Sabotages SNCF : création d'un comité de soutien aux interpellés de Tarnac

Publié le par la Rédaction


Un comité de soutien aux cinq jeunes corréziens interpellés dans l’enquête sur les «sabotages» contre le réseau SNCF a été officiellement créé vendredi soir à Tarnac, le village dans lequel ils vivaient, a constaté un correspondant de l’AFP.

Ce comité, créé par trois personnes se revendiquant «de gauche», a pour principal objectif de dénoncer la manière dont les cinq personnes ont été interpellées, a expliqué lors d’une conférence de presse un des co-fondateurs, Thierry Letellier, maire de la commune voisine de La Villedieu. «Leur façon de faire était inacceptable», a-t-il souligné, estimant que c’est «une affaire qui tombe à pic politiquement». «Ce sont des gens qui fuient l’anonymat et l’aggressivité des grandes villes et que l’on vient rafler car ils ont décidé de vivre autrement et pour cela on fait l’amalgame avec des terroristes», a pour sa part dénoncé Michel Ginnaber, un habitant de la commune proche de la communauté à laquelle appartenaient les cinq jeunes. Pour ce co-fondateur du comité, créé au lendemain d’une réunion qui a rassemblé, selon les organisateurs, près d’une centaine d’habitants de Tarnac, «la façon dont on les présente est différente de la réalité partagée ici dans le village», ajoutant qu’ils «vivent de façon ouverte et sont bien intégrés». Des propos confirmés par Jean Plazanet, élu municipal et maire PC de la commune entre 1967 et 2008, qui a expliqué avoir été «le premier à accueillir» le chef présumé, un homme de 34 ans, en lui permettant de louer une chambre dans l’ancienne maison de retraite. «Il est d’une grande intelligence et gentillesse», a-t-il affirmé. Pour lui, cette vingtaine de jeunes venaient repeupler ce village du plateau de Millevaches, et donc «il y avait nécessité d’être fraternels avec eux». «Grâce à eux, il y a encore une épicerie et de quoi manger dans le village», a souligné l’élu municipal, les qualifiant de «monsieur et madame tout le monde» qui «se lèvent à 6 heures du matin pour préparer leurs légumes et les amener aux vieux». Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a annoncé vendredi l’ouverture d’une information judiciaire sur les récents sabotages à la SNCF et requis la mise en examen des neuf gardés à vue, notamment pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

AFP, 14 novembre 2008.

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