Crise économique : ils l'ont pas volée, celle-là !

Publié le par la Rédaction


«Le pire est devant nous», s’alarmait une executive de la banque Dexia [La dame a préféré garder l’anonymat] croisée au hasard d’une errance dans un quartier mal famé. Tout en mettant un bémol coquin : «Nous, à Dexia, on a vu venir le krach et on a pris les devants. On s’est déclaré en faillite les premiers, et du coup l’État nous renfloue sans rechigner. Quand le Crédit lyonnais and Co vont venir pleurer, là les caisses seront vraiment vides !» Ce qui laisse à penser qu’il s’agit aussi, et peut-être surtout, d’un coup de poker menteur, d’une grande opération de redistribution/concentration des sommes folles du gros fric virtuel et global.

Mais ! «La crise a clairement atteint l’économie réelle», psalmodiait Christine Lagarde le 24 octobre. Faut-il croire que la haute finance spéculative qui gouverne la planète ne fait pas partie de «l’économie réelle» ? Que l’immense Monopoly des nababs de la Bourse se joue hors du monde, sur un mont Olympe peuplé de dieux jouisseurs et coléreux ?

Ce que Lagarde cherche à nous faire gober, outre la peur panique de voir les foudres du Marché s’abattre sur nos pauvres têtes, c’est qu’au bout des comptes ça va être encore à nous de casquer. Et ça, on le savait déjà.

Cette crise n’est pas un épiphénomène du capitalisme. Pas un excès passager et rectifiable. Elle en est le cœur même, l’apogée, l’acmé. Et le bord du gouffre en même temps.

«Nous risquons d’être confrontés à la révolte des classes populaires et des classes moyennes qui rejetteront une mondialisation qu’elles ne vivent plus comme une promesse mais comme une menace», prophétisait Nicolas Sarkozy le 23 octobre à Argonay.

Hé ? Les filles ! Ho ? Les gars ! C’est Sa Petitesse elle-même qui le dit. Plus personne ne l’écoute ou quoi ?

CQFD no 61, 15 novembre 2008
Le journal de l’erreur économique.

Publié dans Agitation

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