Élections aux commissions administratives paritaires : lutter plutôt que voter !

Publié le par la Rédaction


Le ?? décembre 2008, les personnels de l’Éducation nationale seront appelés aux urnes pour élire les «représentants du personnel» aux commissions paritaires. Comme à chaque fois, la FTE-CNT sera la seule organisation syndicale ne présentant pas de candidats et n’appelant pas à voter à ces élections.

Dénoncer ces élections ne va cependant pas de soi : à l
heure où la syndicalisation est en chute libre, sagit-il déloigner encore un peu plus les salariés de laction collective ?

Ce n
est pas le fait de voter qui nous révulse (nous votons sans état dâme lorsquil sagit de prendre une décision ensemble en AG par exemple) mais cest de penser que le seul résultat de décembre cest le partage des «places», des heures de délégations et de décharges qui feront que nous verrons un peu moins les «syndicalistes» sur le terrain… Ces élections vont une fois de plus justifier cette plaie du syndicalisme : la cogestion et éloigner un peu plus les personnels de la défense collective de leurs intérêts.

Un vernis démocratique

«Paritarisme» : le mot sert à designer la gestion paritaire du système (autant de représentants des personnels que de l’employeur).

À première vue, une garantie de démocratie et d’égalité, généreusement octroyée par l’État… mais qu’en est-il vraiment ?

Les personnels qui travaillent chaque jour, qui éduquent, qui sont sur le terrain ne représentent au bout du compte que 50% des membres de ces commissions. L’État s’accorde généreusement les 50% restant !

Au nom de quoi, de qui ? Pourquoi devrions-nous partager quoi que ce soit avec des personnes qui ont des intérêts contraires aux nôtres ?

Ceux-ci sont d’ailleurs souvent liés à des considérations budgétaires bien éloignées de la réalité de nos besoins ! Ceux qui n
ont rien en commun sassocient autour dune table pour un simulacre de négociation afin que ce soit toujours, au bout du compte, ladministration qui décide…

Aussi, dans ce cadre tronqué des 50/50, la seule chose que peuvent obtenir «nos représentants», c’est ce que l’administration veut bien donner… La ficelle est un peu grosse…

Un syndicalisme impuissant et un système clientéliste

Ce syndicalisme co-gestionnaire est aujoud’hui impuissant à faire face aux attaques actuelles contre nos conditions de travail et de vie. L’outil traditionnel de la grève d’un jour pour faire pression dans ces négociations ultérieures devient inefficace si l’État décide de piétiner le système co-gestionnaire !

C’est l’exemple de la loi Fillon repoussé par tous organismes paritaires jusqu’au Haut conseil de l’Éducation et qui a pourtant été adoptée ! Plus récemment les suppressions de postes, les réformes dans le primaire ou la future réforme des lycées montrent l’impuissance de ces organismes face au rouleau compresseur du gouvernement.

Or la réforme de la représentativité syndicale (dans le privé et celle qui va suivre dans le public) a pour but d’institutionnaliser ce système en privilégiant les résultats aux élections pour acquérir la représentativité pendant que le gouvernement réprime de plus en plus dûrement les mouvements de lutte qui sortent de ce cadre.

Finalement, la seule raison d’être de ce système paritaire est la gestion des cas individuels. Mutations, avancements, voilà la vraie réalité d’un syndicalisme institutionnel qui s’apparente plus à un système d’assurance individuelle et peut parfois s’accompagner de magouilles et de passe-droits et qui détruit progressivement toute idée d’action collective.

De plus il n’y a aucun contrôle des collègues sur les discussions dans ces commissions.

Alors le vrai enjeu des élections, c’est quoi ? Pour les syndicats institutionnels c’est d’aller à la soupe aux décharges et autres postes de permanents !

Ne votez pas pour eux, luttez pour vous !

La CNT, tout en refusant d’en passer par le moule de la cogestion, combat pour l
extension des droits syndicaux, monopolisés par les syndicats institutionnels, pour tous les syndicats, tous les collectifs, coordinations, assemblées…

Notre action de terrain a montré que nous pouvions construire une représentativité de fait et un rapport de forces favorable aux salariés par la lutte et la mobilisation sur des cas individuels comme collectifs. Le combat que nous voulons mener est surtout celui pour l
auto-organisation des luttes, pour lautonomie non seulement du mouvement syndical mais aussi du mouvement social.

Nous sommes de ceux qui n
attendent rien de cette parodie de démocratie. Le bilan de ces dernières années de luttes de la CNT aux côtés des salariés, titulaires comme précaires, démontre quil y a bien une vie syndicale après les élections et que cest celle-là que nous voulons vivre avec vous…

VOTER UTILE, c’est voter la lutte et la grève !

N’autre bulletin no 15, octobre 2008
Bulletin périodique de la CNT Éducation 13.

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