Nous ne sommes pas des répétiteurs

Publié le par la Rédaction

Pour eux l’école c’est…

Apprendre à lire, écrire et compter, voilà le programme ! Et ils habillent leur pensée rétrograde de mots nouveaux comme «socle commun». Et ils désignent la modernité sous les oripeaux anciens de la mise en concurrence et de la culture du résultat ou de l’efficacité pédagogique. Ils s’appuient pour cela sur le rôle de contrôle et de tri social dévolu dès ses origines à l’école publique.

C’est… Aux armes ! etc.

Prenons l’exemple de la Marseillaise. La recette mini-stérielle consiste à la faire apprendre par cœur pour, ensuite, ne pas la siffler. Répéter puis soumettre. Nous posons la question du sens ; ce n’est pas en répétant cette chanson qu’elle ne sera pas critiquable. La nation et son hymne seraient-ils devenus l’horizon indépassable ? D’ailleurs qui respecte cette obligation de l’apprendre ?

C’est enfermer, soumettre au travail et au devoir…

Le souci des dirigeants c’est le triptyque «lire, écrire, compter» accompagné d’une demande d’enfermement des enfants, d’enfermement des activités intellectuelles dans l’enceinte de l’école, la fin du vagabondage de l’esprit et son assujettissement au travail et au devoir [
L’École mutuelle d’Anne Querrien, p. 115, éd. Les empêcheurs de penser en rond]. Pas la peine de savoir si l’écriture a un sens, si elle sert à créer de la culture. On soumet par la répétition et on évalue. Non pas pour savoir si l’outil sert à grandir l’individu et la collectivité mais juste pour savoir si l’individu a bien automatisé ses réponses… D’où l’importance ressassée de la grammaire et de l’orthographe comme code indépassable, alors que ce ne sont que des outils pour penser et se faire comprendre.

C’est «mieux vaut une tête bien pleine qu’une tête bien faite»

Dans cette école du «lire, écrire, compter» pour enfermer, plus de problème de temps, d’apprentissage et de rythmes scolaires. Il faut répéter un certain nombre d’heures son Abécédaire en maternelle, son Bescherelle en élémentaire et son Bled au collège. Pour les mauvais on rajoute deux heures hebdomadaires ou des stages — d’enfermement ? — pendant les vacances. Et pour les très mauvais, on réinvente les classes de «perf». Donc, où est l’intérêt du RASED, ces instits qui se prennent la tête avec leurs collègues pour savoir comment dépasser la souffrance que révèle l’école ? Et puis, au cas où on serait pas convaincu, on nous rajoute une petite prime (tiens, il y a de l’argent).

Pour nous… l’enfant ne sera jamais un vase qu’on emplit mais un feu qu’on allume

Mais voilà, nous ne sommes pas d’accord. Dès l’origine, des courants pédagogiques et syndicaux se sont inscrits en faux pour donner à l’école ses couleurs humanistes ou encore ses lumières : émanciper, faire qu’on puisse devenir un adulte autonome, responsable et critique, partager la culture, critiquer le savoir, refuser de se soumettre au pouvoir dominant. Alors, ils ont beau nous appâter avec des heures supplémentaires défiscalisées (stages de remise à niveau, rémunération supplémentaire pour les évaluations de CE1 et CM2, heures supplémentaires dans le secondaire), passer en force leur réformes pendant l’été, rogner notre droit de grève (SMA), jouer sur la division syndicale, organiser la concurrence (publication des évaluations d’école, évaluation dès la maternelle, évaluation en CE1, CM2 et 6e), nous surveiller («veille de l’opinion», fichier «base élèves», fichier «Edwige»), nous intimider (convocation de divers instits, déplacement d’office de Dominique Piveteau, menaces de sanction diverses par les IA), envenimer les relations avec les parents… nous continuons de plus en plus nombreux et déterminés à nous battre pour une école qui émancipe et une vie qui vaut la peine d’être vécue ! Continuons de nous organiser collectivement, dans les AG, avec les parents, dans les écoles. Et continuons d’étendre notre mouvement, refusons clairement, officiellement, collectivement, d’appliquer leurs dispositifs. Depuis qu’on se mobilise, nous avons gagné la bataille de l’opinion : tous les syndicats enseignants, les mouvements pédagogiques, les associations d’éducation populaire, les associations de parents sont contre les réformes Darcos. Il s’agit maintenant de porter l’estoc : votons la grève reconductible.

Zéro de conduite no 55 bis, 20 novembre 2008
Syndicats CNT des travailleurs de l’éducation d’Île-de-France.





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