Quatrième nuit d'émeutes en Grèce

Publié le par la Rédaction

La direction de la police de Patras attaquée par des manifestants

Quelque 500 personnes ont attaqué mardi soir à coups de pierres et d’engins incendiaires le bâtiment de la direction de la police du port de Patras, dans l’ouest de la Grèce, a-t-on appris de source policière locale.

Les policiers encerclés par les manifestants ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Ces nouveaux affrontements interviennent après les obsèques à Athènes du jeune Alexis Grigoropoulos, tué samedi par un policier dans la capitale.

Des escarmouches ont suivi la cérémonie dans un quartier proche du cimetière ainsi que dans le centre d’Athènes devant l’École polytechnique, près du quartier contestataire d’Exarchia où l’adolescent a été tué.

D’autres accrochages ont également eu lieu mardi à Salonique, deuxième ville de Grèce, dans le nord du pays, dans le quartier des universités, selon un correspondant de l’AFP.

AFP, 9 décembre 2008 (17h31).



Des violences à Athènes après les obsèques du jeune tué par un policier

À Athènes, des jeunes ont commencé à jeter des pierres et à casser des vitrines. Des violences ont aussi éclaté entre lycéens et policiers près du cimetière où venait d’être inhumé Alexis Grigoropoulos, 15 ans.

De nouveaux affrontements entre groupes de jeunes et police ont éclaté dans le centre d
Athènes mardi 9 décembre en début de soirée, peu après les obsèques de ladolescent de 15 ans tué samedi par un policier, a-t-on appris de source policière.

Des jeunes ont commencé à jeter des pierres, à casser des vitrines de magasins et à endommager des voitures garées. Les policiers ont réagi en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Les incidents se sont déroulés sur la grande avenue Alexandras où des accrochages s
étaient produits dimanche au lendemain de la mort dAlexis Grigoropoulos qui a déclenché des émeutes dans tout le pays.

Violences près du cimetière

Par ailleurs, quelque 500 personnes ont attaqué mardi soir à coups de pierres et dengins incendiaires le bâtiment de la direction de la police du port de Patras, dans louest de la Grèce, a-t-on appris de source policière locale.

Les policiers encerclés par les manifestants ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

D
autres accrochages ont également eu lieu mardi à Salonique, deuxième ville de Grèce, dans le nord du pays, dans le quartier des universités.

Des violences ont aussi éclaté mardi après-midi entre lycéens et policiers sur une artère commerçante située à quelques centaines de mètres du cimetière où venait d
être inhumé Alexis Grigoropoulos.

Course poursuite

Des dizaines de lycéens, qui avaient assisté aux obsèques du jeune homme, s
étaient éloignés des abords du cimetière peu avant linhumation et ont commencé à mettre le feu aux poubelles et à lancer des pierres et dautres objets sur les policiers.

Les forces de l
ordre ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes pour les disperser et une course poursuite sest engagée dans les rues du quartier de Néa Smyrni, limitrophe de la banlieue de Paleo Faliro, où se situe le cimetière.

Un lycéen a été interpellé par un policier, qui le trainait sur la chaussée.

Les habitants du quartier sont sortis dans les rues en insultant les policiers. La circulation a été interrompue.


«Flics, cochons, assassins»

Alexis Grigoropoulos, 15 ans, dont la mort samedi a provoqué la flambée de violences, a été porté en terre mardi après-midi à Palio Faliro, une banlieue de la capitale proche du grand port du Pirée, sous les applaudissements de l
assistance, qui a également scandé des slogans hostiles à la police.

«Flics, cochons, assassins», ont crié des jeunes au moment où l
adolescent était porté dans un cercueil blanc vers sa tombe.

«Alexis, tu es vivant», scandaient d
autres personnes, alors que conformément à la tradition grecque lors denterrements, des applaudissements crépitaient. Soutenue par des proches, la mère suivait, pliée de douleur.

En dépit des appels de la famille à ce que les caméras soient tenues à lécart, les télévisions grecques ont retransmis en direct ces images.

L’opposition réclame la démission du gouvernement


Le chef de l
opposition socialiste grecque, Georges Papandréou, a demandé par ailleurs la démission du gouvernement conservateur et un «recours au verdict populaire», après trois jours de violences urbaines provoquées par la mort dun adolescent tué par la police.

«Le seul service que ce gouvernement puisse rendre au pays est de partir», a lancé le leader de l
opposition, sexprimant devant son groupe parlementaire du Pasok. Il a réclamé la tenue délections anticipées, en réclamant «le recours au verdict populaire pour que le peuple donne une solution».

Appel à l’unité de la nation du Premier ministre


À l
issue dune rencontre avec le Premier ministre conservateur, Costas Caramanlis, Georges Papandréou avait déjà demandé implicitement le recours aux urnes, en accusant le gouvernement dincapacité à gérer la crise.

«Le pays ne dispose pas d
un gouvernement qui puisse protéger les citoyens, leurs droits et leur sécurité», avait-il affirmé.

Plus tôt, le Premier ministre, Costas Caramanlis, a lancé un appel à l
unité de la nation et du monde politique contre les fauteurs de troubles.

«Dans ces heures cruciales, le monde politique doit unanimement et catégoriquement condamner et isoler les auteurs des destructions. C
est notre devoir démocratique, cest ce quexigent les citoyens, et cest ce quimpose notre devoir national», a affirmé Costas Caramanlis, après une brève entrevue avec le chef de l’État, Carolos Papoulias.

Le policier arrêté


Le policier qui a tiré sur l
adolescent, décrit par les médias comme un fils de bonne famille sans histoire, a été arrêté et inculpé dhomicide volontaire.

L
analyse balistique doit permettre de déterminer si Alexis Grigoropoulos a été atteint par le ricochet dun tir dirigé vers le bas après un caillassage, comme laffirme le policier responsable de sa mort, cité par des médias, ou par une balle tirée dans la poitrine après une altercation, comme lindiquent des témoins.

87 arrestations


Dans la nuit de lundi à mardi, la police a arrêté 87 personnes à la suite des violences qui ont touché le centre de la ville dans la soirée du lundi 8 décembre. La plupart des personnes arrêtées sont des pillards qui ont dévalisé des magasins du centre d
Athènes pendant les pires violences urbaines quait connues la Grèce, a-t-on précisé.

Douze policiers ont été blessés pendant les affrontements avec les jeunes et au moins dix personnes ont été hospitalisées pour des problèmes respiratoires après avoir respiré des gaz lacrymogènes tirés par les forces anti-émeutes.

Les pompiers ont dû intervenir à 190 reprises et ont éteint des incendies dans 49 immeubles de bureaux, 47 boutiques, 20 véhicules et 10 bâtiments abritant des services ministériels, ont indiqué de leur côté les pompiers.

Le Nouvel Observateur (avec AFP), 9 décembre 2008.

Publié dans Grèce générale

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