Répression contre les militants solidaires des sans-papiers à Tours

Publié le par la Rédaction

Sommes-nous des terroristes potentiels ?

Mercredi 24 septembre 2008 une camarade du Collectif de soutien aux demandeurs d’asile et aux sans-papiers a été convoquée et entendue pendant quatre heures par la Brigade de Recherche de la Gendarmerie dans le cadre de l’enquête menée suite à la plainte quHortefeux à déposée après le début dincendie du camp de rétention du Mesnil Amelot le 2 août.

Souvenons-nous. Le 22 juin le camp de Vincennes brûlait. Hortefeux était en rage et s
en est pris à RESF. Il accusait ce réseau dinciter les retenus à incendier les bâtiments dans lesquels ils sont enfermés. Face au ridicule de ces accusations et à lémoi quelles suscitèrent, il dut ravaler sa rage.

Par contre, le 2 août le sinistre de l
Identité nationale put sen prendre à SOS sans-papiers et porter plainte pour incitation à la destruction de bâtiments publics et mise en danger de la vie dautrui. Les militants de cette association parisienne, en particulier son président, sont accusés davoir incité les retenus à brûler le camp. Sous prétexte que notre collectif ait des liens, principalement téléphoniques, avec SOS sans-papiers notre camarade a été entendue par deux gendarmes venus de Paris.

Manifestement ce qui inquiète les flics ce sont les fermetures successives de plusieurs camps. En mai 2008, la mobilisation du CSDASP et des Amis de l
’Égalité a empêché louverture du Local de Rétention Administratif de Blois. Le 22 juin 2008 le camp de Vincennes ferme suite à lincendie ayant pris au cours dune révolte des retenus ; le 2 août le camp de Mesnil-Amelot connaît un début dincendie et quelques temps après cest à Nantes que le camp doit être fermé car il a brûlé à son tour. En reliant ces différents évènements, les flics tentent dimposer lidée de lexistence dun réseau ayant une stratégie bien arrêtée visant à manipuler les retenus en les poussant à mettre le feu à leur camp : les retenus nont pas besoin de nous pour se révolter !

Il importe pour le gouvernement que la machine à expulser ne soit pas enrayée. Ainsi, la Cimade voit son action au sein des camps remise en cause. L
objectif est de rendre invisible ce qui se passe au sein des CRA. Les organismes qui accepteront daller assister les sans papiers enfermés devront respecter une clause de confidentialité : il leur est dès lors interdit détablir des rapports décrivant la vie quotidienne des retenus, comme le fait jusquà présent la Cimade. Cest une véritable chape de plomb que veut instaurer l’État, dautant que dici peu la rétention des sans-papiers pourra, dans toute lUE, durer jusquà 18 mois. Dans ce contexte, on comprend la rudesse de la réponse dHortefeux envers les groupes venant soutenir concrètement les sans-papiers enfermés.

Cette démarche acharnée de l
’État montre que limmigration est un enjeu politique majeur pour Sarkofeux, en accord avec la politique européenne. Au niveau social et économique, le président du pouvoir dachat rencontre beaucoup de difficultés à réaliser ses promesses électorales. Cest pourquoi, il lui est important de continuer et damplifier la politique xénophobe mise en place depuis plusieurs décennies. La chasse aux migrants est un terrain où le gouvernement joue les gros bras pour dire quil agit et tient ses engagements, en particulier envers les électeurs frontistes. Le sommet européen portant sur lintégration des immigrants, organisé par Hortefeux les 3 et 4 novembre à Vichy rentre symboliquement dans cette logique décomplexée et européenne.

L
’État tente de cantonner laction politique dans les lieux institutionnels (parlement, mairies…) et dans les partis acceptant ce fonctionnement. Toutes activités politiques exercées en dehors de ces instances doivent être criminalisées et qualifiées de terroristes (les intitulés de la plainte dHortefeux contre SOS sans-papiers vont dans ce sens). On ne pourra jamais empêcher des hommes et des femmes de vouloir émigrer !

Nous ne nous laisserons pas criminaliser ; nous lutterons contre toute forme de répression et nous poursuivrons nos combats.

Nous militons pour la régularisation de tous les sans papiers, la liberté de circulation et d
installation. Nous demandons la fermeture et la destruction de tous les camps de rétention car on sait où commence un outil de répression, on ne sait jamais quand et pour qui il finit. Nous exigeons larrêt des poursuites contre les militants de SOS sans-papiers et contre notre camarade. Nous exigeons également la relaxe des militants du collectif de soutien aux sans papiers de Rennes, poursuivis parce quils auraient diffamé la Police de lAir et des Frontières.

Mobilisons-nous contre cette conception du monde qui conduit à faire mourir des milliers de personnes lorsqu
elles tentent de rentrer dans lespace Schengen et à en traquer les rescapés. Brisons la machine à expulser !

Publié dans Solidarité

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