Communiqué de Canut sur la Radio numérique

Publié le par la Rédaction


Ce mercredi 1er octobre était la date buttoir pour rendre les dossiers de candidatures à l’attribution dune fréquence numérique dans le cadre du passage à la Radio Numérique Terrestre. Radio Canut na pas répondu à cet appel car il est contraire aux valeurs de notre radio.


RAPPEL DES FAITS…

Comme la télé, la radio est appelée à quitter la FM pour passer sur le «numérique hertzien». Cette migration va commencer dès 2009 sur les grandes agglomérations du pays. L
appel à candidature pour les radios de ces villes est à rendre le 1er octobre au CSA.


POURQUOI NOUS NE RÉPONDONS PAS À CET APPEL ?

Parce que nous n’avons pas les moyens financiers !
La diffusion en numérique va coûter plus cher (en plus de payer TDF, on devra payer un «multiplexeur» qui fera le lien entre nous et TDF). De plus pendant la transition FM/numérique, on devra émettre sur les deux ondes. Aujourd
hui aucune radio associative na les moyens pour ça. Il faudrait que Radio Canut double son budget pour assurer la diffusion. Ce passage au numérique est une véritable crise financière pour nous.

Parce qu’on ne veut pas encourager nos auditeurs à consommer pour nous écouter !
Radio Canut a toujours refusé la publicité par souci d
indépendance mais aussi parce que nous ne voulons pas «pousser à la consommation». Le passage au numérique implique un renouvellement total des transistors, les premiers postes numériques seront vendus au prix minimum de 50€. Nous ne voulons pas dire à nos auditeurs «pour continuer de nous écouter, il va falloir acheter un nouveau poste de radio» !

Parce que le système mis en place est contraire à notre indépendance !
Pour émettre en numérique chaque radio devra s
allier avec huit autres radios, qui seront ensembles cliente du même multiplexeur. Et pour financer la migration, on serait contraint de trouver de nouveaux partenaires. Radio Canut a toujours voulu rester autonome de manière à avoir la plus grande liberté dexpression possible, il nest pas question quon renonce à cette autonomie.

Parce que la Radio numérique n’offre aucune amélioration
Le son sera de moins bonne qualité et la couverture équivalente. Seule nouveauté, un signal image en plus du son mais nous faisons de la radio, pas de la télé !

Parce que c’est notre bande FM !
Ce sont des radios comme la nôtre qui ont forcé l
’État à ouvrir la bande FM pour les radios libres au début des années 80. Nous refusons aujourdhui de voir disparaître la bande FM et les radios qui lont créée avec.

Parce qu’on n’y croit pas !
Aujourd
hui il y a en moyenne six récepteurs radios par foyer. Il est peu probable que la majorité de la population séquipe en récepteur numérique sur du court terme. Surtout que la FM ne disparaîtra pas avant au moins dix ans selon le CSA lui-même, dici là on peut imaginer que dautres diffusions alternatives moins onéreuses (par le Net par exemple) seront accessibles à tout le monde.

Parce qu’on voit dans ce passage au numérique un moyen de museler la libre expression des radios libres !
En les étouffant économiquement et en leur imposant des partenaires qui influeront sur le contenu.

Nous avons donc décidé dignorer lappel à candidature mais pas de nous taire !
Ce passage forcé au numérique est un nouveau moyen pour les autorités de contrôler les radios associatives et non commerciales. Certaines de ces radios ont décidé de sunir pour résister face à cette nouvelle menace : aux côtés de radio Canut, Fréquence Paris Plurielle (Paris), Aligre Fm (Paris), Radio Galère (Marseille), LEko des garrigues (Montpellier), Canal Sud (Toulouse), Radio Zinzine (Aix-en-Provence et Sud Est) et bien dautres se sont regroupées au sein dun collectif «Radios en lutte».
Ce collectif a décidé dalerter les auditeurs qui sont les premiers informés mais aussi de revendiquer le maintien de la FM sur le long terme et le financement de lémission en numérique par le «must Carrying» comme cest le cas aux États-Unis : les diffuseurs sont contraints dhéberger gratuitement les radios locales sans but lucratif.

Publié dans Presse

Commenter cet article