Pas de révocation pour Serge mais lourde sanction exigée par La Poste : la bataille continue !

Publié le par la Rédaction


Un peu d’histoire… Depuis longtemps, la direction de La Poste des Bouches-du-Rhône voulait se payer ce qu’elle appelle «la principauté postale des Bouches-du-Rhône», fer de lance de toutes les luttes sur le département…

La grève de mai 2008 contre Facteur d’avenir sur le bureau de Marseille Colbert 01 sera une perturbation de trop pour la direction de La Poste : il est temps pour elle, à l’heure de l’annonce de l’«ouverture du capital» de l’«entreprise», de faire taire ses empêcheurs de restructurer en rond et de faire un exemple capable de modérer, si ce n’est briser, leur résistance et leur nature revendicative…

Serge Reynaud, militant syndical de la CNT, dont La Poste veut se payer la tête depuis de longues années déjà, sera un bouc émissaire parfait pour ce faire…

Aussi monte-t-elle un dossier aussi léger que mal ficelé contre lui… Mais qu’importe, dans un tribunal postal, La Poste est la plaignante, l’enquêtrice et la juge.

Aussi, un conseil de discipline central est convoqué pour le 10 septembre 2008 : La Poste demande la révocation d’un facteur, militant syndical, pour des faits de grève sortis de leur contexte pour les faire passer pour ce qu’il ne sont pas : des actes de violence.

Des actes d’une violence si considérable, tellement inimaginable… que notre dangereux facteur… continuera d’exercer son travail tout les jours depuis le constat des faits qui lui sont repprochés et ce, jusqu’à sa comparution devant le «tribunal de l’inquisition postal» !

En dépit de tout l’arsenal répressif légal à sa disposition et contre toute la logique qui accompagne habituellement ce type de procédure, Serge Reynaud ne sera pas suspendu de ses fonctions par mesure préventive : La Poste a laissé pendant plus de trois mois après l’ouverture de son dossier, un individu suspecté dangereux, endosser six jours par semaine sa tenue de facteur et arpenter les rues de Marseille pour sa distribution de courrier ainsi revêtu de ses insignes de confiance !

Heureusement qu’il n’a mordu aucun usager : La Poste aurait risqué d’être à son tour sur le banc des accusés pour mise en danger de la vie d’autrui !

Première convocation du 10 septembre

Et le 10 septembre, les élus du personnel refuseront de siéger dans ce conseil de discipline pour protester contre la tenue de celui-ci : ils refusent de cautionner une procédure de sanction contre un militant syndical pour faits de grève.

Car ne nous y trompons pas, toutes les allégations de La Poste contre Serge ne servent à rien d’autre qu’alimenter un procès politique : La Poste veut casser toute résistance à ses projets de restructuration et privatisation. Elle veut faire un exemple. Elle cherche à intimider et refroidir toute volonté revendicative, comme elle le fait depuis des années et comme en témoignent ses réactions agressives, autoritaires et arbitraires à chacun de nos mouvements de protestation, local ou national, contre sa politique anti-sociale : elle en a marre de notre contestation et veut pouvoir mener ses affaires dans le calme et une paix sociale qu’elle aura imposée, au besoin, à coup de schlague ! Marteler et répéter à longueur de temps des laïus sur le «dialogue social» n’a pour but que de tenter de masquer le bruit des coups de bâtons de sa répression !

Report de ce conseil de discipline, donc.

Deuxième convocation du 26 septembre

Le vendredi 26 septembre se tenait sa deuxième session. La discrétion n’aura pas été de mise autour de ce procès inique : courriers, courriels, coups de fil, fax, pétitions, cartes-pétitions, de protestation et de soutien à Serge ont été adressés pendant plusieurs semaines au siège et aux directions de La Poste…

Des messages de soutien de nombreux contacts internationaux de la CNT sont arrivés d’Algérie, de l’Île Maurice, d’Espagne, de Pologne, du Chili, de Guinée…

Le jour même du conseil de discipline, pendant la tenue de celui-ci, des rassemblements de soutien avaient lieu à Marseille, Perpignan, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Aubenas, Lille, Grenoble à l’appel de la CNT et SUD, parfois même la CGT ou toutes les organisations syndicales confondues, ou peu s’en faut, comme à Marseille.

À Paris, pendant que Serge subissait son «procès», un rassemblement regroupant, outre la CNT, des militants de SUD, de la CGT, des non-syndiqués et même Arlette Laguiller en personne, a eu lieu, juste en face de la salle où se déroulait le jugement. Musique et slogans scandés dans la rue et audibles de la salle, ajoutant à la tension ambiante.

Le conseil de discipline aura durée près de huit heures et une heure les délibérations.

Notre mobilisation pour la défense de Serge a-t-elle porté ses fruits ou la direction de La Poste des Bouches du Rhône a-t-elle fait une erreur tactique en demandant un conseil de discipline central pour prononcer la sanction la plus grave qui puisse être infligé à un fonctionnaire : la révocation, sur un dossier aussi léger et mal ficelé ? La Poste se retrouve-t-elle a tenir un bâton merdeux qui lui glisse des mains et répand une odeur infecte autour d’elle au moment d’en asséné un coup à l’un d’entre nous ?

Quoiqu’il en soit, la révocation est rejetée par un vote unanime.

Des élus du personnel, ce n’est pas une surprise. Mais la direction de La Poste elle-même lâche sa direction marseillaise et refuse la révocation !

Mort sociale annoncée

Néanmoins, Serge n’est pas sauvé pour autant.

La Poste demande la sanction suivante la plus lourde : deux ans de mise à pied. La mort sociale de notre compagnon. Elle n’en démord pas.

Ce revers la rend hargneuse et, tel un roquet, ou plutôt, un pitbull acculé, elle ne veut pas lâcher sa proie : elle ne peut pas complètement désavouer publiquement ses directions régionales ni faire montre de faiblesse devant notre solidarité et notre détermination !

Ne voulant pas céder sur cette sanction, et les élus du personnel refusant de la valider, il y a parité : 4 contre 4. La décision définitive revient désormais à la direction de la Poste et à son président, Bailly, dont la voix aura force de loi.

D’ici deux à trois semaines le verdict définitif tombera…

C’est pour empêcher que demain on puisse s’organiser et lutter que la Poste veut frapper un grand coup.

Face aux menaces de sanction,
notre riposte : la solidarité !


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