Venue du pape en France

Publié le par la Rédaction

Si les religions n’existaient pas, les pouvoirs devraient les inventer…

En France, du 12 au 15 septembre, le pape Benoît XVI va effectuer une visite à l’occasion du 150e anniversaire des soi-disant «apparitions de la Vierge» à Lourdes. Ce séjour lui permettra de propager la lecture rétrograde que la papauté fait de la vie en société : avortement, contraception, euthanasie, place de la religion à lécole, référence à une Europe construite autour des références à lidentité chrétienne, etc. Autant de points assénés par Benoît XVI où transpirent la soumission à tous les pouvoirs et à lordre social en place, le refus fait aux hommes et aux femmes de disposer librement de leur corps et de leur vie. Au-delà des discours, les conséquences sont bien concrètes pour nous toutes et nous tous…

Nous, militant-e-s anarchistes de la Coordination des Groupes Anarchistes, ne souhaitons pas donc la bienvenue au pape, ni à Paris, ni à Lourdes ni nulle part ailleurs. Sa venue fournit pour nous une occasion supplémentaire d’affirmer la nécessité de s’émanciper de toutes les religions, toujours complices des systèmes en place et des inégalités sociétaires qui en découlent : qu’ils soient néo-libéraux et capitalistes, sociaux-démocrates, étatiques ou dictatoriaux.

Sarkozy accueillera le pape, comme Jospin alors premier ministre s
était agenouillé en 1998 devant Jean-Paul II. Les discours religieux constituent un appui idéal pour faire accepter une politique de casse des conquêtes sociales où la précarisation généralisée devient la norme.

Les religions nient les antagonismes sociaux («Tous et toutes frères et sœurs») et légitiment de fait l
ordre social en place au profit de la même minorité dominante. Elles cautionnent les inégalités en valorisant et en organisant la charité qui justifie lexistence de pauvres et de riches ! Cette vision du monde a dépassé largement le cadre de léglise, de la mosquée ou de la synagogue et continue, des Pièces jaunes aux Restaurants du cœur, à gagner du terrain dans les mentalités.

Les religions mettent de fait les humains dans une position de soumission, de fatalisme et de passivité en faisant admettre l
omnipotence et lomniscience dun «Dieu» ou de forces surnaturelles qui nous dépassent. Pour les religions, nous ne sommes pas maîtres de notre destin. Comment donc se permettre de critiquer et combattre lordre social en place issu de la volonté divine, comment prendre nos existences en main ?

Face à la dégradation des conditions d’existence d’une très grande partie des habitant-e-s de la «planète Terre» et sa désespérance, les religions n’offrent qu’obscurantisme, repli communautaire, prises de position contre la liberté des femmes à disposer de leur sexualité et de leur corps, positionnements tendant à légitimer les actes homophobes, conflits à caractère religieux, etc.

L’opposition à cette vision archaïque des rapports humains n’est pas à la hauteur. Les esprits libres — et les anarchistes en font partie — ne peuvent se résoudre à la passivité ! Mobilisons-nous contre l
ingérence des religions dans nos vies et défaisons-nous de toutes ces idées rétrogrades. Engageons-nous résolument sur la voie de l’émancipation sociale, économique, culturelle et éthique.

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