Centrales éoliennes, centrales solaires

Publié le par la Rédaction

L’offensive éco-capitaliste sur les hauts cantons héraultais

Depuis quelques années les Hauts Cantons sont convoités par les industriels et les investisseurs de tous poils.

Hier Sita-Suez (2003) et son projet de Méga-décharge à Riols, aujourd’hui deux projets «éco-capitalistes» qui tentent de s’imposer aux habitants de la région : création d’une zone de développement éolien de 100 mégawatts sur les avant-monts de saintPons à Olargues — zone elle-même incluse dans une plus vaste allant de la Montagne Noire aux Cévennes ; création d’une centrale solaire sur le Pardailhan, à Rodomouls (100 hectares de panneaux solaires).

Après la manne que représentent les ordures ménagères, les investisseurs lorgnent sur un nouveau marché juteux : l’énergie renouvelable subventionnée. Sachant profiter des aides publiques pour le développement de l’éolien et du solaire, ils tentent, avec encore une fois le soutien actif des politiques locaux d’imposer «leurs solutions» industrielles, quelles qu’en soient les conséquences sociales, environnementales et sanitaires.

Non contents de capter l’argent public à leur profit et de dévoyer des technologies d’avenir, ils poussent le cynisme jusqu’à se présenter comme des humanistes soucieux de la protection de l’environnement. Si le solaire et l’éolien, défendus par les écologistes depuis plus de trente ans, contre tous les lobbies (nucléaire, pétrolier…), sont de bonnes solutions pour la production d’énergie quand ils sont d’utilisation locale et autonome, ils deviennent au contraire un problème quand ils sont concentrés, pour une utilisation industrielle.

On voit en ce moment ce que donne cette logique capitaliste et industrielle avec ce qu’il est convenu d’appeler les «éco-carburants». Leur fabrication provoque une flambée des prix agricoles, due notamment à des pénuries de matières premières alimentaires (maïs, blé, riz), un appauvrissement et des famines. Famines que ces mêmes agro-industriels n’hésitent pas à utiliser pour justifier pesticides et OGM.

C’est l’essence même de ce système que de faire de l’argent, du profit, quels qu’en soient les moyens et quelles qu’en soient les conséquences.

Nous encourageons la population à se mobiliser massivement contre ces projets, comme elle le fît victorieusement contre Sita-Suez.

Nous rappelons que pour nous, l’opposition à ces projets doit s’inscrire, pour être efficace, dans la lutte globale contre le capitalisme. Ces agressions sont un épisode local de la guerre qu’il nous mène partout sur la planète.

Nous réaffirmons à l’occasion de cette nécessaire mobilisation :
— Que la terre doit servir à se nourrir et non à la production d’énergie,
— Que face aux problèmes causés par l’utilisation des carburants fossiles et leur raréfaction, seule la réduction de notre consommation d’énergie est une solution,
— Que le solaire et l’éolien doivent être des moyens autonomisant et localisés,
— Que les populations sont seules à même de décider de leur avenir.

La société industrielle n’a pas d’avenir !

Les projets industriels que subit, ici ou là, la population et les luttes qu’elle est obligée de mener, ont au moins le mérite d’amener les opposants à s’interroger sur les deux questions de fond suivantes :
— Le système industriel dans son ensemble,
— Le mode de prise de décisions politiques dans la démocratie représentative.

Le système industriel dans lequel l’humanité s’est engagée au XIXe siècle montre de plus en plus clairement ses limites, car la planète saturée ne peut plus encaisser les agressions qu’elle subit. Le mythe du progrès technique porté par, bien sûr le capitalisme, mais aussi malheureusement par une grande partie du mouvement ouvrier (communisme et socialisme dit «autoritaires» notamment) a modelé nos imaginaires et nos consciences et il est difficile pour chacun de l’abandonner. C’est pourtant maintenant une nécessité vitale que de le remettre en cause et de construire une alternative, quelles qu’en soient les difficultés. Une critique partielle de ce système de production et de répartition des biens est une impasse qui nous condamne à nous épuiser, courant d’un projet à l’autre, avec pour seule consolation, parfois, une victoire partielle elle aussi. Voyez comme à peine Sita Suez chassée, un autre front s’ouvre avec l’éolien et le solaire industriel, et on peut l’affirmer sans risque : demain il s’en ouvrira un autre.

Les mobilisations locales pour contrer ces projets doivent donc déboucher sur cette première prise de conscience.

Le mode de décision dit de démocratie représentative est en cause dans tous les projets industriels que les Hauts Cantons ont connus depuis vingt ans : du projet de Réals [
Voir le dossier sur ce sujet que le journal Tam Tam vient de sortir] (tourisme industriel) au projet de ZDE, en passant par le projet d’Ardouane (immobilier touristique de luxe) et bien sûr la méga-décharge de Tanarès (ordures ménagères). Le processus est tout le temps le même : d’abord une action de lobbying menée par un groupe industriel sur les élus (européens, nationaux ou/et locaux) qui amène ces derniers, déjà adeptes du développement à tout prix, à marcher dans ces projets, voire à les initier. Ensuite une occultation complice de ces projets par ces mêmes élus, la population ne les découvrant qu’au tout dernier moment, lors d’une enquête d’utilité publique ou d’un «atelier de concertation». Le seul recours étant alors l’opposition en urgence par des voix judiciaires (tribunal administratif) et/ou d’action directe (manif, occupation…).

Mais ce processus scandaleux n’est que l’aboutissement logique de la démocratie représentative (élection sur un mandat général ouvert (un programme), non amendable) et ses dérives clientélistes inévitables. Ce système politique est basé sur la vertu des élus, qui, humains comme nous, sont par nature faillibles voire corruptibles.

Pour la
CNT, c’est une lutte globale, anti-capitaliste, anti-industrielle et autogestionnaire, favorisant cette prise de conscience des populations, qu’il faut mener.

Seule une reprise en main des moyens de production (autogestion) et l’adoption de mode de décisions réellement démocratiques (mandat précis et révocable) peuvent faire cesser cette fuite en avant catastrophique du système industriel.

Nous appelons donc tous les opposants à s’engager au-delà des projets «du jour» et à s’organiser durablement pour construire une alternative globale au capitalisme.

Publié dans Terre et environnement

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