Non aux expulsions et à la répression des squats !

Publié le par la Rédaction


Ci-dessous le texte qui va être distribué aux voisin-e-s du squat expulsé à Grenoble. À peu près tout est dit dedans…

Mercredi 17 septembre, la maison du 3 rue de l’Ancien Champ de Mars est expulsée.

Cette maison, vide depuis près d
une dizaine dannées, était occupée depuis le jeudi 11 septembre par un groupe de personnes qui avaient décidé dinvestir les lieux pour y habiter et pour en faire un espace dactivités non-marchandes. Déjà le dimanche, un goûter avait été organisé pour permettre aux ami-e-s et voisin-e-s de découvrir le lieu et rencontrer les habitant-e-s.

Encore une fois, avec cette expulsion, les aberrations de ce système apparaissent au grand jour. Est-il vraiment normal qu
autant de maisons soient vides, simples outils de spéculation financière, quand autant de personnes nont pas les moyens de soffrir un logement décent ?

En plus cette intervention policière était totalement illégale. En effet, un squat ne peut pas être expulsé après 48 heures sans qu
il ny ait de procédure entamée auprès du tribunal dinstance (comme lindiquait un texte de loi collé sur la porte de la maison). Surtout que, lundi 15, la police municipale était passée constater loccupation du lieu et avait reconnu que lexpulsion nétait pas possible.

Non seulement les lois sont déjà là pour maintenir les privilèges des dominant-e-s, mais quand elles ne suffisent pas, il est toujours possible de passer au-dessus, notamment pour certain-e-s propriétaires au bras long.

Une cinquantaine de personnes était dans la rue pour montrer leur soutien avec les occupant-e-s, mais la police avait tout mis en place pour décourager cette solidarité. L
intimidation semblait bel et bien être le mot dordre. Déjà le nombre des forces de lordre déployées pour loccasion était totalement disproportionnée (trois voitures de la BAC, plusieurs véhicules de la police nationale et de la municipale, la brigade canine, des RGs…), en plus lintimidation et la pression exercée sur les personnes qui se trouvaient dans la rue étaient manifestes : barrages filtrants, où là encore on a pu voir quels étaient les critères de ce «filtrage» policier (visiblement, il est plus difficile de passer un barrage si on nest pas une personne bien blanche et bien propre sur elle), contrôles didentité, refus de sexpliquer sur ce qui se passait, remarques méprisantes, voire insultantes, etc.

Suite à cette intervention policière, les trois personnes se trouvant à ce moment-là dans les lieux ont été interpelées puis placées en garde à vue pendant 24 heures. Elles sont poursuivies pour dégradation en réunion de bien privé (foutage de gueule, à moins que «dégradation» soit un nouveau synonyme de «nettoyage et remise en état») et pour refus de prélèvement ADN. Il apparaît clairement à quel point ce système de contrôle et fichage de la population permet encore mieux de saper tout moyen de résistance face à cette société capitaliste où toute alternative est interdite, voire criminalisée.

Leur procès aura lieu le 1er décembre 2008.

Une des choses qui restera après la semaine passée dans cette maison, c
est la solidarité quont montrée de nombreux-ses habitant-e-s du quartier et lycéen-ne-s fréquentant létablissement scolaire voisin (ce nest dailleurs pas un hasard que lexpulsion ait eu lieu un mercredi après-midi, alors que le lycée était fermé…), quilles en soient ici remercié-e-s.

C
est notamment dans ces liens qui se créent que réside notre force de résistance à un système grotesque et notre pouvoir à le changer. Notre détermination à continuer de créer des espaces où dautres possibles puissent devenir réalité, loin des logiques marchandes et du pouvoir des dominant-e-s est plus forte que jamais. La répression ne pourra jamais nous faire abandonner notre envie de prendre nos vies entre nos mains.

Dans la lutte contre leur monde,
la solidarité est une arme indispensable !

Il en faudra plus pour nous abattre :
une expulsion, dix ouvertures !

Liste francophone de diffusion
d’infos relatives aux squats, 21 septembre 2008.

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