Non à la privatisation de la Poste !

Publié le par la Rédaction

Saboter le service public pour mieux le privatiser

Le patron de la Poste, relayant ainsi les volontés gouvernementales, vient d’annoncer la privatisation de la poste par «ouverture du capital». Le terrain a été préparé pendant de nombreuses années :

Après la dissociation entre la Poste et France Télécom en 1988 par un gouvernement de droite, la gauche a ouvert le bal en transformant la poste un établissement public industriel et commercial le 1er janvier 1991. D’administration, la Poste est devenue une entreprise publique, ouvrant la voie aux logiques de rentabilité plutôt que de service au public.

Parallèlement, l’usage de contrats de droit privés se multiplie, particulièrement des contrats précaires de type CDD, intérim.

La fermeture de bureaux, la réorganisation permanente des services et la baisse des effectifs entraînent une dégradation du service rendu aux usagers, parallèlement à la dégradation des conditions de travail des postiers. La boucle est bouclée, on peut alors prétexter cette dégradation (volontaire ! ) des services rendus, où la prétendue nécessaire «adaptation» à la marche «globale» vers la concurrence, pour justifier une privatisation qui ne vise qu’à satisfaire les appétits carnassier d’une poignée de financiers.

Arnaque aux usagers !
Arnaque aux travailleuses et travailleurs !

Tous les exemples de privatisation précédents l’ont montré : la privatisation induit une augmentation des tarifs pour les usagers : France Télécom, EDF, GDF…

Dans les EPIC soumis à la concurrence, c’est la même logique qui est à l’œuvre : augmentation du tarifs, dégradation du service au public.

Un exemple significatif : 66% d’augmentation sur la période 200-2006 pour la facture de gaz (suite à l’ouverture à la concurrence), +5.8% en 2008.

Ce sont les classes populaires qui sont le plus directement touchées par ce racket organisé. Ce sont les quartiers populaires, les zones rurales, qui sont le plus directement touchés par la dégradation du service rendu : en effet, la logique de rentabilité entraîne une affectation des moyens non pas en fonction des besoins réels, mais du coût et de ce que les usagers (désormais transformés en clients) sont prêts à payer.

Arnaque aux travailleuses et travailleurs !

Pendant des années, nous avons financé, comme contribuables, les infrastructures des services publics, dont ceux de la Poste. Après nous avoir fait payer la note, l’État brade l’infrastructure postale au privé. Avec un bénéfice de 943 milliards d’euros en 2007, le groupe la Poste aiguise les appétits des requins de la bourgeoisie. Cet argent, obtenu sur la sueur des postiers, qui pourrait être investit dans le développement d’un service public de qualité, une amélioration des conditions de travail, une baisse des tarifs, est approprié par l’État actuel actionnaire à hauteur de 141 milliards, pour financer ses cadeaux à la bourgeoisie (exonérations de cotisations sociales, paquet fiscal).

L’ouverture du capital vise à permettre aux requins de la finance de s’approprier ce magot, selon le bon vieux principe «privatiser les profits, socialiser les coûts».

Arnaque aux postiers !

Parallèlement, les conditions de travail deviennent de plus en plus difficile pour les travailleuses et travailleurs de la Poste : augmentation des cadences, allongement des tournées, répression antisyndicale…

La précarité devient la norme, et la législation syndicale d’exception, cumule les dispositions les plus défavorables aux syndicats du droit public et du droit privé. La modification du droit syndical a ainsi illégalisé la
CNT à la Poste, et SUD et les militants combatifs de la CGT (exemple de Bègles-Bordeaux) sont dans le collimateur. Mise à pied, licenciements pour activité syndicale augmentent fortement.

Riposter ensemble

La privatisation de la Poste montre une fois de plus le sort réservé aux services publics et aux travailleuses et travailleurs des services publics dans leur ensemble. Elle va avoir des conséquences dramatiques pour les classes populaires et les habitants des zones rurales.

Nous ne pouvons pas faire appel à l’État comme alternative, puisque c’est lui, et les gouvernements de gauche et de droite qui ont construit les vagues successives de privatisation.

Nous devons défendre l’idée d’un service public socialisé, propriété sociale commune et non propriété d’État, avec la gestion directe par les travailleuses, travailleurs et usagers de ce service public, premier pas vers la gestion directe de l’ensemble de l’économie.

Pour l’heure, nous refusons la privatisation de la poste, sans pour autant se satisfaire du statu quo, qui ne règlerait rien. Créons les conditions d’un mouvement large, travailleuses, travailleurs, usagers, pour défendre ce qu’il y a de positif dans le service public : la socialisation (satisfaction des besoins comme objectif, propriété commune comme moyen) contre la privatisation, sans se raccrocher à l’illusion d’une étatisation qui livre aux désidératas des politiciens les services publics.

C’est sur le terrain de classe, par la grève et la manifestation, l’unité d’action des postiers et des usagers, que nous créerons les conditions permettant de faire échec à la privatisation, pas dans la revendication illusoire d’un référendum, organisé par ceux-là même qui veulent la fossoyer !

L’épisode du référendum sur la constitution devrait nous servir d’exemple : il n’a pas permis d’enrayer l’offensive capitaliste, et les gouvernants n’ont eu aucun mal a piétiner le résultat, faute de rapport de force sur le terrain économique. C’est sur ce terrain et dans la rue que le gouvernement a pu céder, par le passé ! C’est en tapant au portefeuille des patrons que nous gagnerons.

Mobilisons-nous ! Soutenons la grève des postiers le 23 septembre ! Nous proposons aux usager-e-s de se joindre à toutes les initiatives de rue, prises dans le cadre de la construction d’un rapport de force contre la privatisation de la Poste, sur le terrain local et national !

Groupe de Seine-Saint-Denis
de la
Coordination des groupes anarchistes, 19 septembre 2008.

Publié dans Colère ouvrière

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