À eux les profits, à nous les restrictions ?

Publié le par la Rédaction


Dans le contexte de la crise financière, les députés, ces prétendus représentants du peuple, n’ont rien trouvé de mieux que de rogner sur la moindre petite avancée pour les salariés, en décidant de supprimer la prime de transport.

Sans compter que depuis des années on nous parle de restrictions budgétaires, de critères de Maastricht pour privatiser tout ce qui peut l’être et réduire le nombre d’hôpitaux ou d’enseignants, et que subitement tous les gouvernants d’Europe et d’ailleurs trouvent des centaines de milliards à donner aux banquiers et aux entreprises et multiplient les exonérations diverses et variées.

Pour les travailleurs, il ne reste jamais que les miettes et encore : cette «prime» de transport qui était dans le projet de loi de finances 2009 ne prévoyait simplement que le paiement de la moitié des frais de transport que supportent les salariés pour venir travailler, et encore ce paiement restait facultatif concernant les salariés se rendant en voiture au travail !

C’est donc le seul remboursement à moitié de frais professionnels qui vient d’être supprimé par les députés ! Sans même recevoir les miettes, c’est à nous de payer pour travailler ! Et que dire des vêtements achetés pour un entretien d’embauche, des frais de candidature, des coups de fils passés pour le travail sur le téléphone personnel, des outils que le patron ne veut pas payer ?

La liste est longue, et ces députés qui refusent de faire payer aux patrons la moitié du minimum savent pourtant bien s’attribuer de grands appartements de fonction et refusent encore de taxer les plus-values des stock-options. Ils montrent une fois de plus qu’ils sont toujours à l’écoute de la classe des possédants, leur classe, ces vautours du capitalisme qui jouent en permanence les richesses que produisent quotidiennement les travailleurs dans les entreprises. Il s’agit bien, comme à l’habitude d’une politique de classe aux services des riches, qui consiste à socialiser les pertes et privatiser les profits.

Tel est le vrai rôle de l’État, qui n’est jamais neutre comme on essaie de nous le faire croire, mais est le plus fidèle et le plus dévoué servant du capital qu’il protège, avec nos impôts comme avec ses matraques. Preuve en sont les multiples actes de répression antisyndicale dont sont victimes des militants de la CNT, depuis Serge Reynaud qui a osé s’opposer à la privatisation et à la réorganisation de La Poste, jusqu’à Romain Dunand, poursuivi par Sarkozy lui-même pour avoir dénoncé la politique du gouvernement en matière d’immigration.

Pour la CNT, la crise financière a surtout montré l’accaparement des richesses mondiales par une minorité de patrons et financiers qui reçoivent au grand jour le soutien des États, force de cet ordre injuste qui sera bientôt appelée pour protéger les capitalistes de la colère des travailleurs de Renault, la CAMIF ou d’ailleurs, victimes des licenciements ou de la remise en cause de leurs droits sociaux.

Pour la CNT, les milliards investis depuis des décennies dans la spéculation plutôt que dans les salaires, la protection de l’environnement et les budgets sociaux, doivent revenir aux travailleurs, qu’ils soient chômeurs, précaires, hommes, femmes, avec ou sans papiers, issus de l’immigration ouvrière, en CDI ou fonctionnaires.

Parce qu’eux, députés, patrons ou boursiers,
ne lâcheront rien sans la pression.
Mobilisons-nous pour la riposte sociale !
Pour une nouvelle répartition des richesses,
une seule lutte, la lutte de classes !

Publié dans Colère ouvrière

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