C'est pour quand, l'abolition du servage ?

Publié le par la Rédaction

Quand travailler c’est avoir à peine de quoi survivre !

On compte entre 1,7 et 3,4 millions de travailleurs pauvres en France (chiffres de l’Observatoire des inégalités, 16/09/08), plus de la moitié sont des femmes.

Une femme, travailleuse et pauvre, parmi d’autres : Morgane S., 33 ans, mère de trois enfants, s’est jetée par la fenêtre de son appartement HLM, le 2 septembre 2008, à Istres, «à l’heure fixée pour une expulsion locative» dit le communiqué de la préfecture… (Libération, 03/09/08)

Un décret de janvier 2008 voudrait nous faire croire que le «train de vie des Rmistes» expliquerait la misère de celles et ceux qui travaillent : le RMI c’était 60% du SMIC en 1988, c’est moins de 40% aujourd’hui… Demain, le RSA rendra plus compétitif encore le contrôle des travailleurs pauvres !


Quand travailler est aussi un moyen d’arriver en prison !

Le sans-papier, c’est cette femme et cet homme, privé(e) des droits élémentaires, qui travaille dans les conditions les plus difficiles. Il arrive même qu’il construise sa propre prison, qu’on appellera plus poétiquement «centre de rétention administrative».

Fanta Coulibaly, Malienne, bac +2, trilingue, a un CDI depuis mai 2006. «Je sers d’abord des petits déjeuners, et après je fais les chambres. En moyenne je travaille dix heures par jour, six jours sur sept. Je n’ai pas de dimanche ni de jours fériés.» Fanta gagne 600 à 700 euros par mois. (Politis, 01/06/08)

«Premier semestre 2008, +80% d’expulsions.» (Le Figaro, 20/06/08)

Quand il faudra remplir les quotas du ministère de la rafle, elle sera partante…


Quand travailler c’est mourir !

Selon les chiffres officiels de la sécurité sociale, le nombre de victimes de pathologies professionnelles a triplé entre 1997 et 2003. Toujours en France, un(e) travailleur(se) sur quatre a été exposé(e) à des agents cancérigènes dans son milieu de travail sur les quatre dernières années. Selon l’OMS, la France est le troisième pays, derrière l’Ukraine et les États-Unis, où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses…

Un exemple à France Télécom, entreprise pionnière en matière de liquidation de la fonction publique. Se débarrasser des fonctionnaires comme priorité : «Des personnes sans affectation parce qu’on leur refusait toujours des postes, un cadre muté six fois de suite en cinq ans sans raison, des couples séparés par mutation professionnelle… On a vu des services déménager à répétition dans un département, contraignant les employés à suivre.» (D. Decèze, La Machine à broyer) Bilan : 6000 départs par an. Le 22 février 2008 un salarié de France Télécom s’est suicidé par pendaison sur son lieu de travail, au central téléphonique d’Amboise. Il était âgé de 52 ans.


Privé, public, avec ou sans papiers,
la violence subie au travail ne fera que s’aggraver
si nous restons divisé(e)s !



Quand travailler c’est surtout avoir le droit de la fermer !

Il ne suffit plus que les exploité(e)s le soient, une gestion moderne des ressources humaines exige qu’ils la ferment…

La matraque coloniale en Nouvelle-Calédonie : à la suite de l'évacuation d'un piquet de grève devant l'entreprise Carsud, filiale de Véolia, le 17 janvier 2008 (200 personnes dispersées par 200 policiers et gendarmes !), des dirigeants syndicaux et 16 syndicalistes de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités) sont condamnés à des peines de prison ferme et perte des droits civiques. Gérard Jodar président de l’USTKE est accusé, non pas d’avoir commis des violences, mais d’y avoir «incité»… Le 9 septembre, le tribunal de Nouméa a confirmé en appel la condamnation à un an de prison dont trois mois ferme du président du plus gros syndicat de Kanaky.

La Poste : Bernard Le Henaff, postier, militant CNT56, a été mis à la retraite d’office après avoir subi la violence d’un chef, s’être vu accusé de l’agression qu’il venait de subir par un dossier disciplinaire mensonger, dossier tellement mal ficelé que la direction a préféré le transférer vers les affaires médicales pour se débarrasser de Bernard à bon compte par une mise à la retraite très anticipée… On attend que la justice rappelle à La Poste de quel côté est la violence ! Autre militant syndical, même stratégie : Serge Reynaud, facteur syndiqué CNT, est passé en conseil de discipline à Marseille le 26 septembre ; La Poste demande sa révocation pour faits de grève le 21 mai 2008 ; une prise de parole de cinq minutes et une tentative d’ouvrir le sas de la direction lors d’une action collective pour obtenir l’ouverture des négociations. Il reste aujourd’hui menacé d’une sanction de mise à pied de deux ans.


L’État et les grands patrons sont solidaires,
la crise ne sera pas pour eux…



Quand travailler c’est encore et toujours se faire exploiter !

Il paraît que la lutte des classes, c’est dépassé, mais…

Le groupe pharmaceutique Sanofi annonce le licenciement de 927 personnes, et verse à son patron (démissionnaire) Jean-Yves Le Fur, qui part après l’échec du lancement de médicaments, une récompense de 2,7 millions d’euros (il pouvait prétendre au double), plus une clause de concurrence de 100.000 euros par mois… (MediaPart)

Renault réalise, grâce à la force de travail de ses salariés, d’excellents résultats financiers (au total, les ventes progressent de 6,5% au 1er semestre 2008 - communiqué Renault, 14/04/08). La direction de l’entreprise a annoncé la suppression d’au moins 6000 emplois dans le groupe. À Sandouville 1000 des 3700 salariés de l’usine devront partir… (Le Parisien, 23/09/08)


Alors, ça va continuer encore longtemps ?
Pour un autre futur : Autogestion des luttes !
Nous n’aurons que ce que nous prendrons !


CNT 56, tract pour le 7 octobre.

Publié dans Colère ouvrière

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