Foutez-nous la paix !

Publié le par la Rédaction


Pour les dirigeants planétaires, le monde est une carte d’état-major bien quadrillée, parsemée de bases militaires, avec ses zones de guerre et ses zones pacifiées. Dans les unes, les armes parlent et le sang coule. Dans les autres, l’ordre militaro-sécuritaire fait régner la paix sociale sur le terreau de la peur. La généralisation de la paranoïa militaire et la culture qui l’accompagne (esthétique du treillis et de la voiture-tank, culte de la violence et de l’hyper-technologie) sont symptomatiques d’une société militarisée.

Dans la guerre, c’est toujours le peuple qui paye, soit par l’impôt qui finance l’armée, soit en nature : tueries, viols, famines, déplacements de populations, destructions massives, etc. Une fois la paix revenue, restent de nombreuses séquelles : corps mutilés et esprits traumatisés, pays en ruine, territoires pollués et parsemés de mines.

Au-delà de la condamnation morale du phénomène guerrier, une vision politique révolutionnaire ne peut faire l’économie d’une critique globale du système qui produit la guerre. Depuis le 11-Septembre, le complexe militaro-industriel s’est transformé : la privatisation de l’armée et la course renouvelée aux armements et à la technologie ont donné naissance au système industriel militaro-sécuritaire. Face à cette situation, les résistances à la guerre, bien que peu médiatisées, se poursuivent un peu partout dans le monde. Les populations autour des bases militaires, les femmes pacifistes luttant contre les exactions des hommes en armes, les objecteurs qui refusent encore et toujours la militarisation de la société, tous-toutes luttent contre l’ordre militaire. L’antimilitarisme libertaire reste d’actualité en nous rappelant que la raison d’être de l’appareil militaire est la défense du pouvoir de l’État et des intérêts de la classe dominante. Il est grand temps de nous réapproprier les idées antimilitaristes pour nourrir nos analyses et nos luttes dans des domaines aussi différents que l’opposition à l’exploitation néo-coloniale, à l’emprise technologique, au saccage de la planète ou aux violences patriarcales. Par ailleurs, l’antimilitarisme conduit à une critique de l’État par laquelle il est nécessaire de passer pour qu’enfin cessent les guerres et que les oppresseurs nous foutent la paix.

Offensive no 19, septembre 2008
Trimestriel d’Offensive libertaire et sociale (OLS).


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