et les ouvriers étaient également très vindicatifs. La manif commence et des anarchistes entrent dans une banque, qui normalement devait être en grève, ils font sortir tout le monde et ensuite ils détruisent les ordinateurs, les distributeurs de billets de banque, les vitrines et ils y jettent un cocktail molotov, la réaction des jeunes qui étaient dehors était assez encourageante, ils criaient contre les briseurs de grève et plusieurs d’entre eux stimulaient les anarchistes à sortir l’argent et à le distribuer.»

En Italie, fait symptomatique, c’est autour de ce même mot d’ordre «Nous ne voulons pas payer leur crise», que grandit un énorme mouvement de masse, ce qui fait écrire à un internaute sur le forum de la CNT-AIT Caen :

«Ce qui se passe en Italie est très important. Cela rappelle ce qui a été fait en France lors du mouvement anti CPE. Comme en France, il y a une très grosse mobilisation nationale, toutes les villes sont touchées par des mouvements, des grèves et des occupations. Il y a dans ces manifestations non seulement des étudiants et des lycéens, mais aussi des professeurs et apparemment des gens qui n’appartiennent pas à l’éducation mais sont solidaires avec ce mouvement. D’après ce que j’ai pu lire en italien, et de ce que j’ai pu comprendre, s’organisent des meetings où des centaines d’étudiants discutent et débattent pour savoir comment développer la mobilisation. Ces assemblées ont lieu dans des endroits publics et sont ouvertes à tous. Bien sûr ce mouvement se situe dans un contexte différent de la France de 2006, à savoir qu’outre la grosse attaque qui est menée (réduction massive de financement de l’éducation, réduction massive du personnel, on parle de 87.000 suppressions de postes) il y a tout le poids de la crise financière qui s’est invitée. Beaucoup de manifestants ont scandé “Nous ne voulons pas payer la crise”. La jeune génération est dans la rue, inquiète de son avenir, et il est encore plus sombre avec les perspectives de récession qui sont devant nous.»

Ces mouvements sont très peu médiatisés en France. En fait la bourgeoisie française a peur d’en faire la publicité et que cela réveille les souvenirs du printemps 2006. Depuis 2003 les exploités reprennent une dynamique mondiale de luttes ; dans le contexte de crise actuelle, ces luttes vont se développer.

Ce à quoi nous assistons ici, dans ce pays, du grand silence des syndicats jusqu’aux discours les plus creux, n’est pas autre chose que la tentative de provoquer le découragement de tous ceux et celles qui, aujourd’hui, sentent que c’est le moment de porter des coups de boutoirs à un système qui trébuche.

On est encore loin de la révolution, mais toutes ces luttes de résistance contre les mesures que vont de plus en plus prendre tous les États du monde sont nécessaires pour que se développe la conscience que ce système est pourri, qu’il ne peut plus rien apporter et qu’il faut le détruire. Le Pouvoir a fait cette analyse, qu'il essaie de façon préventive de criminaliser toute ébauche de mouvement social autonome (c
est-à-dire où les gens sorganisent par eux-mêmes, sans direction politique ni syndicale) et toute contestation même la plus anodine (brandir une pancarte «Casse toi pov con» est passible de procès…).

Alors, les amis, ne baissons pas les bras. Si chacun prend ses responsabilités, non seulement nous ne payerons pas leur crise mais eux payeront pour tous leurs crimes. Haut les cœurs !

Pour la révolution sociale, vers le Communisme anarchiste !

CNT-AIT, 9 décembre 2008.

Publié dans Agitation

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