L'écobéissance dans ta classe !

Publié le par la Rédaction

Projection et débat le samedi 20 septembre 2008, à 18 heures, au 43, rue de Stalingrad, à Montreuil [Politiciens, en particulier politiciens écologistes installés à la mairie de Montreuil, s’abstenir !] Métro Croix-de-Chavaux.

Pendant des dizaines d’années, l’institution scolaire, t’a rabâché : «N’aies pas peur, t’occupes de rien, tout va bien, tout ira bien, y en a qui pensent pour toi et qui assurent pour toi.» Mais le monde est de plus en plus invivable. L’industrie nous empoisonne et nous tue à petit feu, comme le montre la multiplication des accidents dans les installations nucléaires au Tricastin et ailleurs, ponctués de catastrophes qui nous exterminent en gros et en détail, comme celle de Tchernobyl, il y a vingt ans. Le désastre est tel qu’il est devenu impossible de le cacher.

Voilà pourquoi, dans l’Éducation nationale aussi, le ton change. Au nom du «développement durable» et de «l’écoresponsabilité», on t’explique désormais que nous sommes tous dans la même galère et que nous devons tous être solidaires aux bancs de rames pour que la galère ne coule pas. Dans les établissements scolaires, le ministère de l’Éducation va donc généraliser les Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS) et les opérations de simulation de catastrophe dès la rentrée. Il veut effectuer davantage d’exercices de confinement car, en cas de pépin l’une des premières mesures des PPMS, c’est de cloîtrer les élèves dans les classes, d’interdire aux parents de venir les chercher et d’obéir sans broncher aux ordres de l’autorité.

Pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que les mesures d’urgence de l’État ne protégent personne des retombées dangereuses, des quotidiennes ou des «exceptionnelles» qui durent des décennies, des siècles, parfois des millénaires dans le cas du nucléaire, et se foutent des «confinements», des «périmètres de sécurité» et autres «mises en sûreté» locales et momentanées. Comme le nuage de Tchernobyl qui a tourné pendant des années, sans tenir compte des frontières, autour de la planète, semant la désolation derrière lui. Si, demain, la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, située à 80 kilomètres en amont de Paris pète, même les rats auront peu de chance de s’en tirer indemnes.

En réalité, avec les devoirs et les simulations sur la «gestion des risques», l’institution scolaire compte t’inculquer tes devoirs de citoyen : penser et parler lorsque l’autorité t’y autorise, croire ce qu’elle affirme, se méfier des individus, y compris des proches qui n’avalent pas le discours officiel, dénoncer les inconnus, présentés comme des dangers potentiels pour ta sécurité, pour celle de l’État comme «terroristes». Elle t’apprend, par la peur et par la contrainte, à accepter et à gérer la société de merde et ses poubelles que l’État et les industriels produisent depuis longtemps et qu’ils veulent maintenir le plus longtemps possible, même au prix des pires catastrophes. Ils veulent t’accoutumer à survivre dans des milieux mortifères. Et par leurs mesures de protection en cas de désastre, ils te prennent en otage, comme d’ailleurs ta famille et tes amis.

N’oublie jamais que le seul risque que le capitaine de la galère redoute en cas de tempête, c’est la mutinerie, le risque que des galériens n’acceptent pas ses mesures de contrainte, se rencontrent, s’entendent et se révoltent ensemble contre lui, contre le monde d’esclavagistes qu’il protège.

Des électrons libres.


Quelques préconisations du ministère de l’Éducation, en 2007, en cas d’accident majeur, sur les rapports entre la hiérarchie scolaire et les familles, les journalistes…
— Rappeler qu’il ne faut pas venir chercher les enfants.
— Recevoir avec prudence les informations personnelles souvent subjectives.
— Indiquer la radio qui relaie les informations objectives données par le préfet.
— Informer en respectant les instructions du préfet.
— Avoir des relations avec la presse en conformité avec les consignes du préfet.
— Signaler les incidents aux autorités.
— Le préfet a autorité pour réquisitionner biens et personnes, pour informer : le chef d’établissement est placé sous son autorité.

Publié dans Terre et environnement

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