Le capitalisme est malade ? Qu'il crève !

Publié le par la Rédaction


La main invisible du marché s’est prise les doigts dans le tiroir caisse, et voilà les financiers qui renient leur catéchisme libéral, et appellent au secours l’État honni en relisant Karl Marx. C’est pourtant l’État qui a encouragé et protégé, parfois à coup de matraques, ce Monopoly géant.

Les médias, dont nous savons depuis la campagne référendaire sur la constitution européenne qu’ils sont vendus au libéralisme par l’intérêt de leurs propriétaires, le conformisme intellectuel et la connivence des journalistes, la duplicité des économistes qui se trompent et nous trompent cyniquement, essaient de nous persuader qu’il faut sauver le capitalisme et le moraliser. Mais pourquoi vouloir sauver ce système immoral par nature, si ce n’est pour protéger le privilège de la rente, c'est-à-dire la confiscation d’une part toujours plus importante du produit du travail ? Et il est spécieux de vouloir distinguer capitalisme financier et industriel, car les entreprises ont joué elles aussi en plaçant leurs actifs dans la spéculation boursière pour soigner leur résultat financier et satisfaire aux dividendes exorbitants réclamés par leurs actionnaires cupides et aveugles.

La bourgeoisie a inventé le capitalisme pour remplacer le servage par le salariat, et s’enrichir oisivement, sans produire. Au fil des siècles, elle a perfectionné ce processus parasitaire, créant par le mécanisme de la dette une masse d’argent virtuel des centaines de fois supérieure à la production réelle, nous enchaînant au crédit perpétuel et exponentiel dans une fuite en avant, comme la boule de neige qui grossit en roulant au bas de la pente, nous condamnant à produire toujours plus, à tort et à travers, au mépris de l’environnement et des conditions sociales, pour simplement entretenir une croissance sans laquelle ce pari stupide vole en éclat et l’argent disparaît en fumée. Ce qui advient aujourd’hui.

Les gouvernements, émanation «démocratique» de la bourgeoisie, tentent de sauver la mise à cette classe exploiteuse, et engagent en deux jours des sommes équivalentes au budget annuel de la nation, en omettant de dire qui va payer. L’argent de l’État dilapidé par son chef à tour de petits bras, c’est le nôtre, c’est le produit des impôts et taxes que nous versons en contrepartie des services sociaux et des infrastructures nécessaires au fonctionnement de la société , écoles, routes, hôpitaux, etc. Ce que Sarkozy donne aux banquiers et aux patrons, c’est de l’argent en moins pour le logement social, l’éducation, l’aide sociale. C’est de la dette en plus que devront rembourser les enfants de nos petits-enfants. Le ralentissement économique va jeter des centaines de milliers de travailleurs sur le pavé. Plus de chômeurs, moins de cotisations donc moins d’allocations, moins de Sécurité sociale, moins de retraites. Par un tour de passe-passe, Sarkozy promet de ne pas augmenter l’impôt, mais transfère les charges sur les collectivités territoriales, entraînant une hausse de la fiscalité locale, ce qui lui permet d’en blâmer les gestionnaires «socialistes».

L’immoralité irréductible du capitalisme apparaît en pleine lumière et nous nous préparons à des jours sombres. La crise ne fait que commencer. Un regard sur le passé nous montre qu’une crise systémique de cette ampleur a des répercussions sur plusieurs années, avec son cortège de faillites, de licenciements, de récession, d’inflation. Le roi est nu. C’est le moment historique de jeter à bas ce système vicieux, criminel pour quatre cinquièmes de l’humanité, et de construire une société plus juste, plus fraternelle, plus solidaire basée sur la liberté, le respect et le bien-être de l’individu. Une société sans exploiteurs parasites, donc sans chefs, sans État pour les protéger. Une société d’égaux, l’Anarchie.

Organisons notre colère.

L’Égalité économique et sociale, novembre 2008
Feuille des groupes lyonnais de la CGA.

Publié dans Agitation

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