Edvige, Ardoise et les autres...

Publié le par la Rédaction


En cette fin d’année 2008 certains semblent découvrir lexistence des fichiers de police… Incroyable non, au pays de la liberté et des droits de lhomme réunis ? Des fichiers de police ? Ça existe encore ? Noooonnnnn ? … et voilà nos bon petits républicains, qui partent en croisade contre EDVIGE.

De fait, ces fichiers méritent pleinement qu
on sy intéresse et quon fasse tout pour les éliminer. La volonté de contrôle de la vie privée et de la vie publique quils recèlent est réellement immonde. Le sentiment décœurement, la nausée qui saisit toute personne censée qui prend connaissance de tout ce qui va y être fiché est salutaire.

Edvige … le joli prénom ! Mais comment donc s
appelait-il donc ce fameux fichier ; vous savez bien, lautre, celui qui répertoriait tous les Juifs de France ? Élaboré sous Pétain avec laide de la Gestapo, ce fichier na pas été détruit après la guerre. Des fonctionnaires de police français, certainement soucieux de bonne gestion lont soigneusement conservé dans leur préfecture, «au cas où» probablement. Comme quoi, lhabitude des fichiers ignobles ne date pas dhier… Il fut «malencontreusement» mis à jour par un fonctionnaire naïf dans les années 80, qui sen indigna et le fit savoir… On nous dit quil a été détruit… à moins quon ne découvre quil est en voie de fusion avec Edvige ? Car Edvige aime savoir si vous êtes juif ou dune autre religion, si vous avez la moindre activité économique, sociale, politique, syndicale. Tout lintéresse. Même les «institutionnels», les «élus» sont visés. Cest dire le niveau de confiance que les politiques saccordent entre eux ! Et il ny a pas dâge, ou presque pas, pour pénétrer dans Edvige : dès 13 ans, chacun peut y être fiché.

Et ce n
est pas le seul fichier, un autre, ARDOISE répertorie toutes les infractions. Les auteurs supposés seront dedans. Et même les victimes, sil y a un lien avec leur religion ou leur homosexualité. Comme par hasard. Edvige, Cristina… au moins on voit où ils veulent en venir. Les dénoncer est nécessaire. Mais insuffisant.

S
il ne sagit que de rétablir «lordre républicain» précédent, si on oublie le reste, tout le reste, la police ne sera pas très perturbée dans ses mauvaises habitudes et le processus se poursuivra. Car, au nom de cette fameuse démocratie, avec lappui des médias et de tous les partis politiques qui, depuis 15 ans ont martelé sur «linsécurité», faisant monter la trouille, sest installé, sans complexe, et continue de sinstaller le contrôle total du monde : micros et caméras de surveillance dans les rues, les gares, les autoroutes, les parkings,… technologies pistables (téléphones et ordinateurs portables, cartes bancaires, GPS, etc.), sans parler de la biométrie à lécole ou ailleurs. Et côté «échanges dinformations», légalement ou pas, les fichiers informatiques des uns sont connectés à ceux des autres, la police dici collabore avec celle de partout, la nôtre entraîne la police russe, comme larmée française «formait» en son temps les militaires de Pinochet. Elle est sur-équipée, fiche tout le monde tandis que «nos soldats» sentraînent contre lennemi intérieur, cest-à-dire contre les populations. Seraient-ce de simples coïncidences ?

Bref, Edvige n
est pas la seule atteinte à la liberté. Elle ne doit pas être larbre qui cache la forêt bien touffue des systèmes de surveillance et doppression mais le signal du début de la nécessaire «déforestation».

Éditorial de Anarchosyndicalisme !, septembre-octobre 2008.

Publié dans Fichages et flicages

Commenter cet article